Le baptême de Jaminet vu par Arlettaz

  • Melvyn Jaminet, ici à la réception d’une passe d’Arthur Vincent, a réussi soixante-quinze bonnes premières minutes sous le maillot bleu.
    Melvyn Jaminet, ici à la réception d’une passe d’Arthur Vincent, a réussi soixante-quinze bonnes premières minutes sous le maillot bleu. Photo Photox/Scott Powick - Photo Photox/Scott Powick
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L’arrière perpignanais Melvyn Jaminet (22 ans) était très attendu pour sa première en Bleu. À son avantage une large partie de la rencontre, le buteur aura été un des acteurs malheureux de la fin de match. Son entraîneur à l’Usap analyse et juge.

Le « compte de faits » aurait été tellement beau. Imaginez. Mercredi, sur les coups de 22 heures, heure de Brisbane, Melvyn Jaminet se trouvait à quelques secondes d’enchaîner avec un quatrième bonheur intense, en l’espace d’un mois : après avoir été champion de France de Pro D2 avec l’Usap, avoir reçu sa première convocation en Bleu et honoré sa première titularisation sur la scène internationale, l’arrière touchait du doigt un succès mémorable chez une nation historique du Sud. Là où aucun Bleu ne s’est plus imposé depuis douze ans.

À cet exploit en marche, le Catalan d’adoption avait apporté une jolie contribution. Avec des interventions précises et trois précieux points au compteur, grâce à une pénalité lointaine en moyenne position, convertie avec une épatante assurance. À travers l’écran de sa télé, dans les environs de Perpignan, son entraîneur Patrick Arlettaz l’a trouvé fidèle à lui-même : « Il a réalisé un bon match dans l’ensemble. La physionomie de la partie a fait qu’il a pu peu s’exprimer et qu’il a touché peu de ballons. Mais sur sa seule relance, il a tout de même battu deux défenseurs et trouvé de l’avancée. Il a été précieux sur son premier dégagement avec une belle longueur du jeu au pied et il a prouvé par sa pénalité qu’il était un buteur de très haut niveau qui pouvait faire gagner des matchs. Personne d’autre ne pouvait la prendre. En défense, il a aussi rattrapé un des ailiers en bord de touche, ce qui prouve qu’il va aussi vite que les attaquants australiens. Il est courageux, aussi. Il a eu 75 minutes de haut niveau. » Les cinq restantes ont malheureusement terni son baptême en terres australes. Son mentor souffle : « Après, il y a ce ballon haut qu’il a du mal à maîtriser et il y a évidemment cette dernière action. »

 

« Des sélections, il en aura beaucoup d’autres »

 

Qui a rendu la soirée encore plus mémorable. Pour de mauvaises raisons : « Cette première fois avec le maillot était incroyable mais la fin fait mal à la tête quand même, commentait ainsi l’intéressé après coup. Il nous a manqué une minute pour vivre une soirée parfaite. » L’arrière varois d’origine aura d’ailleurs été le dernier Français à toucher le ballon mercredi. Avant de voir les Wallabies le récupérer. Avec la fin que tout le monde connaît et regrette. Patrick Arlettaz analyse l’instant clé : « à mes yeux, c’est un manque de compréhension. Après la touche,Teddy Iribaren a peur de se faire plaquer en dégageant au pied. Il passe à Melvyn qui se retrouve instantanément sous pression. Il a la crainte, je pense, de perdre le duel et la possession du ballon. Il décide donc se transmettre à Damian Penaud qui était en meilleure position pour avoir un ruck positif et qui a plus de qualités athlétiques pour résister à l’impact. C’est un bon choix. Il ne sort pas de n’importe où en tout cas. Sauf que comme Damian monte pour lui apporter le soutien, la passe n’arrive pas à destination. S’il était resté sur son aile, il aurait sûrement pu négocier comme il le fallait ce dernier ballon. C’est une action malheureuse. Ce sont des choses qui peuvent arriver. »

Si l’action va tourner en boucle sur les écrans et dans les têtes, le retournement de situation final vient de plus loin pour l’entraîneur catalan : « La défaite n’est pas à mettre sur cette incompréhension. Ça fait un moment que ça couvait. Les Australiens nous dominaient en conquête et dans l’intensité. » Ce pétard mouillé en clôture du feu d’artifice ne doit pas occulter tout le reste. À commencer par l’avenir radieux que l’on prédit volontiers à son protégé : « Ça ne remet pas en cause sa prestation ni la suite. Il ne faut pas oublier qu’il est passé du Pro D2 au niveau international sans aller par la case Top 14 ou équipe de France jeunes. Il a montré qu’il pouvait exister à ce niveau. Il a un potentiel hors du commun avec sa longueur de jeu au pied ou encore sa capacité à accélérer et à gagner les duels. Melvyn, c’est un phénomène. » Et Patrick Arlettaz de prendre les paris, sans sourciller : « Des sélections, il en aura beaucoup d’autres, j’en suis convaincu. »

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