Bilan des joueurs : Danty-Vincent, les incontournables

  • Les centres Arthur Vincent et Jonathan Danty s'y prennent à deux pour stopper Tom Banks.
    Les centres Arthur Vincent et Jonathan Danty s'y prennent à deux pour stopper Tom Banks. Icon Sport
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En l’absence de nombreux titulaires habituels du XV de France, de nouveaux leaders devaient émerger et prendre les rênes de l’équpe. Chose faite.

Bien sûr, au rayon des cadres qui se sont révélés et imposés lors de cette tournée australienne, on retient en premier lieu le capitaine Anthony Jelonch. Il n’est pas seul. Pour l’épauler, le néo-Toulousain a d’abord pu s’appuyer sur une paire de centres expérimentés et rompus au niveau international. Jonathan Danty et Arthur Vincent, au milieu du terrain, c’est l’autre grande satisfaction de cette tournée. Deux joueurs installés en Top 14, des valeurs sûres de notre championnat et des éléments qui profitaient déjà d’une expérience internationale récente. Cela pèse, forcément, dans un groupe qui comptait pour moitié de novices.
Dans leurs comportements, les attentes placées en eux ont été satisfaites. Dès les premières minutes du premier match, on comprit que Danty allait jouer un rôle important, dans cette tournée. Dès que les Bleus souffraient, il prenait la parole, encourageait, rassurait. Il montrait surtout l’exemple par son investissement au combat : redoutable plaqueur, il permettait au XV de France d’inverser la pression dans les moments les plus chauds. Interrogé sur sa performance personnelle au soir du premier test, Danty mettait d’ailleurs en avant cette approche plus collective. « Le groupe reste le plus important. Ce n’est pas forcément évident car nous n’avons pas eu vraiment de moments sympas, jusqu’à présent. Nous étions enfermés dans notre bulle sanitaire. Mais tout le monde a joué le jeu et a travaillé dur pour répondre sur le terrain. » Il en fut le plus bel exemple.
À côté de lui, à seulement 21 ans, Arhtur Vincent n’a pas la même expérience du haut niveau mais sa précocité lui permet de déjà faire office de « joueur cadre ». Capitaine des juniors champions du monde en Australie (2019), déjà capitaine également dans son club, le Montpelliérain arrive à maturité plus tôt que les autres. En Australie, il a tenu sans flancher ce rôle de leader. Par les mots, bien sûr, mais aussi par son emprise sur le jeu : Vincent, c’est un QI rugby très au-dessus de la moyenne. Dans le contexte de ces trois matchs où les Bleus ont surtout défendu, il fut celui qui guidait le rideau français, faisait les bons choix au bon moment.
Pour les deux joueurs, la performance défensive du deuxième test-match (victoire 26-28) tient du chef-d’œuvre. « Quand je vois que la paire de centres Danty- Vincent a réalisé quarante plaquages, c’est impressionnant. Les mecs se sont envoyés comme des chiens », appréciait, à leur sujet, Yann Delaigue, dans notre édition de vendredi (16 juillet).


Villière, désormais une évidence ?

Autre joueur déjà rompu aux joutes internationales et dont on attendait beaucoup, le Bordelais Cameron Woki a séduit et s’installe clairement dans le groupe France. Le Toulonnais Gabin Villière n’a pas déçu, lui non plus. Auteur de deux essais lors du premier match et, surtout, diablement efficace sur toutes ses interventions, il se révèle d’une solidité redoutable, notamment dans le secteur défensif où il sécurise systématiquement sa zone, en bout de ligne. Pour lui, qui faisait partie des rares à arriver en Australie avec la concurrence habituelle à son poste, cette tournée estivale aura eu tous les bénéfices : il en repart avec un statut de titulaire en puissance, malgré son forfait pour le troisième match en raison d’une entorse à une cheville. Une blessure contractée tôt dans le deuxième test, et qui ne l’aura pas empêché de disputer l’intégralité de la rencontre, provoquant ainsi les louanges de son sélectionneur après la victoire à Melbourne : « On prépare nos joueurs à combattre. Gabin est un exemple pour nous. Il a su faire preuve d’un courage, d’une dureté mentale… Je n’ai pas les mots quand on voit l’ampleur de sa blessure et son match pendant 80 minutes. Il s’est relevé et a livré une partie incroyable. » Villière semble désormais faire l’unanimité, au point que les deux autres ailiers des Bleus, Thomas et Penaud, devront sûrement se partager l’autre aile à l’avenir.

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