Les Harlequins font sensation !

  • Les Harlequins élèbrent leur victoire en finale de Premiership face à Exeter.
    Les Harlequins élèbrent leur victoire en finale de Premiership face à Exeter. Icon Sport - Focus Images
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Les Harlequins retrouvent le titre après une finale époustouflante. Six essais à cinq et un avantage qui change à cinq reprises. Un doublé final de Louis Lynagh a scellé le succès inattendu des londoniens (40-38), quatrièmes de la saison régulière.

Les fans du championnat d’Angleterre se seront gavés d’un festin, voire d’une orgie de rugby offensif ; et à la fin, ce sont les Harlequins qui ont brandi le trophée, devenant, à notre sens, le champion le plus inattendu de l’histoire. Depuis que l’élite a été formée, jamais une équipe n’a été sacrée en revenant de si loin. Les Harlequins ont terminé à la quatrième place de la saison régulière. En janvier, ils naviguaient même autour de la septième, quand ils ont viré leur entraîneur, Paul Gustard. Leurs résultats brillaient par leur inconstance. Ils ont quand même commencé la saison par un 3-33 à domicile face à… Exeter, encaissant aussi deux terribles défaites à domicile en Coupe d’Europe face au Racing et à l’Ulster.
Mais visiblement, cette équipe a été portée par une euphorie et une confiance terrible en son étoile. Et quand elle commence à enchaîner, elle se montre capable de marquer des points à la mitraillette. En demi-finale, elle avait remonté un déficit de vingt-huit points pour s’imposer à Bristol. En finale, la rencontre fut plus serrée, mais l’avantage a changé à cinq reprises. Sachant qu’à la 65e minute, Exeter menait 31 à 26 après la seule pénalité tentée du match et réussie par Joe Simmonds.



Duo Smith-Lynagh en lévitation


On crut qu’Exeter, champion sortant, avait enfin mis la main sur la rencontre. Et puis, ce fut l’extase pour les Harlequins, avec deux essais coup sur coup de Louis Lynagh, l’ailier droit qui n’a jamais connu la moindre sélection. à laquelle postule-t-il ? Né en Italie, son père fut champion du monde avec l’Australie en 1991 mais il a été éduqué en Angleterre, où son paternel a terminé sa carrière. Il restera le héros de cette finale, par ses deux essais en bout de ligne après des lancements de l’ouvreur Marcus Smith, roi de la passe sautée et lobée grand côté (revoir le quatrième essai conclu par Esterhuizen). Sur un ballon pris en reculant, Marcus Smith nous gratifia ensuite d’une sidérante passe aveugle face à une défense en surnombre. Lynagh surgit alors dans le tempo parfait, avec une course convergente (cinquième essai).
En face, Exeter n’a pas vraiment démérité. Ils ont su user de leur fameuse spécialité, le jeu près des lignes avec ballons portés et pick and go. Ils ont marqué trois fois comme ça (Gray, Hepburn, Sam Simmonds). Mais les Harlequins les avaient pris à leur propre jeu d’entrée en marquant un essai de pénalité suite à une cocotte après touche effondrée par Jonny Hill (exclu au passage).
Exeter sut même revenir in extremis dans la course par un ultime essai de Hogg, clôturant le score. à 40-38, on vit alors les Harlequins se refuser à cacher le ballon par des petits tas et continuer à attaquer presque comme si de rien n’était. Pas question d’offrir l’opportunité d’ultime grattage des Chiefs ou d’un coup de sifflet d’un arbitre exaspéré.
Après la rencontre, Alex Dombrandt ne cachait pas son allégresse : « De l’extérieur, personne ne croyait en nous. Personne ne nous donnait la moindre chance. Mais nous avons plusieurs forts caractères et cela nous a exaltés. » Le numéro 8 espère sans doute galvaniser Eddie Jones qui ne l’a encore jamais appelé en équipe nationale malgré ses performances « quatre étoiles ». Il a encore marqué un essai sur sa spéciale (soutien intérieur de sa charnière). Ce titre empoché pourrait lui offrir un strapontin in extremis pour les tests estivaux. Le staff et les supporters des Harlequins l’espéraient ouvertement.  Comme Billy Millard, promu entraîneur en chef en cours de saison : « Certains de nos plans ont bien fonctionné, Notre mêlée a peut-être mieux marché que prévu à certains moments. Pourtant, les gars étaient fatigués après la demie et, de plus, Exeter a joué à fond jusqu’au bout avec honneur. Je ne peux qu’admirer mes gars d’avoir ainsi lutté. »

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