Les espaces de Woki, les airs pour Cros

  • Les deux flankers vont se livrer un combat sans merci ce samedi.
    Les deux flankers vont se livrer un combat sans merci ce samedi. Icon Sport
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Les deux flankers vont se livrer un duel sans merci dans les airs comme dans le jeu courant avec des styles distincts. Décryptage avec Julien Puricelli, en charge de la touche lyonnaise.

Le duel que vont se livrer le François Cros le Toulousain et Cameron Woki le Girondin sera certainement un duel qui risque d’être suivi de près par le staff du XV de France. Pourquoi ? Parce qu’avec l’absence du capitaine et flanker Charles Ollivon qui a été opéré mercredi, Fabien Galthié et ses adjoints vont avoir besoin de joueurs de troisième ligne performants pour aller défier les Wallabies.

Même s’ils ne sont pas de la même génération (François Cros a 27 ans alors que Woki n’en a que 22), leurs carrières internationales sont proches : le Toulousain a commencé sa carrière avec les Bleus en août 2019 et le Girondin quelques mois plus tard, au mois de février 2020. Depuis, Cros compte huit sélections (sept titularisations) avec les Bleus, et Woki cinq (deux titularisations).

Samedi soir, les deux hommes ne s’affronteront pas pour porter la tunique bleue mais pour envoyer leur club en finale. Et leur duel risque de valoir son pesant d’or, sur plusieurs secteurs de jeu. Dans le jeu courant d’abord : « Les deux joueurs ont des profils différents  », lance Julien Puricelli, « François Cros est un redoutable défenseur, capable d’enchaîner les plaquages et de répéter des taches obscures, tandis que Cameron Woki est un joueur d’espace, rapide, qui adore participer aux contres de son équipe, un peu comme le fait Sekou Macalou au Stade français. Dans une demi-finale qui risque d’être cadenassée par l’enjeu, François Cros va pouvoir s’exprimer pleinement. En face, j’imagine que les Girondins vont tenter de ralentir la vitesse des Toulousains en les contrant sur les phases statiques, comme la touche par exemple. »

Deux redoutables défenseurs dans les airs

La touche, voilà un autre secteur où les deux hommes tiendront des rôles prépondérants : « Plutôt dense physiquement (1,90 m, 107 kg N.D.L.R.), Cros ne donne pas l’impression d’être un troisième ligne très aérien mais il est excellent dans ce secteur. Il me fait penser à un de nos joueurs, Colby Fainga’a. Colby est plus petit (1,83m), mais il monte plus vite que tous les autres. Cros est pareil, il a un excellent saut, lit bien les trajectoires des lancers et s’intéresse de très près à la touche. Il est souvent placé en fond d’alignement, où il défend à merveille. Et puis si on lui met de grands lifteurs comme les frères Arnold ou Joe Tekori, l’adversaire a peu de chance d’attraper le ballon. »

Cameron Woki est également un très bon contreur : il l’a encore montré la semaine dernière, face à Clermont. On se souvient aussi qu’en janvier dernier, il avait intercepté les deux derniers lancers du Racing et permis à son équipe de remporter une précieuse victoire. Seulement, il n’évolue pas dans la même zone de l’alignement : « L’alignement de l’UBB défend pas mal en vis-à-vis, mais il arrive qu’il défende aussi en zone.Dans cette configuration, Woki est placé en début d’alignement. Grâce à sa taille (1,96 m) et ses longs bras, il peut considérablement gêner l’alignement adverse  », conclut Puricelli. Bref, avec ces deux prédateurs aériens, les talonneurs risquent d’avoir quelques sueurs froides… 

Simon Valzer
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