Technique - Un centre, deux sorties, un essai

  • Gabin Villière a été la conclusion d'une belle combinaison initiée aux quarante mètres australiens. Gabin Villière a été la conclusion d'une belle combinaison initiée aux quarante mètres australiens.
    Gabin Villière a été la conclusion d'une belle combinaison initiée aux quarante mètres australiens. Icon Sport - Icon Sport
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Le deuxième essai de Gabin Villière, lors du premier test contre les Wallabies, est le fruit d’une combinaison imaginée par l’entraîneur de l’attaque Laurent Labit. Une combinaison qui marche quasiment à tous les coups et qui se décline à toutes les sauces. Explications. 

Certes, le XV de France s’est incliné lors du premier test. Certes, la défaite s’est révélée cruelle. Mais, sur les contenus proposés, ces Bleus n’ont pas eu à rougir. Au contraire. Quand les Australiens ont inscrit leurs essais sur du jeu à zéro ou une passe, les joueurs de Fabien Galthié, dès lors qu’ils ont eu un tant soit peu la possession du ballon, ont proposé une animation offensive intéressante. Un exemple ? Ce nouvel essai inscrit en première main par Gabin Villière, le second de cette rencontre. À bien y réfléchir, à l’heure des analyses vidéos à outrance, comment l’Australie a-t-elle pu se laisser transpercer de cette façon ? La question s’impose d’autant plus fortement que Dave Rennie, sélectionneur australien, exerçait il y a encore peu de temps du côté des Glasgow Warriors en Ecosse… Parce que cet essai n’est rien d’autre que la copie conforme de celui inscrit par Virimi Vakatawa lors de la rencontre face au XV du chardon, en Coupe d’Automne des Nations.


Souvenez-vous. C’était en novembre dernier. Sur un lancement après mêlée, le demi de mêlée Antoine Dupont sert Gaël Fickou, sur qui la défense se focalise, qui remet immédiatement à l’intérieur à son ailier Vincent Rattez. Et si Villière, mercredi dernier, a réussi à conclure seul en raison du positionnement de l’arrière australien très à l’extérieur, en novembre, l’ailier montpelliérain avait retrouvé son trois-quarts centre Virimi Vakatawa pour terminer cette action en première main en raison du retour d’un des deux ailiers écossais, couvrant le fond de terrain.


Adaptable sur d’autres lancements

 

À chaque fois, évidemment, les timings des courses se sont révélés au plus que parfait. La précision des transmissions aussi. Mais la réussite de cette combinaison tient également à un paramètre difficilement prévisible : la défense du demi de mêlée adverse.
En novembre dernier, Ali Price, le vis-à-vis de Dupont, trop soucieux de défendre sur ce dernier et d’éviter un redoublement de passe avec son trois-quarts centre, ne fermait pas l’intervalle et suivait le demi de mêlée français. Une erreur fatale commise également mercredi dernier par Jake Gordon. Sur le lancement opéré derrière une nouvelle mêlée fermée, le demi de mêlée australien ne s’intéressait pas au ballon, ne faisait que suivre Baptiste Couilloud passant dans le dos de Jonathan Danty. Résultat : Villière se voyait offrir un boulevard droit devant, d’autant plus grand que Dylan Cretin ne manquait pas de ralentir le départ du flanker et capitaine Hooper… « En faisant venir le centre, qui touche le ballon en premier sur le lancement, avec l’ailier à son intérieur, ça pose forcément un problème pour les défenses, détaille Laurent Labit. Exemple : l’ouvreur australien Lolesio, nous avions noté qu’il défend très au large de la mêlée, ce qui contraint le demi de mêlée à faire le tour pour venir assez vite défendre à son intérieur. Si le demi de mêlée adverse suit le nôtre, notre premier centre n’a qu’à jouer à l’intérieur avec l’ailier. Ce genre de situation permet forcément la prise d’un intervalle. Et si l’on ne marque pas forcément en première main, ça génère de l’avancée pour l’équipe. C’est même très dur à rattraper comme situation. D’autant plus dans le système australien, où l’arrière défend très à l’extérieur du terrain. En revanche, si le demi de mêlée reste à l’intérieur de l’ouvreur, nous avons une autre sortie pour avoir une opportunité sur l’extérieur. Ce qui s’est passé contre l’Angleterre dans le dernier Tournoi.  »


Parce qu’elle se situe là, la subtilité. Cette combinaison se décline également après un lancement sur touche. « Et c’est exactement la même qui a permis à Damian Penaud de marquer face à l’Angleterre », jubile encore Laurent Labit, initiateur de cette combinaison. Flashback, sur un essai qui a marqué les esprits: un lancer en touche directement sur le premier centre, ça n’arrive pas tous les jours au niveau international. Sur ce coup-là, le demi de mêlée anglais avait bien fermé l’intervalle de l’ailier français, incitant Fickou à redonner à Dupont pour aller sur l’aile de Penaud. Avec une franche réussite. Peut-être une idée pour le deuxième test face aux Wallabies, histoire de varier les plaisirs…

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