Une défaite, mais tant de succès pour le XV de France en Australie

  • Les Bleus se sont inclinés en Australie, mais ils ont une nouvele fois gagné le coeur des Français.
    Les Bleus se sont inclinés en Australie, mais ils ont une nouvele fois gagné le coeur des Français. Photox - Scott Powick
Publié le , mis à jour

Malgré la défaite de l’ultime test (33-30), samedi à Brisbane, qui les prive d’un sacre historique en tournée, les Bleus n’ont pas perdu de temps en Australie : ils ont donné du plaisir à leurs supporters, révélé de nombreux joueurs au niveau international et gonflé leur vivier pour l’avenir. Tout bénéfice.

On dit souvent que l’Histoire ne retient que les vainqueurs… Pas faux. Mais, s’il vous plaît, pour cette fois, cette toute petite fois, on va demander à l’Histoire d’aller se faire cuire un œuf. Pourquoi ? Parce que cette équipe de France, bricolée sans les super-héros toulousains, sans les surpuissants Rochelais ni une flopée de cadres (citons, pêle-mêle, le capitaine Charles Ollivon, son lieutenant Gaël Fickou, Baptiste Serin, Virimi Vakatawa, Paul Willemse, Bernard Le Roux, Mohamed Haouas, Camille Chat etc.) nous a filé la banane, des frissons et nous a levés de nos canapés un paquet de fois pendant trois matchs ! Jusqu’à cette finale, ce match dingue qui en valait bien deux tant il fut riche en émotions, rebondissements, exploits personnels, collectifs et en coups durs pour les deux équipes.

« Leur » essai du bout du monde

En parlant d’exploit collectif, on retiendra comme symbole de cette tournée le sublime essai de 90 mètres conclu par le centre Pierre-Louis Barassi, en deuxième mi-temps. Une réalisation pleine de flair, d’audace et de talent qui montre encore tout le potentiel offensif de cette équipe de France. Tout commença d’une initiative de Baptiste Couilloud, qui joua dans le côté fermé de sa mêlée avec Teddy Thomas. Le Racingman accéléra, tapa pour lui-même derrière son adversaire Reece Hodge et servit son demi de mêlée venu à son intérieur. Couilloud fixa un autre défenseur pour son ouvreur Antoine Hastoy, qui eut la lucidité de sauter l’infatigable Arthur Vincent (mais où ce gamin de 21 ans trouve-t-il toute cette énergie ?) pour alerter un peu plus loin Pierre-Louis Barassi, qui conclut l’action d’un sprint de 30 mètres.

Le Lyonnais Pierre-Louis Barassi a été à la finition de l'essai de 100 mètres des Bleus.
Le Lyonnais Pierre-Louis Barassi a été à la finition de l'essai de 100 mètres des Bleus. Photox - Scott Powick

Des « bizuths » magnifiques

Au-delà de cette réalisation « made in French Flair », les joueurs et l’encadrement du XV de France peuvent être satisfaits de cette tournée qui, non contente de nous avoir fait prendre un sacré pied, a aussi permis à une bande de sans-noms de montrer à tout le monde qu’ils avaient le niveau international. N’y voyez aucune forme d’injure : eux-mêmes ne le savaient pas.
C’est précisément ce que nous dit, ci-contre, le détonant talonneur castrais Gaëtan Barlot qui doit se pincer tous les matins pour s’assurer qu’il n’est pas dans un film de Christopher Nolan.

Certes, le jeune deuxième ligne du Stade français Pierre-Henry Azagoh avouait, à l’issue de la rencontre, qu’il existait « un vrai palier entre le Top 14 et le niveau international », où « tout va beaucoup plus vite » et où « il y a beaucoup plus d’exigence. » Mais on n’aurait jamais imaginé que cette équipe de supposés seconds couteaux allait pousser une nation du Sud dans ses derniers retranchements : « C’était difficile car on était, selon les articles dans les médias, les bizuths mais je pense qu’on a tous répondu présents dans cet événement-là. » Et comment.

En répondant « présents », les néo-capés ont montré à Fabien Galthié qu’il n’avait pas un groupe de 45 joueurs en vue du Mondial 2023, mais bien de 70. Alors certes, il faudra pondérer le bilan de cette tournée à l’aune du résultat (les Bleus ont tout de même perdu, alors que le premier et le troisième tests étaient largement à leur portée) ainsi qu’à la qualité de cette équipe australienne en pleine reconstruction. Mais ce qui est sûr, c’est que la nouvelle vague tricolore va encore accroître la concurrence au sein du XV de France en vue de 2023. Et gare à celui qui s’endort en chemin…

Jelonch, capitaine « heureux »

Pour l’heure, les Bleus vont pouvoir revenir au pays avec le bonheur d’avoir vécu « quelque chose de magique », dixit Azagoh. Et ce n’est pas le capitaine Anthony Jelonch qui vous dira le contraire : « Nous avons passé une aventure exceptionnelle, nous avons créé des liens énormes avec certains que je ne connaissais pas et que j’ai découverts ici. Même s’il n’y a pas la victoire au bout de cette tournée, je suis très fier de toute l’équipe. Ce sont des amis à présent. Nous allons maintenant rentrer voir nos familles et je pense qu’elles sont fières de nous, tout comme le public français même si nous n’avons pas remporté la tournée. Ce n’est que du positif, malgré tout. Je suis quand même un capitaine heureux. » Et nous avec lui.

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