L'édito : L’histoire en marche

  • Top 14 - Toulousains et Rochelais se retrouvent ce vendredi pour une finale inédite.
    Top 14 - Toulousains et Rochelais se retrouvent ce vendredi pour une finale inédite. Icon Sport
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L'édito de Léo Faure... Il y a quelque chose d’inné dans la culture de la gagne. Un petit plus qui ne s’apprend pas. Une étincelle dont la nature vous a doté, une hargne de triompher qui gonfle en vous naturellement jusqu’à vous dévorer, quand vous en êtes. Ce n’est pas tant la détestation de la défaite qui fait gagner les matchs. C’est bien l’amour de la victoire, dans une psychologie beaucoup plus positive.

Ce vendredi au Stade de France sera désigné le 121e champion de France de notre histoire. Elle appartiendra aux 46 acteurs de ce Toulouse-La Rochelle, à des degrés différents. Comme dans toute notion de groupe, une équipe est une micro-société avec ses leaders et ses suiveurs, ses soldats et ses généraux. Et au milieu, des êtres à part : ceux qui vous font gagner, parce qu’ils ont ça, en eux.

Qui seront-ils ? Romain Ntamack ne sera pas là, dézingué sur la pelouse de Lille, en demi-finale, et fort heureusement laissé au repos ce week-end malgré l’enjeu. Il y a un mois, à l’occasion du même match en finale de Coupe d’Europe, "Milou junior" avait justement été celui qui avait fait basculer le sort dans le bon sens : le sien. À Twickenham, Toulouse n’avait franchement pas dominé à 15 contre 15, et pas franchement dominé à 15 contre 14. Collectivement, les Rochelais avaient été meilleurs. Mais un buteur (Ihaia West) avait failli, l’autre (Ntamack) avait tout réussi. Voilà comment s’était seulement décidé le camp du vainqueur.

Sans Ntamack, Ramos butera et Médard débutera. Reprendront-ils, au passage, le costume du héros ? À vos pronostics.

Côté rochelais, sans insulter l’avenir, on peut légitimement cibler le paquet d’avants pour piocher l’as des as. Skelton, bien sûr. Certainement le meilleur joueur de cette saison de Top 14, et même de Champions Cup. Un mastodonte que l’on résume trop souvent à cette seule démesure physique. On en oublie, au passage, quel formidable joueur de rugby il est : toujours juste dans ses déplacements, toujours précis dans ses déblayages, toujours adroit ballon en mains. Le joueur de rugby ultime, ou pas loin.

Ce seront eux ou d’autres qui, ce vendredi, récupéreront les lauriers individuels en même temps que le sacre collectif. Une chose est sûre : c’est une histoire particulière qui s’écrira, sur le coup des 23 heures.

D’un côté, le Stade toulousain a l’occasion de réaliser le premier doublé complet de son histoire. Comprenez qu’ils l’ont déjà fait, en 1996, mais dans un format de Coupe d’Europe compacté et sans les Anglais.

Ce serait un exploit immense, disons-le franchement. L’égal du Toulon galactique des Botha, Wilkinson, Giteau, Masoe et Fernandez Lobbe. Ce Toulouse en a la stature, le cran et le talent. En a-t-il encore le coffre ? C’est toute la question, au terme d’une saison follement longue de 13 mois et 37 matchs. À bout de souffle.

De l’autre côté, celui des Rochelais, l’histoire serait certainement plus belle encore. Tout, dans leur parcours et leur histoire, donne à légitimer ce sacre. Une équipe où persistent les Sazy, Gourdon et Atonio, déjà là en 2014, quand le club à la caravelle se décrochait enfin durablement du Pro D2.

Une saison superbe, un échec en finale européenne dont ils ont su se relever, un club structuré au plus près des exigences professionnelles avec patience et ambition, bien intégré dans son territoire et sa réalité économique. Le club maritime est un modèle, en fait, dont devraient s’inspirer tous ceux qui ne bénéficient pas à leur tête du chéquier sans fin d’un mécène.

Pour toutes ces raisons, le Stade rochelais ne ferait pas seulement un beau champion. Il ferait un grand champion, dont on jurerait qu’il sera encore au rendez-vous des finales pour de nombreuses années.

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Léo FAURE
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