Alldritt : "Il y en a marre de se dire que ça se joue sur des détails"

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    "Il y en a marre de se dire que ça se joue sur des détails"
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Grégory Alldritt (Troisième ligne de La Rochelle) - Si chat échaudé craint l’eau froide, le Gersois espère dès maintenant chasser la désillusion de Twickenham face aux mêmes Toulousains.

Vous avez vécu des grands moments avec le XV de France et le Stade rochelais. Mais que représente, pour vous, cette première finale de Top 14 ?

C’est quelque chose d’énorme. Après, franchement, pour le moment, je ne me rends pas compte de cette saison parce qu’on a un peu le nez dans le guidon. On a joué une finale (en Champions Cup, N.D.L.R.), on l’a perdue (22-17 face au Stade Toulousain, le 22 mai, à Twickenham), on sait ce que c’est que de la perdre. Il faut garder la tête basse et bosser. On a gagné le droit de bosser encore une semaine de plus. On verra vendredi soir, maintenant. En tout cas, une finale de Top 14, je n’en ai jamais vécue donc je suis content, déjà. C’est une semaine spéciale car ça reste la dernière de la saison. Il y a énormément d’engouement autour de nous. Après, on essaye de rester aussi normal qu’on l’a été toute la saison, de continuer notre petite routine et d’oublier le contexte.

Juste après la demie remportée face au Racing (19-6), Ronan O’Gara disait au président Vincent Merling que La Rochelle n’a encore "rien fait". Est-ce une vision que tout le monde partage ?

On est un groupe de compétiteurs, on n’a pas envie d’aller en finale pour aller en finale. Maintenant, il nous reste le plus dur à faire. Une finale, c’est toujours dur à jouer. En plus, face à Toulouse, c’est un très, très gros morceau qui nous attend. Ça ne sert à rien de s’emballer parce que la déception peut être immense. Mais je comprends aussi le président. Ça fait je ne sais combien d’années qu’il est ici, il peut vraiment se rendre compte de l’évolution du club. Pour lui et pour le club, c’est quelque chose de magique, bien entendu.

Pour la ville, aussi. Il y avait encore du monde, le week-end passé, à la descente de l’avion…

C’est énorme. C’est pour ça qu’on joue au rugby, c’est pour ça aussi que je suis venu à La Rochelle. La ville est à fond derrière son club. J’en parle souvent et c’est motivant. Romain Sazy nous a remontré ces vidéos de 2014 (pour fêter la montée en Top 14). Ronan O’Gara nous demande souvent pourquoi on va s’entraîner. Pourquoi ? Pour pouvoir vivre un moment comme ça ! On va tout faire pour pouvoir vivre ça mais il nous reste encore du boulot.

En début de saison, vous disiez que ces images de 2014 vous "empêchaient parfois de dormir". Encore plus de mal à dormir, en ce moment ?

Le port rempli, des fumigènes… c’est impressionnant ! J’évite de les regarder et j’évite d’y penser. Non, je n’imagine pas ce qui pourrait nous attendre à notre retour, en cas de victoire. Je ne veux pas être déçu, si jamais…

Quel genre de capitaine est Romain Sazy ?

Quelqu’un qui a des valeurs proches des miennes. Il a un côté humain extra. Quelqu’un de très humble, de très travailleur. C’est pour ça, aussi, que ça en fait un très bon capitaine. Il emmène tout le monde dans son sillon. C’est un ancien (34 ans) et, pourtant, aux tests physiques, il est souvent devant. Donc, chapeau. Honnêtement, je ne sais pas comment il fait.

Avez-vous reconnu Toulouse en demi-finale ?

C’est Toulouse, quoi… Des fois, on sent qu’ils sont moins bien mais ils finissent toujours par gagner. Après la demie de Champions Cup, on les trouvait fatigués, toute le monde disait qu’ils étaient poussifs face à l’UBB puis ils ont gagné la finale en suivant. C’est leur 29e finale de Top 14. Ils ont des joueurs d’expérience qui savent gérer ce genre de match. Bien sûr, nos coachs ont adapté certains trucs par rapport au match du Racing mais ce qui va être important pour nous, c’est de se focaliser sur nos points forts, sur ce que l’on sait faire de mieux et le faire à la perfection. Parce qu’il y en a marre, à la fin des matchs, de se dire que ça se joue sur des détails. À nous d’être vraiment concentrés, pointilleux et précis.

À force de jouer contre eux, avez-vous réussi à cibler une faille ?

S’il y en a une, j’espère que le staff l’a trouvée (sourire) et qu’on va dans la bonne direction.

Quels souvenirs garderez-vous de Jono Gibbes, qui va vivre son dernier match comme manager du Stade rochelais ?

C’est un entraîneur très précis, porté sur le détail, tout le temps à chipoter sur des trucs. Au début, on se dit : "On s’en fout de ça !" (rires). Mais, au final, on se rend compte que tout part de là et que si, ça, ce n’était pas calé, ça ne peut pas être calé non plus au bout. C’est aussi un entraîneur qui n’accepte pas les excuses bidon. Si tu es sur le terrain, tu te bouges, tu cours et tu dois être là avant les autres. Avec Jono, il faut savoir se dépasser.

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Romain ASSELIN
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