Le bras de fer se durcit sur la libération d’Azéma

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Publié le , mis à jour

Le club considère que son entraîneur historique (2010-2021) a résilié son contrat à partir du 1er juillet. Azéma conteste cette lecture. Une issue favorable n’a jamais semblé aussi éloignée…

Si les histoires d’amour finissent mal, celle de Franck Azéma et de l’ASM, dont il fut l’employé pendant onze saisons (2010-2021), tourne franchement au vinaigre. Au point qu’une issue prud’homale est désormais clairement envisagée. En effet, les deux parties campent toujours aux antipodes, très loin d’un accord. Le club et son entraîneur historique ne communiquent plus que par voix d’avocats et de courriers recommandés musclés. Les raisons du désaccord tiennent dans les conditions de la rupture anticipée du contrat, à la demande d’Azéma, et celles de son retour à l’emploi.

Résiliation du contrat actée : deux versions s’opposent

Le 22 février dernier, le Catalan rencontrait sa direction pour lui signifier son souhait de mettre fin à sa mission en Auvergne à l’issue de cette saison, soit deux ans avant la fin théorique de son contrat (juin 2023). Sa requête était acceptée par le club sur le principe, mais sous conditions. En effet, en droit du travail, il n’est pas possible de démissionner d’un contrat à durée déterminée.

Trois cas de figure, dès lors, pour sortir de l’accord contractuel qui lie les deux parties : faute grave, cas de force majeure ou commun accord. Les deux premiers cas étant inenvisageables, il fallait donc à Azéma et l’ASM trouver un terrain d’entente. Chose qu’ils n’ont pas su faire.

Dans un courrier recommandé daté du 4 mars, l’ASM indiquait à son entraîneur les conditions que le club fixait à sa libération. Elles étaient essentiellement financières, avec une indemnité réclamée si Azéma venait à s’engager en faveur "d’un club concurrent". Comprenez : un autre club de Top 14. À cette époque, tout indiquait un départ vers Montpellier. Un transfert qui ne se fera finalement pas, les deux clubs n’ayant jamais trouvé d’accord financier et le président du MHR, Mohed Altrad étant finalement convaincu par la bonne fin de saison de son équipe pour la laisser aux mains de Philippe Saint-André.

Dès lors, quelle porte de sortie pour Franck Azéma ? D’un côté, Clermont maintient sa volonté de dédommagement de ce qu’elle considère comme un préjudice à la rupture unilatérale du contrat. Des conditions couchées par écrit, en dissociant deux choses : la résiliation du contrat (que le club considère actée) et les conditions du retour à l’emploi de l’entraîneur (sur lesquelles il y a désaccord).

De l’autre côté, l’entraîneur et ses conseils lient les deux sujets, réfutent la validité de la résiliation et parlent d’une clause de non-concurrence, qui inverserait selon eux le prisme des indemnités : pour empêcher l’entraîneur catalan de travailler pour un autre club, dès lors qu’il serait libéré de ses obligations contractuelles avec Clermont, il faudrait que ce soit l’employeur (le club) qui l’indemnise à hauteur de 50 % des sommes restant dues (estimées à 1,2 million d’euros brut patronal).

Ces désaccords profonds, sur des questions de droit du travail, pourraient donc conduire in fine les deux parties vers une procédure prud’homale.

En l’état, la rupture du contrat, souhaitée au 30 juin, n’a pas été actée. "Franck a résilié son contrat. Il ne sera plus là à partir de juillet", affirmait pourtant le président Jean-Michel Guillon dans nos colonnes, le 6 mai dernier. Il s’appuyait sur le courrier officiel de demande de libération qu’avait rédigé son entraîneur.

Dans les faits, l’avenant de résiliation du contrat, pour entériner le départ d’Azéma, n’a pourtant pas été produit à la LNR. Ni par le club, ni par le camp Azéma qui jure ne pas l’avoir signé, au regard des conditions imposées. "Tout simplement, ce sont des conditions contraires au droit du travail. Mais l’ASM tente de passer en force", affirme de son côté un conseil du technicien catalan.

De retour au centre d’entraînement accompagné d’un huissier de justice ?

Avant d’en arriver aux prud’hommes, chaque camp constitue son dossier. Pour l’heure, Franck Azéma s’en tient à la poursuite théorique de son contrat et se considère en vacances. Si rien ne bouge d’ici à la reprise des entraînements (26 juillet), sous la houlette de son ancien adjoint Jono Gibbes, il pourrait alors se présenter au club pour reprendre son activité et éviter de se voir opposer un "abandon de poste". Azéma pourrait d’ailleurs se présenter flanqué d’un huissier de justice, pour faire constater officiellement la situation.

Le club, lui, maintient que le contrat est rompu et tient le bras de fer. Les perspectives d’accord semblent hypothétiques. Vraiment, les histoires d’amour finissent mal…

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