Des Lions chassés à balles réelles

  • Le pilier droit irlandais Tadhg Furlong fait partie des joueurs incontournables des Lions. Le Leinsterman sait le défi qui attend les Britanniques ce samedi face aux Springboks. Photo Icon Sport
    Le pilier droit irlandais Tadhg Furlong fait partie des joueurs incontournables des Lions. Le Leinsterman sait le défi qui attend les Britanniques ce samedi face aux Springboks. Photo Icon Sport
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Après cinq larges victoires et une défaite concédée contre l’équipe "réserve" des springboks, les lions britanniques et irlandais de Warren Gatland vont enfin affronter les champions du monde sud-africains. Et on ne sait pas vraiment qui est le prédateur ou la proie…

Tadhg Furlong en connaît un rayon concernant les matchs de rugby à très haute intensité. Le pilier droit du Leinster et de l’Irlande est habitué à ce genre de rendez-vous, qu’il dispute en club ou en sélections, avec le XV du Trèfle ou les Lions britanniques et irlandais. Le colosse de Dublin était déjà de la tournée 2017, où la prestigieuse sélection des îles britanniques avait défié les champions du monde de l’époque, les All Blacks, sur leurs terres, et les avaient quittés sur un score de parité (une victoire partout, puis match nul dans le dernier match). Furlong sait donc que là, les plaisanteries sont finies. Les matchs de préparation sont terminés, tous les joueurs ont eu leur chance de s’illustrer. Maintenant, place à la vraie compétition, la série de trois tests face aux champions du monde en titre : « Cela va être du rugby pour les grands garçons, sur la grande scène. On le sent dans l’atmosphère de l’équipe », expliquait cette semaine le droitier du Leinster, qui ressent la pression monter au sein du groupe : « Tout le monde attend de savoir s’il est sélectionné, s’il est dans le groupe ou pas. Je sens de la nervosité. »

Furlong ou la thérapie par le "mix"

Même lui, qui a pourtant été excellent à chacune de ses apparitions, doute : « Je ne sais pas ce que pensent les entraîneurs. Les autres droitiers (l’Anglais Kyle Sinckler et l’écossais Zander Fagerson, N.D.L.R.) ont très bien joué, donc on verra ». Alors pour passer son stress, Furlong s’essaye à de nouveaux arts, comme la musique : « Tom Curry a trouvé des platines et m’a proposé d’essayer. J’ai dit «Pourquoi pas ?» On a vite été rejoints par Josh Navidi, qui mixe vraiment dans des soirées en dehors du rugby (il a de fait été surnommé «Navicii» par les autres joueurs, en rapport au fameux DJ Avicii, N.D.L.R.). Il nous a montré quelques trucs et on a essayé d’animer un petit-déjeuner, mais le résultat a été catastrophique. Ce n’est pas demain que je vais remplir des salles à Dublin ! »

Russell blessé, Biggar opérationnel

Furlong fait pourtant partie des joueurs qui, avec Maro Itoje par exemple ont le moins de souci à se faire tant ils paraissent indispensables à l’équipe. Et Warren Gatland ne compte qu’un seul blessé dans son immense groupe : l’ouvreur écossais Finn Russell, touché au tendon d’Achille est forfait. Pour le reste, tout le monde est sur le pont, même l’ouvreur Dan Biggar, remis d’une entorse à la cheville. La concurrence est plus forte que jamais et explique donc le stress ambiant, qui doit certainement être renforcé par le contexte et l’adversaire à venir : les Springboks, dont l’équipe «réserve» a, la semaine dernière, maté les Lions. Un brin suffisants au vu de leur entame et surtout très limités au niveau des options de jeu (ils se sont bornés à taper de longs coups de pied, offrant autant de ballons à relancer à Willie Le Roux ou Cheslin Kolbe), la sélection britannique a donc encaissé pas moins de 17 points en une demi-heure, et logiquement perdu ce match malgré un retour dans le deuxième acte. Alors certes, c’était une très belle équipe réserve, avec des Kolbe, De Klerk, Du Toit, Mostert, Etzebeth, Am, ou De Allende. Mais il manquait tout de même du beau monde. Cette fois, Jacques Nienaber a aligné son XV majeur, avec les joueurs que nous venons de citer auxquels s’ajoutent Pollard, Mbonambi, Mapimpi, et bien sûr le capitaine Siya Kolisi. Une équipe encore renforcée donc, qui possède un avantage psychologique net grâce à sa victoire et une semaine de travail en plus.

Alors, qui est la proie maintenant ?

Le pire, c’est que les Lions savent parfaitement à quelle sauce ils vont être mangés, comme l’expliquait Dan Biggar : « Ce qui m’impressionne chez les Boks, c’est que même si on a rarement de surprise et qu’on sait ce qu’ils vont nous proposer, cela reste très difficile de les battre. Il suffit de perdre deux collisions, et ils prennent l’ascendant. Il n’y a pas d’autre alternative que de les concurrencer dans la dimension physique. » Âmes sensibles s’abstenir…

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Simon VALZER
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