Gaëtan Barlot : « Cette tournée, c’est beau et triste à la fois »

  • Gaëtan Barlot est une des révélations de cette tournée du XV de France en Australie.
    Gaëtan Barlot est une des révélations de cette tournée du XV de France en Australie. Photox - Scott Powick
Publié le , mis à jour

Titulaire lors des trois tests-matchs face à l’Australie a été l’une des révélations de cette tournée. Au point de bousculer la hiérarchie établie au poste ?

Quel est votre sentiment à l’issue de ce dernier test-match, perdu de très peu ?

C’est terriblement frustrant ! Nous nous étions donné le droit de jouer une finale, nous y avons cru jusqu’au bout et… (il souffle longuement) Cette tournée, c’est beau et triste à la fois, me direz-vous. C’est beau parce que lorsque la liste des joueurs retenus pour cette tournée est tombée au lendemain des demi-finales du Top 14, je n’aurais jamais cru qu’on pourrait être si vite à un tel niveau. Mais c’est triste, finalement, de ne pas avoir réussi à remporter cette tournée. Surtout avec un tel scénario.

Justement, parlons-en du scénario : le carton rouge vous a-t-il perturbés ? Auriez-vous autant relancé depuis votre camp, sans cette supériorité numérique ?

Si nous avons joué de cette façon, je pense plutôt que c’est le résultat d’un travail effectué tout au long de la tournée. Entre le premier et le dernier match, il y a trois semaines d’entraînements supplémentaires. Sur le premier test, personne ne se connaissait vraiment bien. On ne partait pas dans l’inconnu, car le staff avait bien balisé la performance de chacun, mais quand même. On a bien senti qu’on se trouvait plus facilement sur ce dernier match, grâce aussi à une ossature qui a été conservée sur l’ensemble de la tournée.

Malgré cette défaite dans le dernier test-match, synonyme d’échec pour le gain de la tournée, jugez-vous cette dernière positive ?

Elle est ultra-positive. C’est la première fois depuis que Fabien Galthié est sélectionneur que le XV de France affrontait une nation majeure de l’hémisphère Sud. Une nation qui, rappelons-le, a battu la Nouvelle-Zélande en novembre dernier. Je crois que pour le staff et pour cette équipe de France, c’est une belle avancée. Nous en savons un peu plus sur notre potentiel.

Quel bilan personnel faites-vous de cette tournée ?

Je suis heureux d’avoir découvert le très haut niveau, d’avoir porté le maillot de l’équipe de France. J’ai pu jauger tout ce qui me sépare encore du plus haut niveau international, tous les détails à mieux appréhender pour être performant à cet échelon. Sur ce dernier match, je suis tout de même un peu déçu d’avoir perdu ces trois ou quatre ballons en touche. Nous n’étions pas bien réglés. Mais j’ai au fond de moi une immense fierté d’avoir été titularisé sur les trois rencontres. Surtout que nous n’avons jamais été ridicules, face à une nation aussi prestigieuse que l’Australie. Au contraire.

Vous attendiez-vous à commencer les trois rencontres de cette tournée ?

Ah non, pas vraiment ! Quand j’ai appris ma sélection, mon objectif était d’accrocher au moins une titularisation ou d’essayer de jouer des bouts de matchs. Quand j’ai appris que j’allais débuter le premier, j’étais déjà très heureux. Et puis, tout s’est bien goupillé, j’ai enchaîné les matchs. J’ai le sentiment, globalement, d’avoir répondu aux attentes du staff.

Vous étiez encore en Pro D2 l’an dernier : pensiez-vous, dans votre for intérieur, être capable de rivaliser au niveau international sur trois matchs en dix jours ?

Jamais de la vie. À dire vrai, je ne m’étais même pas posé la question. Pour moi, c’était déjà un saut dans l’inconnu en arrivant à Castres, en début de saison. Le Top 14, c’était une découverte à plusieurs titres. Physiquement, je ne savais pas si je serais capable de tenir le rythme. J’arrivais d’un championnat, le Pro D2, où il y a une semaine de repos toutes les quatre rencontres, quinze jours de vacances à Noël et une intensité bien moins forte. Alors, enchaîner trois matchs internationaux contre l’Australie après une saison de treize mois avec le CO, je dois avouer que je me découvre des capacités dont je ne soupçonnais pas l’existence. Et, pour tout dire, j’en suis plutôt fier, même si les vacances vont me faire le plus grand bien.

Pensez-vous avoir marqué des points, pour bousculer la hiérarchie des talonneurs ?

Vous savez, il y a d’excellents talonneurs en équipe de France avec Julien Marchand, Pierre Bourgarit, Camille Chat ou encore Peato Mauvaka. Mais c’est une aubaine pour l’équipe de France. Cette tournée a permis de révéler de nombreux joueurs. Personnellement, j’ai donné tout ce que je pouvais. Je vais continuer à travailler avec mon club, à donner le meilleur de moi-même. Et on verra bien…

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