Saga Nevers - Un cocktail d’audace et d’expérience

  • Le demi de mêlée Joris Cazenave mènera à nouveau le paquet d'avants de l'USON la saison prochaine.
    Le demi de mêlée Joris Cazenave mènera à nouveau le paquet d'avants de l'USON la saison prochaine. Icon Sport - Icon Sport
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Arrières > Blessé au printemps, Kylian Jaminet a fait défaut dans les matchs clés de la fin de saison, avec sa solidité sous les ballons hauts, sa puissance et son coup de pied. Son retour n’est pas attendu avant novembre. D’ici là, l’Uson pourra compter sur Romaric Camou, son meilleur marqueur d’essais (huit) l’an passé, et sur ses appuis virevoltants ; l’ancien Rochelais a véritablement pris son envol dans la Nièvre, à l’arrière comme à l’aile. Arrivé de Massy avec l’ambition de donner un second souffle à sa carrière, Benjamin Dumas présente un profil de poche similaire à celui de Romaric Camou, et des qualités de vitesse et d’appuis peaufinées à VII.

Ailiers > Parti à Castres, le totémique Josaia Raisuqe sera peut-être remplacé dans le cœur du public du Pré-Fleuri par Christian Ambadiang, jeune et surpuissant Camerounais arrivé d’Afrique du Sud en cours de saison (voir ci-dessus). Le club a fait revenir Andrzej Charlat, qui avait connu les années de Fédérale 1, de 2014 à 2017, jusqu’à l’accession avant de partir, bloqué par la concurrence, à Beaune (Fédérale 2) puis Bourg-en-Bresse et Provence Rugby, où il a éclaté ces deux dernières saisons (13 essais) ; l’électrique Vichyssois devrait retrouver ses marques sans tarder dans un jeu neversois basé sur la vitesse. Fidèle au poste, Lucas Blanc a souvent rongé son frein ces dernières années mais su saisir sa chance chaque fois qu’elle lui a été redonnée. Idem pour Stéphane Bonvalot, l’un des « historiques » Mohicans du club (dix saisons).

Centres > Le secteur est l’un des plus stables de l’intersaison. L’espoir fidjien Alivereti Loaloa a été l’une des belles surprises de l’an passé, affichant une solidité défensive et une justesse dans le jeu remarquables pour son âge. Il a formé le binôme le plus régulier et le plus complémentaire avec Rudy Derrieux, auteur sans doute de sa meilleure saison en bord de Loire. Le roc François Herry et le fluide Léonard Paris auront à cœur de retrouver une place de choix dans la rotation après une saison contrariée par les blessures. Le Néo-zélandais Aviata Silago vient de Montauban avec un intéressant profil polyvalent (ouvreur et centre).

Ouvreurs > Arrivé durant l’été 2020 pour succéder au surdoué Zack Henry, le Sud-africain Shaun Reynolds n’a pas eu le temps de faire ses preuves, genou en vrac dès mi-octobre. L’ancien joueur des Lions, enfin remis, vivra donc sa véritable première saison sous les couleurs de l’Uson. Son absence, et le faux bond de son remplaçant Rory Jennings (« rapté » juste avant de signer par l’ASM Clermont Auvergne), ont permis l’éclosion accélérée de Tanguy Ménoret, « gamin » de 19 ans qui a séduit par son culot en attaque et tenu la baraque pendant toute la saison. Membre de la phalange historique du club, Nicolas Vuillemin reste une « valeur refuge » pour le staff, par sa motivation indéfectible et la qualité de son jeu au pied.

Demi de mêlée > Buteur fiable en l’absence de Shaun Reynolds et efficace meneur d’hommes, Joris Cazenave s’est imposé comme titulaire à son poste depuis son arrivée à Nevers en 2019. L’ex-Columérin a vécu une saison pleine (19 matchs, 152 points) et joué un rôle clé dans la remontée du club dans les six premières places au cœur de l’hiver. Revenu au club l’an passé, Guillaume Manevy a prouvé que le staff avait eu raison de lui faire confiance, en injectant notamment une dose de vitesse dans le jeu de son équipe. Après une saison cauchemardesque à Agen, où il avait été prêté par Toulon, Yoan Cottin débarque dans la Nièvre avec l’envie certaine de retrouver du plaisir et de la sérénité.

Numéros 8 > Le Sud-africain Shaun Adendorff (29 ans) est la recrue la plus expérimentée. Le numéro 8 des Northampton Saints (13 matchs l’an dernier dont deux de Champions Cup) n’est pas un inconnu pour les spectateurs de Pro D2, qui l’ont vu à l’œuvre les deux précédentes saisons sous les couleurs d’Aurillac, où ses dix essais ont marqué les esprits autant que sa puissance et sa dureté à l’impact. La concurrence reste néanmoins rude à ce poste, avec l’inaltérable Hugo Fabrègue, précieux l’an dernier par sa robustesse en deuxième ligne, et Jason Fraser, dans un registre plus mobile. L’espoir Robin Gascou a fait mieux que dépanner l’an passé ; son apprentissage du haut niveau devrait se poursuivre cette saison.

Troisième ligne aile > L’Uson est bien dotée dans ce domaine, avec l’inusable Hugues Bastide, qui aura faim de revanche après une saison compliquée, la révélation Luka Plataret (voir ci-dessous), Julien Kazubek et Théophile Cotte. L’Australien Charlie Rorke, prêté par le Stade français en cours d’année, a montré une vigueur défensive prometteuse avant de se blesser ; il devrait être de retour en octobre. Jean-Baptiste Manevy est lui aussi attendu après une saison blanche. Prêté par l’ASM, Kevin Noah a les atouts physiques pour bousculer la hiérarchie.

Deuxième ligne > Le géant irlandais Frank Bradshaw aura été l’an dernier le seul joueur pratiquement épargné par la phénoménale poisse qui a touché la deuxième ligne neversoise. L’ancien joueur d’Auch est un… pilier du pack, que ce soit par sa lecture de la touche adverse ou par sa mobilité et sa dextérité étonnantes pour ses 208 centimètres. Longtemps blessé, le leader de combat Thomas Ceyte a manqué la moitié de la saison et confirmé par son absence son importance dans le jeu neversois. Il fera son retour au même titre que Maxence Barjaud, dont l’année a également été abrégée par une blessure. Prêté l’hiver dernier par le Racing 92 au plus fort de la tornade de pépins, Fabien Witz prolonge son bail dans un groupe où il s’est signalé notamment par sa bravoure et son engagement.

Piliers > à gauche, la stabilité est de mise, à l’exception (notable) du départ du colossal David Lolohea ; les « anciens » Max Curie et Jordan Sénéca restent des pierres angulaires, malgré les blessures qui ont également touché le Géorgien Tornike Mataradze. L’espoir Aïtor Kitutu a su tirer son épingle du jeu l’an dernier et prendre du galon dans la hiérarchie. À droite, le club a vu partir ses deux titulaires vers le Top 14, Nemo Roelofse (Stade français) et Guram Papidze (La Rochelle). Arrivé d’Angleterre en cours de saison, Farai Mudariki a présenté des garanties intéressantes en mêlée et dans le jeu. À un poste où le métier prime, Nevers fait le pari de la jeunesse avec l’espoir Oktay Yilmaz et le jeune joueur prêté par le Racing, Aselo Ikahehegi. Mais n’écarte pas la piste d’un renfort d’expérience.

Talonneurs > Pour sa dernière année chez les espoirs, Janick Tarrit a basculé dans une autre dimension l’an passé, devenant numéro 1 à son poste et prenant les galons de capitaine. Le joueur formé au club vient de boucler ses études d’ingénieur et attaque donc sa première année de rugbyman professionnel à plein temps avec une motivation surmultipliée. L’ancien joueur du Racing 92 Issam Hamel a connu une première saison réussie à Nevers (7 essais), à confirmer. Le « retraité » Jean-Philippe Genevois est remplacé par un joueur arrivé en prêt de l’ASM, Quentin Beaudaux, dont les 21 ans complètent un trio juvénile mais fougueux.

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Sébastien Chabard
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