Pour Ugo Mola, un doublé pour honorer l'héritage de Novès

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Longtemps ramené à la fameuse transition du côté d’Ernest-Wallon, où il est passé après Guy Novès, le technicien a su imposer sa patte avec succès. Jusqu’à se retrouver à une marche du doublé.

C’était devenu un refrain dans la bouche de Guy Novès, en guise de provocation teintée d’un brin de mauvaise foi : "Le doublé Coupe d’Europe-championnat est impossible." Lui l’avait réussi à la tête du Stade toulousain, mais c’était en 1996, quand les clubs anglais ne disputaient pas la compétition européenne et que la finale avait lieu en janvier, au moins quatre mois avant celle domestique. Mais l’entraîneur le plus titré du rugby français faisait référence à l’époque moderne et au Top 14. Le Toulon de Mourad Boudjellal et Bernard Laporte l’avait fait mentir en 2014, quand le RCT possédait une armada hors normes. N’empêche, la tirade de Novès était sensée, tant les derniers exemples montrent à quel point il est dur de mener de front les deux parcours. Presque six ans après avoir pris sa succession à Ernest-Wallon, Ugo Mola est à une petite marche de l’exploit. L’hommage rendu à son prédécesseur, après le sacre de Twickenham le mois dernier, en disait long sur la difficulté du défi : "Je me rends compte de ce que c’est de gagner à ce niveau-là et je ne le pensais pas aussi dur. Je me dis, quelque part, que mon prédécesseur avait une énergie incroyable pour être auréolée de tant de titres en Coupe d’Europe et en championnat. Il faut une énergie de fou pour continuer à ce rythme-là." Premier Français à être champion d’Europe en tant que manager après l’avoir été en tant que joueur, Mola pourrait écrire une nouvelle page glorieuse de la grande histoire de ce club. Et s’affranchir définitivement de l’héritage ? Même si, depuis 2015, le technicien est régulièrement ramené à la fameuse transition, lui ne s’en soucie guère. Assumant même ce legs qui, s’il a pu être un fardeau durant les premières années, est aussi une évidence. Mais sans pour autant tenter le moindre "copier-coller". Non, depuis son retour dans son club de cœur, il a avancé et imposé sa patte pour faire du "Mola" à Ernest-Wallon. "Ugo est un garçon très intelligent, une faculté que tout le monde n’a pas", témoignait Novès dans ces colonnes la semaine passée. L’idée n’est donc pas de "tuer le père" mais juste de mener une génération dorée vers un destin qui lui tend les bras. Quand cette éventualité est évoquée, Mola en sourit : "En 96, notre président avait fait le doublé en étant titulaire en Coupe d’Europe et en championnat. Moi, je cirais le banc, donc j’étais moins embêtant ! Toulon l’a réalisé aussi avec un groupe incroyable. On peut rentrer dans l’histoire mais, le plus important, c’est ce que les joueurs peuvent vivre. On va essayer d’en profiter." Et de s’approprier l’impossible.

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