Pelo : « Je n’ai pas assez anticipé… »

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    Vincent Pelo (Aviron bayonnais) n'aura plus de club la saison prochaine Icon Sport - Pierre Costabadie
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International à deux reprises, Vincent Pelo voit se profiler une période de chômage pour la première fois de sa vie. Entre déception et espérance, le pilier de Bayonne tente de se projeter…

Dans quel état d’esprit vous trouvez-vous, alors que vous n’avez toujours pas de club pour la prochaine saison ?

Honnêtement, c’est une situation très délicate à gérer. Voilà, c’est la première fois dans ma carrière que je vois se profiler une saison sans club et c’est difficile à appréhender. Je pensais vraiment trouver une porte de sortie mais visiblement je me suis trompé. Le plus délicat, c’est l’attente et l’impossibilité de se projeter sur un nouveau défi. Cette situation est dure à vivre pour moi mais aussi et surtout pour ma famille. C’est stressant, énervant. Cela demande une grosse remise en question personnelle.

Avez-vous senti venir cette période de chômage ? Y avait-il des signes avant-coureurs ?

Vraiment, je pensais trouver un club. Je pense avoir fait une saison correcte, convenable avec Bayonne, où je suis arrivé en cours de saison.

Vous avez passé sept saisons à La Rochelle. Comment l’aventure s’est-elle terminée avec le club maritime ?

J’arrivais en fin de contrat. Je sentais bien que le vent était en train de tourner en ma défaveur. Jono Gibbes, le manager, m’a fait comprendre que je ne faisais pas partie des plans pour la suite, qu’il ne comptait plus sur moi. À partir de ce moment-là, j’ai activé mes réseaux mais par les temps qui courent, il est difficile de trouver un club sans jouer.

Vous avez quand même pu décrocher un contrat de joker médical du côté de Bayonne…

En effet, et je pense avoir fait une bonne saison du côté de l’Aviron, en qualité de joker médical d’Ugo Boniface. J’ai la faiblesse de penser que mon contrat aurait pu être reconduit si le club s’était maintenu en Top 14. Malheureusement, l’Aviron jouera en Pro D2 l’année prochaine et du coup, là encore, je ne fais pas partie du plan…

Que vous reprochent les clubs pour lesquels vous postulez, au fond ?

De ne pas avoir le bon profil. Ce sont les termes à la mode en ce moment. Pourtant, je crois que tout au long de ma carrière j’ai su m’adapter. J’ai évolué avec le temps. On me dit aussi que j’ai 33 ans. Il n’y a pas si longtemps, à mon poste, avoir de l’expérience était une qualité recherchée par les clubs. Aujourd’hui, passé 30 ans, on prend un coup de vieux terrible. Les clubs recherchent des jeunes.

Avez-vous des regrets ?

Mon regret est de ne pas avoir assez anticipé cette période difficile. Je conseille à tous les joueurs, même à ceux qui ont le vent en poupe, de penser à l’après. Moi je n’ai qu’un BE rugby de premier degré (brevet d’état, N.D.L.R.)

Est-ce à dire que vous envisagez de vous reconvertir comme entraîneur de rugby ?

Franchement ? Si je venais à ne pas trouver de club et à être contraint à mettre un terme à ma carrière de joueur, je ne pense pas que je deviendrais entraîneur. Du moins, pas dans un premier temps. Il faudrait digérer la déception d’abord. Surtout, je ne me reconnais plus dans ce métier qui pourtant m’a fait rêver au début de ma carrière. Je suis très déçu. Si j’arrête le rugby, je continuerai de le regarder et de supporter mes amis car j’aime viscéralement ce sport mais je crois qu’il me sera très difficile d’entraîner…

Êtes-vous prêts à faire des concessions pour retrouver un club ?

J’étudierai toutes les propositions. Pour le moment, je vis encore à La Rochelle avec ma famille mais je suis bien sûr prêt à bouger pour un projet sportif intéressant.

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