Santiago, des chocs et de l’or en barre

  • S’il n’était pas qualifié pour disputer les phases finales de Champions Cup, Santiago Chocobares - ici à l’échauffement - a vite trouvé sa place dans le système toulousain, aux côtés du Néo-Zélandais Pita Ahki.
    S’il n’était pas qualifié pour disputer les phases finales de Champions Cup, Santiago Chocobares - ici à l’échauffement - a vite trouvé sa place dans le système toulousain, aux côtés du Néo-Zélandais Pita Ahki. Photo Midi Olympique - Patrick Derewiany
Publié le , mis à jour

Arrivé comme joker médical fin avril, le Puma s’est rapidement imposé au centre de l’attaque toulousaine. Considéré comme la nouvelle pépite du rugby argentin, l’intéressé impressionne notamment par sa puissance et son explosivité, ce qui en fait l’héritier idoine de Sofiane Guitoune en cette fin de saison.

Voilà un peu plus de deux semaines, quelques après la victoire toulousaine contre Clermont, Ugo Mola nous confiait : « J’ai rarement vu Naqalevu être repoussé de la sorte par un joueur. » Le manager stadiste évoquait alors son trois-quarts centre argentin Santiago Chocobares qui avait effectivement pris maintes fois, et sans broncher, le surpuissant Fidjien dans le buffet. C’est sûrement ce soir-là, juste derrière le titre de champion d’Europe, que le Puma a définitivement apprivoisé Ernest-Wallon.

Débarqué fin avril comme joker médical de Sofiane Guitoune, quelque temps après son compère et héros de la finale de Champions Cup Juan Cruz Mallia, Chocobares n’était pas qualifié pour les phases finales européennes et n’avait été aligné, jusque-là, que lorsque le Stade toulousain avait largement remanié son effectif en vue de l’affrontement face à La Rochelle. Pas l’idéal pour se mettre en évidence, mais la puissance de Chocobares avait été remarquée lors du revers à Toulon, autant que sa capacité à franchir à l’occasion de la déconvenue devant Bayonne.

Certes, il n’a spécialement brillé sur le plan offensif face à l’ASMCA mais a livré un récital défensif. Comme à Bordeaux-Bègles dans la foulée. Au-delà, il s’est imposé comme un point de fixation précieux au centre de l’attaque, où ses qualités athlétiques et son explosivité font des ravages. Profil se rapprochant davantage de celui de Guitoune, à qui le 13 était attitré avant sa blessure au genou, que Mallia ou Holmes, lesquels ont dépanné ces derniers mois.

Pita Ahki, royal en 12 dès lors qu’il est sur le terrain, retrouve ainsi des automatismes connus par cœur, lui permettant de se concentrer sur l’orientation à donner au jeu, pour en faire le régulateur de la ligne de trois-quarts. Voilà comment Chocobares s’est naturellement, et en très peu de temps, fixé à ses côtés à l’entame de ces phases finales de Top 14.

Mola : "un garçon ciblé depuis très longtemps"

La complémentarité entre le All Black à 7 et le Puma est d’autant plus singulière que le deuxième aurait déjà pu être le suppléant du premier en fin d’année 2020… L’inquiétude était alors grande autour d’une épaule douloureuse chez Ahki. Le staff médical toulousain craignait une opération et donc une absence de longue durée. Ugo Mola avait logiquement sondé le marché et Chocobares lui avait très vite tapé l’œil.

Il faut dire que le jeune Argentin - qui a fêté ses 22 ans le 31 mars - sortait d’une campagne remarquable avec son équipe nationale, pour ses débuts sous le maillot de l’Albiceleste. Première séléction et première titularisation : victoire historique contre les All Blacks (25-15). Une semaine plus tard, deuxième cape toujours dans le XV de départ : match nul face aux Wallabies (15-15). Voilà qui marque un homme.

Grâce à sa proximité avec le sélectionneur argentin Mario Ledesma, qui fut son coéquipier à Castres au début des années 2000, le manager stadiste n’eut aucun mal à récolter des renseignements sur celui qui l’avait séduit, et à confirmer sa première impression. « C’est un garçon qui était ciblé depuis très longtemps par nos soins », avouait Mola à son arrivée. Sauf que, fin décembre, Ahki avait été rassuré sur son état quand Tauzin ou Bonneval squattaient l’infirmerie et quand Ramos ou Huget y faisaient des allers-retours.

Du coup, le staff avait privilégié un profil de polyvalent, d’où la piste menant à Mallia. Son compatriote l’a finalement rejoint ensuite, lorsque Guitoune a été fauché dans son élan. C’était donc une pépite, qui incarne le futur doré des Pumas, dont profitent pour l’heure les Toulousains. Au moins jusqu’à la fin de saison, voire plus si affinités…

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Jérémy FADAT (avec M.D.)
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