Romain Buros, l’homme qui s’affirme

  • Romain Buros s’est affirmé comme l’un des meilleurs arrières du Top 14 cette saison.
    Romain Buros s’est affirmé comme l’un des meilleurs arrières du Top 14 cette saison. Photo M.O. - D.P. - Photo M.O. - D.P.
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L’arrière landais de l’UBB aura été l’une des plus grandes satisfactions de la saison. Coup de projecteur sur un timide qui se soigne.

On jure que c’est vrai, récemment un entraîneur d’un club phare du Top 14, concurrent de l’UBB nous a glissé : « Tu les vois les matchs de l’UBB ? Tu l’as vu ce Buros ? Je m’étonne que Galthié ne s’intéresse pas à lui. »

Quoi qu’il arrive cette saison restera celle de la consécration de Romain Buros, l’arrière fin et délié arrivé à Bordeaux dans une certaine discrétion en 2018, un an avant Christophe Urios. Il sortait d’une année blanche à Pau. Les dirigeants béarnais n’avaient manifestement pas apprécié de le voir s’engager avec Bordeaux-Bègles tôt dans la saison, il le paya cher. Mais sa décision était prise, l’UBB le voulait et lui voulait l’UBB.

« On m’a alors traité comme un vilain petit canard. J’ai eu du mal à le vivre, mais mes amis de Pau me comprenaient. Ils connaissaient les tenants et les aboutissants et ça m’a aidé. Je ne m’entraînais plus avec le groupe professionnel, j’ai accepté car ça libérait des places pour d’autres jeunes, mais quand le staff pro a demandé au staff espoirs de ne pas me faire jouer, là j’ai trouvé ça vraiment difficile à vivre. »

Il débarqua en Gironde sans fracas, fidèle à sa nature qui le porte vers la discrétion, voire la timidité. « Avant, j’avais très peu confiance en moi. Au début, je jouais demi d’ouverture car je préférais faire jouer les autres que m’exprimer vraiment. Ce fut difficile d’arriver à l’UBB et de m’y sentir légitime. Je n’étais pas à l’aise dans la communication, Christophe Urios m’en a parlé. À mon poste, il faut s’exprimer sur les appels offensifs mais surtout sur le travail défensif car un arrière doit organiser la couverture. Et dans notre système, le numéro 15 doit être capable de suppléer le numéro 10, je pense quand même avoir beaucoup progressé là-dessus. Il y a un travail de l’ombre à respecter en rugby, dans la circulation des joueurs car le grand public a tendance à ne voir que les grandes envolées. »
 

Un parcours en guise d’ode au rugby français

La trajectoire de Romain Buros est une ode au rugby français traditionnel ; débuts dès l’âge de cinq ans à Aire-sur-l’Adour dans une famille d’amoureux de l’ovale, la branche paternelle a joué à Villeneuve-de-Marsan et un peu à Aire, la branche maternelle à Saint-Sever. Quand on commence si tôt, on se signale vite aux yeux des cadres techniques : « J’ai eu la chance d’être sélectionné très tôt, dès les moins de quatorze ans puis à quinze ans, j’ai intégré le Pôle Espoirs de Bayonne, puis j’ai été appelé dans les sélections de jeunes. Je suis parti tôt de chez moi, c’est vrai mais je ne l’ai pas eu trop dure, je rentrais toutes les fins de semaine et la première année, je jouais encore à Aire-sur-l’Adour. J’ai plus souffert quand j’ai signé à Pau, je naviguais entre Bayonne, Pau et Aire, je passais moins de 24 heures par semaine chez mes parents. »

Il a donc très tôt vécu les contraintes du monde professionnel, y compris en renonçant aux études qu’il ambitionnait : « Je voulais faire un DUT de génie civil, j’ai fait une année avant d’arrêter car il fallait aller dans un établissement de Tarbes et c’était dur à gérer. En plus j’ai été pris avec les moins de 20 ans avec un an d’avance, c’est peut-être un peu bête, mais j’ai eu plus la tête au rugby qu’autre chose car j’ai commencé à jouer avec les professionnels assez tôt. Mais je suis heureux d’avoir pu faire un BTS en alternance avec Total et même si ça a été compliqué, j’ai pu voir le monde du travail. C’était une formation intitulée « Assistance technique d’ingénieurs », c’est assez technique, on peut préparer une école d’ingénieurs ou être technicien dans pas mal de domaines. C’est vrai, je suis plutôt un matheux, j’ai toujours fait preuve d’une certaine logique. »

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