La Rochelle face à l’histoire

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Jamais, depuis le début de l’ère professionnelle, aucun club n’a remporté son premier Bouclier de Brennus en même temps qu’il disputait sa première finale de championnat, qui constituent depuis toujours des rendez-vous peu propices aux équipes vierges de titres…

Si l'entraîneur du Stade toulousain Ugo Mola les a légitimement désignés comme « en avance » au regard de leur convaincante prestation en demi-finale, de leur statut de revanchard après la finale de Champions Cup et de leur jour de récupération supplémentaire, les Rochelais n’en devront pas moins réaliser un exploit pour décrocher le Bouclier de Brennus vendredi au stade de France. En effet, depuis les débuts de l’ère professionnelle en 1995, jamais un club qui disputait sa première finale ne l’a emporté, ainsi qu’en témoignent les défaites de Bourgoin (1997) et Montpellier (2011) contre Toulouse, ou celle de Colomiers contre Paris (2000). Et pour élargir quelque peu les débats, les clubs jamais titrés Brive a perdu son affrontement final en 1996 (toujours face à Toulouse). Au final, le seul exemple de club à avoir décroché son premier Bouclier face à une équipe déjà titrée remonte à celui de l’ASM Clermont en 2010 contre Perpignan… pour un premier titre après dix finales perdues !

 réside probablement une part d’irrationnel, qui veut que les finales ne soient jamais des matchs comme les autres… Mais c’est un fait : même les plus puissantes dynasties ont toujours connu des échecs avant de s’installer. En remontant un peu dans le temps jusqu’aux débuts de l’après-guerre, on s’aperçoit ainsi que même les machines à titre comme le glorieux FC Lourdes (8 Boucliers) ou le Grand Béziers (11) sont fatalement passés par des finales perdues (2 pour le FCL, 3 pour les Biterrois) avant de commencer à gagner… D’ailleurs, même à cette époque, la hiérarchie des clubs semblait particulièrement difficile à bouleverser pour les équipes sans titre, à l’image des nombreuses défaites en finale de clubs historiques comme Dax ou Brive, ou des revers subis par de dans les années 80 par Bagnères (1982) ou Nice (1983) pour leur première et unique finale… 

Du jamais fait depuis 70 ans

Des contre-exemples, pour donner espoir aux Rochelais ? Il en existe, bien sûr. Le dernier en date remonte à La Voulte, vainqueur de sa première (et unique) finale en 1970, tout comme Montauban (1967) ou Grenoble (1954). La différence, de taille ? Elle est que le FCG jouait contre Cognac, Montauban contre Bègles et La Voulte contre Montferrand, trois formations qui se « dépucelaient » elles aussi en finale. Au vrai ? Le dernier exemple d’un club disputant sa première finale disposant d’une équipe déjà titrée remonte à Carmaux, vainqueur de Tarbes en 1951. Il y a soixante-dix ans, tout juste... Sauf que Tarbes n’avait à cette époque qu’un seul titre à son actif et ne présentait pas le vertigineux palmarès du Stade toulousain, club le plus titré de tous les temps avec 5 Coupes d’Europe et 20 Brennus, qui disputera vendredi la 29e finale de championnat de son histoire... De quoi poser l’ampleur de la tâche qui attend les Rochelais, lesquels auront tout à fait raison de nous opposer un argument : jamais devant l’histoire, une finale de championnat n’a été le théâtre de la revanche d’une finale de Coupe d’Europe jouée un mois plus tôt. Alors, à eux de jouer...

Midi-Olympique.fr
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