West, le Maori qui rêvait de Saint-Denis

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    Ihaia West, demi d'ouverture néo-zélandais de La Rochelle Midi Olympique - Patrick Derewiany
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    Ihaia West (La Rochelle) en demi-finale contre le Racing 92 Icon Sport - Matthieu Mirville
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Ihaia West - Demi d’ouverture de La Rochelle - Un mois après son étonnant manque de réussite en finale de Champions Cup, le buteur maritime a une revanche à prendre sur le destin. Il y voit le moment et l’endroit propices.

 

Jusqu’ici, il n’en avait aperçu les entrailles qu’au travers de son poste de télévision. Jeudi, en fin d’après-midi, lors de la mise en place de son équipe, Ihaia West a mis pour la première fois de sa vie un pied au Stade de France. Une enceinte que le Néo-Zélandais trouve « énorme ». En début de semaine, déjà, il piétinait d’impatience d’y être : « Quand j’étais jeune, j’ai vu jouer les Blacks contre l’équipe de France. J’ai toujours voulu y jouer. Évidemment, ce sera un peu différent avec le Covid et le nombre limité de fans, mais qu’est-ce que j’ai hâte. » Les triples champions du monde, justement, n’ont jamais perdu, à Saint-Denis, face aux Bleus. West, ancien Baby Black, espère connaître le même destin, un mois après une déception à hauteur de sa malchance. Immense.
En voyant trois de ses tentatives de tir au but repoussées par le poteau, le 22 mai dernier, en finale de Champions Cup, l’ouvreur du Stade rochelais s’est cru maudit. Cette sensation si souvent ressentie par un tennisman quand cette satané balle jaune, dès qu’elle heurte la bande du filet, rebondit inexorablement dans son propre carré de service. Vous voyez ? « J’étais très déçu du résultat et de ma performance. Les deux semaines suivantes ont été dures pour moi », concède, dans un français très compréhensif, l’ancienne doublure de Beauden Barrett aux Hurricanes. D’autant plus dures que, touché au mollet, il a dû attendre trois semaines et la demie de Top 14 face au Racing pour évacuer sa frustration sur le terrain.



Terminée, la pression du contrat


Et que, comme souvent, ce joueur qui agace autant qu’il séduit voire fascine ses propres supporters, en a pris pour son grade. « Le pauvre, il a un poste en pleine lumière et la moindre erreur, ça se voit. Moi, j’en fais mais ça se voit moins. Ce serait idiot de tout mettre sur lui car plein de trucs rentrent en compte. Chacun a sa part de responsabilité, plaide Greg Alldritt, en avocat sincère. Ihaia est un joueur qui aime beaucoup le jeu, qui pue le rugby, c’est un régal de jouer avec lui. » Une courte plaidoirie suffisante pour illustrer l’unanimité, dans le vestiaire, autour de l’international maori, titularisé à 60 reprises en 70 apparitions sous le maillot jaune et noir, depuis son arrivée en 2018.
Cette saison, Ihaia West, 29 ans, n’a plus commencé un match sur le banc des remplaçants depuis mars. Depuis, d’ailleurs, que Ronan O’Gara l’avait propulsé, dans nos colonnes, comme l’homme le « plus important du club », avec Jules Plisson. « Quand les phases finales arrivent, c’est eux qui ont les clés du camion », glissait alors l’entraîneur en chef et ancien ouvreur emblématique du XV du Trèfle, à l’origine de la récente prolongation de son buteur maori. « Avec ces performances, le choix était assez facile pour le club. Ihaia a vraiment grandi dans son rôle et ses responsabilités en 10 », appuie le futur-ex patron Jono Gibbes.
Vendredi soir, contrairement à ce qu’il craignait il y a encore quelques semaines, West n’enfilera donc pas pour la dernière fois sa tunique jaune et noir. Déjà une première victoire en soi : « C’est plus facile de jouer sans cette pression, sans avoir à se soucier du contrat. Je suis content de rester à La Rochelle une saison de plus. Le Brennus ? J’ai vraiment envie de gagner ! »

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