Australie - France : un match, trois questions

  • Disputée par Dylan Cretin, la dernière touche du match a été trop cafouillée pour assurer le gain du match.
    Disputée par Dylan Cretin, la dernière touche du match a été trop cafouillée pour assurer le gain du match. Scott Powick - Scott Powick
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Portés par une première demi-heure remarquable, les tricolores ont progressivement baissé de pied jusqu’à céder « logiquement  » après la sirène. la faute à un scenario catastrophe, bien sûr, mais surtout à une conquête brinquebalée et une terrible indiscipline collective. Sans parler, pourquoi pas, d’une petite erreur d’arbitrage au passage…

Le symbole de la dernière touche

 

Comment expliquer que les Bleus ont passé exactement 75 % de la partie dans leur propre camp et n’ont tenu le ballon que 34 % du temps ? En grande partie en raison d’une conquête qui a logiquement souffert, puisqu’amputée de 6 titulaires sur 8… Cela s’est en premier lieu ressenti en mêlée où, même si les Bleus ont bien gêné les Wallabies en début de match (à l’image du premier essai de Villière construit après une récupération de Couilloud sur une introduction australienne chahutée), ils ont fini par considérablement subir après la vague de coaching, au point de concéder trois pénalités cruciales. Mais surtout en touche, où Barlot puis Etrillard ont connu beaucoup de difficultés à toucher leurs sauteurs (deux lancers manqués), ne trouvant pratiquement de solutions qu’en jouant la « carotte » plusieurs fois avec Couilloud… La meilleure preuve réside évidemment dans cette dernière touche mal contrôlée par Cretin devant Swain, où les Bleus peuvent probablement se voir reprocher d’avoir été trop « scolaires » dans leur annonce. Car si on ignore ce qui aurait pu advenir en lançant le ballon sur un premier bloc en avançant, on est en revanche certain que M. Pickerill aurait été obligé de siffler la fin du match si Anthony Etrillard avait eu le vice de ne pas lancer droit, par exemple…

 

L’essai de Hooper était-il valable ? Une action « intelligente » qui pourrait faire jurisprudence

 

Avant la rencontre, le capitaine australien Michael Hooper (105 sélections) comptait à lui seul presque autant de capes que toute l’équipe de France réunie (135). De quoi expliquer que le taulier des Wallabies fut un des grands bonshommes du match, qui a brillé par ses choix stratégiques ainsi que par sa maîtrise des événements ? Sans doute… Car le vécu ne s’achète pas, et que Hooper a précisément prouvé son expérience lorsqu’il marqua son essai à la 71e minute, concluant une séquence proche de la ligne d’un « pick and go  » peu académique. Lequel pourrait bien de faire jurisprudence, tant il semblait indéfendable… En effet, même si on ne saurait exempter Cameron Woki de tous reproches sur l’action (le Bordelais reproduisant ici la même erreur que sur l’essai d’Itoje en Angleterre, en se positionnant beaucoup trop « haut  » en bord de ruck), ce dernier ne pouvait malgré tout pas opposer grand-chose à Michael Hooper, qui eut la malice de mettre son corps en opposition devant le ballon pour mieux le protéger, avant de le déposer dans l’en-but. Mais cette action était-elle bien légale ? Là réside toute la question… Car s’il ne fait aucun doute que Hooper était bien le dernier participant au ruck et avait à ce titre le droit de jouer le ballon à la main, une directive existe depuis le mois d’août 2017 (on parlait alors de « jurisprudence Nakarawa  »), qui précise qu’un joueur doit avoir les deux pieds derrière le ballon au moment de le jouer. Or, à l’évidence, Hooper n’en avait qu’un… De quoi laisser planer un doute, et regretter probablement que M. Pickerill ait accepté l’essai sans effectuer d’appel formel à la vidéo…

 

Pris au piège du hors-jeu, après l’impunité du Tournoi

 

Si le grand public ne retiendra de cette rencontre que son invraisemblable épilogue, la principale raison de la défaite des Bleus se trouve éminemment plus collective, et demeure à mettre sur le compte de son indiscipline. Présentés avant le match par leur manager Raphaël Ibanez comme « la nation la plus disciplinée de l’hémisphère Nord », les Bleus ont failli à leur réputation, sanctionnés à 15 reprises par l’arbitre néo-zélandais M. Pickerill sur la pelouse de Brisbane. « C’est le gros point noir, celui qui nous fait perdre le rythme et pied dans ce match, déplorait le demi de mêlée Baptiste Couilloud. Sur certaines décisions, on peut se dire qu’on est même chanceux. On aurait pu être plus sévèrement sanctionnés.  » Une référence à cet enchaînement de sept fautes consécutives entre la 31e et la 47e, dont 5 dans les dix dernières minutes de la première période, qui auraient largement pu coûter un carton jaune… « On avait l’objectif de ne pas commettre des fautes dans certaines parties du terrain, et on ne l’a pas atteint, confirmait le sélectionneur Fabien Galthié. Ce sera un objectif pour le deuxième test.  » Car si certaines fautes semblaient malheureusement inévitables et renvoyaient directement à la supériorité physique des Australiens (notamment dans le secteur de la mêlée fermée), d’autres auraient en revanche pu être plus « facilement  » empêchées, ainsi que le confirmait Anthony Jelonch. « Nous voulions défendre de manière très agressive et cela les a plutôt bien perturbés, pointait le capitaine. Mais cela nous a parfois coûté cher, car nous avons été à plusieurs reprises sanctionnés pour des hors-jeu de ligne.  » Ce qui s’est vérifié de la 1ère pénalité (interception refusée à Penaud pour un hors-jeu de ligne préalable de Jelonch) à la toute dernière, où Etrillard puis Vincent furent pris sur la même action… Une différence notable avec le dernier Tournoi, où les Bleus n’avaient étonnamment jamais été pris au piège du hors-jeu en cinq matchs.

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