Carbonel, l'occasion manquée

  • Louis Carbonel (France), face à l'Australie.
    Louis Carbonel (France), face à l'Australie. AFP.
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C'est une opportunité que l'ouvreur toulonnais Louis Carbonel espérait depuis longtemps. Souvent déchargé sur cette rencontre, et alors que le XV de France n'a pas pu beaucoup tenir le ballon, il n'a toutefois clairement pas eu l'influence escomptée à Brisbane ce mercredi. Et sa transformation ratée en début de match plombe un peu sa copie. 

Il était un des hommes les plus observés, ce mercredi, du côté français. Dans l’ombre de Romain Ntamack et Matthieu Jalibert depuis presque deux ans, l’ouvreur toulonnais avait eu très peu d’occasions de se montrer sous l’ère Galthié. Et, lors de ses trois seules entrées en jeu avant cette tournée australienne, il n’avait pas été à son avantage. Auteur notamment d’une fin de match décevante en Italie lors du dernier Tournoi des 6 Nations, Carbonel avait même carrément disparu des feuilles de match les semaines suivantes, le sélectionneur lui ayant notamment préféré le polyvalent Anthony Bouthier sur le banc. Autant dire, en l’absence de Ntamack et Jalibert, que le maître à jouer du RCT était très attendu à Brisbane. Alors, quel est le bilan ? À première vue, il est encore plutôt maigre. Si aucune grosse erreur n’est à lui imputer sur la courte défaite des Bleus, Carbonel n’a pas pesé sur le cours de la rencontre comme chacun était en droit de s’y attendre. Voici les enseignements principaux de sa partition :

- Une transformation ratée :

Certes, la réussite d’un buteur est évidemment aléatoire. Toujours est-il que Louis Carbonel n’a pas placé son équipe dans les meilleures dispositions quand il a manqué la première transformation du match, au bout de seulement six minutes. Elle était pourtant en très bonne positon, largement dans ses cordes. La pénalité, qu’il a ensuite convertie à la 19e minute, était d’ailleurs beaucoup plus dure. Preuve que l’ouvreur a tout d’un artilleur de haut niveau. Il a tout de même eu lé mérite de ne plus connaître d’échec, finissant avec un trois sur quatre face aux poteaux. Il a aussi su s’effacer pour laisser Melvyn Jaminet passer un coup de pied lointain en deuxième mi-temps. Mais, à l’arrivée, les deux points laissés en route en début de match sont ceux qui séparent les deux formations au tableau d’affichage.

- Peu de responsabilités sur les sorties de camp :

Il n’en est bien sûr pas le responsable, puisque cela relevait très certainement de la volonté du staff. N’empêche, Louis Carbonel a été grandement déchargé sur tout ce qui concernait les sorties de camp. En effet, c’est son demi de mêlée Baptiste Couilloud qui s’en est essentiellement chargé, ce qui a donné à Carbonel moins de poids sur l’occupation et la gestion globale. Le Varois a voulu être à l’initiative sur une action en première mi-temps où les Bleus ont choisi de repartir de chez eux, mais son petit coup de pied rasant a été contré et a mis le XV de France sous pression. Pas sûr que cela ait été du goût de Fabien Galthié.

- Une certaine timidité dans l’animation :

Face au manque de repères communs et au jeu efficace mis en place par le staff du XV de France, il était forcément difficile pour Louis Carbonel de se positionner, lui qui reste un attaquant hors pair. S’il faut lui reconnaître une jolie inspiration au départ de la séquence qui a mené au premier essai de Gabin Villière, le Toulonnais s’est montré globalement timide dans l’animation. Les chiffres viennent d’ailleurs le prouver. S’il a effectué quatre courses avec ballon et parcouru vingt-cinq mètres, il n’a réalisé que deux passes dans le match selon les statistiques de « ESPN Scrum », un total bien sûr extrêmement faible pour un ouvreur. S’il ne faut pas non plus s’attarder dessus, tant le XV de France a parfois été privé de munitions, il montre toutefois qu’il n’a pas eu l’influence espéré sur la dimension collective.

- Du courage en défense :

Louis Carbonel a évidemment été visé par les attaquants australiens. Et il faut bien avouer que le joueur du RCT, comme à son habitude, a fait preuve de courage et d’abnégation. En fin de première mi-temps, sur une mêlée fermée adverse à cinq mètres de l’en-but français, il a par exemple vu arriver le puissant numéro 8 australien Harry Wilson sur lui mais ne s’est pas échappé et a réussi à faire tomber le Wallaby. S’il a tout de même fini la rencontre avec deux plaquages ratés, ce n’est pas dans ce secteur qu’il a le plus péché. Toujours sur le plan défensif, il a aussi été l’auteur d’une montée rapide et efficace sur Noah Lolesio dans les utlimes minutes, lequel était dans une bonne position de drop, et l’a poussé à rater son geste. Malheureusement, cela n’a pas suffi à faire gagner le XV de France puisque l’Australie est ensuite parvenue à revenir dans les 22 mètres des Bleus.

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