Revue de l'élite : les demis d'ouverture

  • Matthieu Jalibert a, comme son équipe, réalisé une superbe saison. Matthieu Jalibert a, comme son équipe, réalisé une superbe saison.
    Matthieu Jalibert a, comme son équipe, réalisé une superbe saison. Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

Homme fort de l’UBB durant toute la saison, Jalibert s’est même imposé comme le « numéro un bis » en sélection.

#1 Matthieu Jalibert, plaisir des yeux, désir des Bleus

 

Durant la première année de l’ère Galthié, la question ne se posait même pas concernant le nom de l’ouvreur titulaire en équipe de France. C’était évidemment Romain Ntamack et, si Matthieu Jalibert a toujours fait partie des plans de l’ancien demi de mêlée, c’était avant tout pour être sa doublure. La plus belle performance du Bordelais se situe certainement là cette saison : avoir chamboulé la hiérarchie pour s’imposer comme le « numéro un bis » chez les Bleus. Le duel entre les deux hommes fait le bonheur de tous : observateurs, techniciens et… Membres du staff des Bleus qui possède là deux incroyables talents.

En l’absence du Toulousain, Jalibert avait déjà marqué de précieux points lors de la finale de Coupe d’Automne des Nations en Angleterre, en décembre dernier, dans une équipe pourtant largement remaniée. Il a ensuite su enchaîner durant le Tournoi des 6 Nations, pendant que « NTK » se soignait. Toujours aussi à l’aise sur le plan offensif, où son instinct, sa vitesse et sa technique individuelle font des ravages dans les défenses adverses, il a aussi progressé dans la gestion des rencontres. Au-delà, il s’est souvent montré décisif dans les moments clés. Avec l’UBB, qu’il a porté durant tout l’exercice, il avait par exemple converti une pénalité de plus de cinquante mètres dans les arrêts de jeu contre le Racing 92 en quart de finale de Champions Cup pour qualifier les siens. Et si la formation girondine s’est qualifiée pour la première fois de son histoire en phase finale du Top 14, il n’y est évidemment pas étranger.

 

#2 Romain Ntamack, tellement plus qu'un deuxième

 

Dans un monde idéal, il aurait été injuste de séparer Matthieu Jalibert de Romain Ntamack. Sans les blessures qui ont émaillé sa saison, le privant de la première moitié du dernier Tournoi des 6 Nations, avant de lui faire rater la finale du Top 14, l’ouvreur toulousain aurait légitimement pu prétendre à la première place de ce classement. Mais il faut bien nommer un numéro un et les aléas en ont éloigné le champion du monde des moins de 20 ans. Pourtant, sur le simple plan sportif, l’intéressé a encore franchi un cap cette saison en club. À Ernest-Wallon, comme il le souhaitait, il a été fixé à l’ouverture et forme une charnière incontournable avec son compère Antoine Dupont. Notamment royal durant toute la campagne européenne, lui qui fut le buteur des Rouge et Noir durant la phase finale en l’absence de Thomas Ramos, Ntamack a encore montré un sang-froid à toute épreuve. Et sa faculté à faire jouer autour de lui est de plus en plus impressionnante. Une chose est sûre : il jouera encore beaucoup de finales.

 

#3 Benjamin Urdapilleta, le Puma éternel

 

À l’image du Castres olympique, Benjmain Urdapilleta avait réalisé une première partie de saison plutôt discrète. Mais, à partir de la fin du mois de décembre, il est clairement monté en puissance pour être littéralement exceptionnel en fin d’exercice. Meilleur réalisateur du championnat, avec 321 points inscrits au terme de la phase régulière, l’international argentin est redevenu ce leader de jeu unique, capable de transcender son équipe. En février dernier, il a même atteint un sommet contre Montpellier en marquant trente-trois points, signant ainsi le nouveau record dans un match de Top 14. Au-delà, à 35 ans, il a démontré qu’il demeurait un compétiteur hors pair, à la grinta si souvent soulignée. En fin de contrat avec le CO, son nom avait circulé ailleurs, avant que le club et le joueur trouvent un accord pour prolonger le plaisir une saison supplémentaire. Au vu de son rendement, ce n’est sûrement pas une mauvaise idée.
 

Les surprises : Segonds, Hastoy et Hervé, l'autre relève

 

Ce n’est pas un hasard de les retrouver aujourd’hui dans le groupe des Bleus, actuellement en tournée en Australie. En l’absence de Romain Ntamack et Matthieu Jalibert, Antoine Hastoy et Joris Segonds ont été appelés par Fabien Galthié. Et c’est logique. Le Palois devait endosser cette saison la lourde responsabilité de reprendre définitivement le flambeau du All Black Colin Slade en club. Il y est parvenu avec brio. Dans une équipe qui a manqué de consistance et qui a vite plongé dans le bas du classement, lui a pesé de tout son poids et fut l’une des grandes satisfactions. Toujours inspiré offensivement, il fut aussi un buteur efficace. Revenu de blessure dans la dernière ligne droite, il était titulaire lors du match du maintien contre Montpellier, reléguant le Springbok Elton Jantjes sur le banc.

À Paris, Segonds a aussi réalisé un exercice remarquable. Indispensable dans le dispositif de Gonzalo Quesada, et premier choix devant le Puma Nicolas Sanchez, il a notamment impressionné par son assurance au pied, lui qui a fini deuxième meilleur réalisateur du championnat. D’autant que sa marge de progression, à 24 ans, semble encore immense. Le constat est sensiblement le même pour Enzo Hervé à Brive. Alors que Stuart Olding et Thomas Laranjeira, les deux métronomes de la ligne de trois-quarts corrézienne, ont passé du temps à l’infirmerie, lui a su prendre les choses en mains avec une autorité détonante. Excellent au pied et inspiré dans le jeu, il s’avance désormais comme le dépositaire du jeu du CABCL. Deux autres jeunes, le Palois Thibault Debaes et le Montpelliérain Louis Foursans-Bourdette ont pointé le bout de leur nez.

 

Les déceptions : Russell, Lozowski et Sanchez en déficit

 

Ce sont les cas les plus marquants parmi ceux qui n’ont pas tenu leur rang : Finn Russell, Nicolas Sanchez et Alex Lozowski. L’ouvreur du Racing 92, attaquant génial capable de faire des différences à n’importe quel moment, reste ce joueur irrégulier qui manque de consistance dans les grands rendez-vous. Si bien que la question de savoir si les Ciel et Blanc remporteront un titre avec l’écossais à la baguette se pose. De même, Sanchez n’évolue pas au niveau des attentes au Stade français. Titulaire indiscutable avec les Pumas et considéré comme un des meilleurs ouvreurs du monde, il doit se contenter d’un rôle de remplaçant de luxe dans la capitale. Si Lozowski a été un des grands acteurs de la bonne fin de parcours du MHR, cela ne suffit pas à sauver le bilan de l’Anglais, au vu du pedigree de l’ancien pensionnaire des Saracens. Enfin, malgré un bon début de saison, le Rochelais Jules Plisson n’a pas retrouvé son niveau après sa blessure, ni sa place laissée à Ihaia West.
 

Classement :

1. Matthieu JALIBERT    
UBB - Né le 6/11/1998 - 1,80 m ; 86 kg
Temps de jeu : 1178 minutes - Points : 235
International français - 12 sélections

2. Romain NTAMACK     
Toulouse - Né le 1er/05/1999 - 1,86 m ; 86 kg
Temps de jeu : 826 minutes - Points : 48
International français - 20 sélections

3. Benjamin URDAPILLETA    
Castres - Né le 11/03/1986 - 1,76 m ; 76 kg
Temps de jeu : 1882 minutes - Points : 321
International argentin - 16 sélections

4. Joris SEGONDS    
Paris - Né le 6/04/1997 - 1,80 m ; 91 kg
Temps de jeu : 1828 minutes - Points : 317

5. Camille LOPEZ    
Clermont - Né le 3/04/1989 - 1,76 m ; 88 kg
Temps de jeu : 1471 minutes - Points : 247
International français - 28 sélections

6. Louis CARBONEL    
Toulon - Né le 4/04/1999 - 1,80 m ; 82 kg
Temps de jeu : 1315 minutes - Points : 232
International français - 4 sélections

7. Antoine HASTOY    
Pau - Né le 4/06/1997 - 1,80 m ; 86 kg
Temps de jeu : 1589 minutes - Points : 280

8. Enzo HERVÉ     
Brive - Né le 13/10/1998 - 1,75 m ; 90 kg
Temps de jeu : 1328 minutes - Points : 158

9. Ihaia WEST    
La Rochelle - Né le 16/01/1992 - 1,75 m ; 84 kg
Temps de jeu : 1164 minutes - Points : 185

10. Finn RUSSELL    
Racing 92 - Né le 23/09/1992 - 1,82 m ; 87 kg
Temps de jeu : 954 minutes - Points : 11
International écossais - 55 sélections

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