Le miracle australien

  • Michael Hooper et les siens se sont imposés sur le fil face aux Bleus
    Michael Hooper et les siens se sont imposés sur le fil face aux Bleus Icon Sport - Icon Sport
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Les Australiens ne s’attendaient sûrement pas à de tels débuts pour leur saison internationale, face à une équipe de France amoindrie. Il leur fallut attendre la 82e minute du match pour prendre l’avantage, dans un match que les Français auraient dû gagner.

Tous les indicateurs étaient au vert pour les Australiens, avant le coup d’envoi : groupe en stage d’entraînement depuis trois semaines au Queensland, donc loin des clusters de Covid-19 ; des Français obligés de passer 14 jours en quarantaine et, du coup, ne pouvant pas compter sur les finalistes du championnat ; Sydney passant en confinement et obligeant le premier test à se jouer au Suncorp Stadium, le stade fétiche de l’Australie. Et pourtant, ce sont les Français qui ont fait la course en tête pendant tout le match, profitant des erreurs des Wallabies pour prendre rapidement un avantage de 15 points. Des Australiens qui ont mis plus de 20 minutes à se mettre en train, incapables de se trouver sur le terrain. Un joueur focalise tous les regards : le demi de mêlée Jake Gordon.

Blessé très sérieusement au genou lors du match de Super Rugby Trans-Tasman contre les Chiefs, on pensait qu’il ne serait pas remis pour le premier test. Or, il a fait son retour aux entraînements la semaine passé et a convaincu Dave Rennie, le titularisant en lieu et place du séduisant Tate McDermott. Rennie justifia sa présence par sa solidité sur les fondamentaux du poste, notamment son jeu au pied. Mais on a aussi vu son manque de cohésion avec le reste du groupe, qui s’était entraîné avec les deux autres demis de mêlée. Son entente avec son numéro 8 notamment n’était pas très bonne, comme sur la sortie de mêlée qui amène le premier essai français ou sa mauvaise couverture sur le deuxième essai de Villière.


L’emprise des avants


La défense française, très agressive en début de match, a aussi perturbé les attaquants australiens. Du coup, les Wallabies s’en remirent aux avants pour reprendre le contrôle du ballon et accumuler les phases de jeu. On saluera d’ailleurs la patience des avants australiens, capables de multiplier les phases de jeu sans paniquer comme sur l’essai du talonneur Paenga-Amosa, s’appuyant sur une touche dominante. Une patience que l’on retrouva en deuxième mi-temps sur l’essai de Hooper ou encore, sur l’action finale qui amena la pénalité de la victoire. Rennie avait souligné, au moment de l’annonce de son groupe, que l’accent serait mis sur la maîtrise et le contrôle du jeu. On a pu le voir en certaines occasions. Cette maîtrise a finalement permis aux Wallabies de se sortir du piège. « Nous avons trouvé le moyen de gagner même si ce fut dur. Les avants ont été énormes. Mais on commet trop de petites erreurs et on manque trop d’occasions » déclarait Michael Hooper à l’issue du match. Un capitaine impérial, omniprésent dans le jeu mais aussi par son leadership qui a permis aux siens de l’emporter.


Un groupe qui va progresser


Dave Rennie n’était pas dupe. Soulagé par ce qui est sa deuxième victoire seulement à la tête des Wallabies (pour trois matchs nuls et deux défaites), il a mis l’accent sur les failles australiennes : « On gagne ce match à la dure. On donne trop d’avance aux Français et il nous a fallu nous battre jusqu’au bout pour arracher cette victoire. Nous manquons de précision, ce qui fait qu’on rate trop d’occasions qui, si elles avaient abouti nous auraient permis d’être plus sereins. Le banc a beaucoup apporté ce qui est une bonne nouvelle. » La bonne nouvelle pour Rennie et ses troupes est que, maintenant que ce premier test est derrière eux, ils vont progresser. Les jeunes auront beaucoup appris de ce match, tel l’ouvreur Noah Lolesio, qui fit un sans-faute sur ses coups de pied placés mais qui manqua deux drops.

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Jacques Broquet
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