Toulouse : une foule en délire pour fêter deux trophées

  • Le bus des Toulousains sur les allées Jean-Jaurès à Toulouse
    Le bus des Toulousains sur les allées Jean-Jaurès à Toulouse Midi Olympique - Aurélien Delandhuy
Publié le , mis à jour

Sous un soleil de feu, ce n'est pas un, mais deux trophées que les joueurs toulousains ont présenté à leur public massé sur les allées Jean-Jaurès. Récit sur fond de musique rap, diffusée à pleins tubes.

 

Être supporter, c'est une école de frustration, souvent. Et dans le meilleur des cas, une école de patience. Les fans du Stade toulousain ont attendu plus de deux heures sous un soleil impitoyable pour pouvoir acclamer leurs champions. Samedi après-midi, l'autobus des champions de France a parcouru les allées Jean-Jaurès, en plein centre-ville. La traditionnelle présentation au Capitole était impossible cette année, à cause de la présence d'échafaudages. La foule s'est donc massée derrière des barrières métalliques tout au long des "ramblas" toulousaines. 

Les drapeaux et les maillots étaient de sortie. Une caste supérieure se dessinait, celle qui arborait les cinq étoiles européennes  sur la poitrine. Signe de ralliement des vrais supporteurs.

Rap, soleil et verres en plastique

Oui, ce fut très long. Les gens se sont peu à peu agglutinés sur une dizaine de rangs compacts. Une foule où les masques covid sont vite tombés,  où les commentaires allaient bon train. Chacun se cherchait un lien avec les héros du jour : « Je suis le voisin de Mauvaka » ; « J'étais au collège avec Ntamack » ; « Je croise Tekori au supermarché ».  A l'heure des smartphones, tout le monde dialoguait avec un ami mieux placé que lui : « Ça  y est, ils sont à l'aéroport. Ils sont aux Sept-Deniers ! Ils mangent, ils se douchent ! »

Accalmie, alors que les rayons du soleil continuaient de darder les crânes et les échines. À l'angle des allées Jean-Jaurès et des Boulevards Carnot et Arcole, les terrasses des établissements ont été interdites. Question de sécurité. Les patrons se rattrapaient avec des verres en plastic. Les plus chauds, torse nu et lunettes de soleil, commençaient à escalader les barrières, sans oser les franchir.

Ils secouaient les panneaux. Pour d'autres, en équilibre sur les murets de la station de métro, un faux mouvement et c'était la chute de quelques mètres, sur des marches d'escaliers. Miracle, la maladresse fatale n'arriva pas.
Les informations recommençaient à circuler : « Ils sont partis, ils roulent à 40 à l'heure sur la rocade. Mais ils doivent faire monter Jean-Luc Moudenc à Jolimont. » La sono déversait désormais de la musique à fond. Un son énorme avec des basses vrombissantes, proches de la secousse sismique.
On reconnaissait là « Bande Organisée » du collectif de rappeurs marseillais dont les stars Jul, Soso Manès, SCH :  Eminem « When I'm Gone », Future et « Life Is Good », 2 Pac. Évidemment, il vaut mieux aimer le rap. Seule concession au rock, AC-DC et Thunderstruck. Du hard rock venu des antipodes, comme pour célébrer les joueurs venus de l'Hémisphère Sud, d'Australie et de Nouvelle-Zélande.

Pas un, mais deux trophées à célébrer

Un DJ ponctuait finalement l'enchaînement des morceaux. Le bruit de la foule au loin s'intensifiait. « Ils sont en haut des allées. » Entre les ormeaux, un objet non identifié renvoyait les éclats de l'astre du jour. « Ils sont descendus du bus. »
La foule tombait dans l'extase, oui. L'objet chatoyant, c'était bien le bouclier de Brennus. Il avançait à trois à l'heure, brandi par un joueur, vêtu d'un maillot de NBA.
Devant le bus, une dizaine de joueurs en tee-shirt et en short noir marchaient au pas, en se dandinant. Eux portaient la Coupe d'Europe. Massés sur les 600 mètres, les fans n'étaient pas venus pour un, mais pour deux trophées. Il n'y avait pas eu de célébration après la victoire en finale continentale. Les joueurs faisaient mine de balancer le trophée dans la foule. Les slogans fusaient à gorge déployée : « Tou-lou-sains ! » « Qui ne saute pas n'est pas... ». Plus un masque à l'horizon, comme si le covid n'avait jamais existé. Ou plutôt, comme s'il fallait l'exorciser après la saison la plus longue de l'Histoire.  

 

 

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