Pilier droit : une « Bamba » retardement

  • Le Lyonnais Demba Bamba fait partie de ces joueurs qui ont une vraie occasion de prouver qu’ils peuvent être autre chose qu’une doublure, sur la scène internationale.
    Le Lyonnais Demba Bamba fait partie de ces joueurs qui ont une vraie occasion de prouver qu’ils peuvent être autre chose qu’une doublure, sur la scène internationale. Photo @FranceRugby - Photo @FranceRugby
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Demba Bamba, annoncé comme un phénomène de puissance et de solidité à droite de la mêlée depuis son éclosion en 2018, peine à s’installer dans la durée. La faute à des blessures à répétition. Cette tournée doit lui permettre d’inverser cette tendance...

Et si cette tournée en Australie, annoncée par de nombreux observateurs tel un véritable piège, se révélait être enfin le moment pour Demba Bamba de s’inscrire dans la durée ? Se poser la question relève de l’évidence. Entre le pilier droit lyonnais et le XV de France, l’histoire n’a rien d’une romance. Au contraire. Dès sa première sélection et bien malgré lui, il se retrouve embarqué dans une sale affaire.

Souvenez-vous. C’était le 24 novembre 2018. Pour la première fois de son histoire, l’équipe de France s’incline contre les Fidji (14-21). Peut-être faut-il déjà y voir un signe pour ce jeune joueur, sacré champion du monde des moins de 20 ans quelques mois plus tôt. La suite ? Elle n’est pas plus reluisante. Entendez par là que le pilier droit, annoncé comme un phénomène de puissance et de solidité, n’a jamais cessé de faire des allers-retours en Bleu, la faute à des blessures à répétition.

Des espoirs immenses, une confirmation en attente

Titulaire lors de quatre des cinq rencontres pour son premier Tournoi des 6 Nations en 2019 et désigné homme du match face à l’Ecosse (victoire 27-10), les espoirs placés en lui se font alors de plus en plus grands, de plus en plus forts. C’est sûr, il est le pilier droit du XXIème siècle, celui qui doit s’imposer à droite de la mêlée tricolore. Il est même retenu pour le Mondial au Japon par le sélectionneur de l’époque, Jacques Brunel, alors qu’il ne peut disputer le moindre rendez-vous de préparation en raison d’une opération d’une hernie discale quelques semaines plus tôt. C’est dire la confiance qui lui est accordée.

Las, sa Coupe du monde se résume à 33 minutes de jeu, tout juste le temps passé sur la pelouse, en remplacement de Rabah Slimani, lors du premier match contre l’Argentine. La cuisse touchée, la mort dans l’âme, il quitte le pays du soleil levant au milieu d’une haie d’honneur formée par ses partenaires, qui poursuivent l’aventure sans lui.

Une tournée en Australie en guise d’aubaine ?

Ses blessures à répétition contraignent logiquement le sélectionneur Fabien Galthié à chercher des alternatives. à force de bégayer avec son destin, Demba Bamba voit éclore Mohamed Haouas lors du Tournoi des 6 Nations 2020. Résultat : il n’est plus, dans l’esprit du staff tricolore, le choix numéro un au poste. En novembre dernier, il ne dispute qu’un seul match avec les Bleus (contre l’Ecosse, 15-22) avant d’être de nouveau blessé. D’abord, c’est une entorse aux cervicales qui l’empêche de prendre part au début du Tournoi 2021. Puis, c’est une déchirure à un ischio-jambier qui l’empêche de revenir. Bilan : il n’a pas encore porté le maillot bleu, cette année.

Forcément, à l’aube de cette tournée en Australie, le Lyonnais est attendu au tournant. Mohamed Haouas n’est pas là, Uini Atonio non plus. Ses concurrents se nomment Sipili Falatéa et Wilfrid Hounkpatin, deux joueurs novices au niveau international. Lui, du haut de ses 14 capes malgré toutes ses absences, a un rang à tenir. Une responsabilité qu’il assume plutôt bien, globalement, dès lors qu’il n’est pas contraint au forfait par un pépin musculaire ici ou là. C’est là tout le paradoxe de Demba Bamba : lorsqu’il est sur le terrain, il déçoit rarement. Sa tenue de mêlée, sa capacité de déplacement et sa faculté à enchaîner les tâches font de lui le prototype du pilier moderne. Encore faut-il qu’il puisse enchaîner les rencontres...

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Arnaud Beurdeley
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