Laurent Labit : « Jouer avec un 5/8e sera peut-être intéressant »

  • Laurent LABIT - Entraîneur de l’attaque du XV de France.
    Laurent LABIT - Entraîneur de l’attaque du XV de France.
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À peine revenu d’Australie, l’ancien coach du Racing 92 s’est penché sur le bilan offensif des Bleus et s’est projeté sur la tournée de novembre avec notamment l’arrivée des nouvelles règles, dont celle dite du "50 : 22"...

Sur cette tournée en Australie, on a encore vu l’équipe de France laisser beaucoup la possession à l’adversaire. Quels ont été tout de même vos motifs de satisfaction sur le plan offensif ?

On entend beaucoup parler de ce jeu de dépossession. Peut-être que notre volonté a été mal interprétée ou un peu exagérée. En fait, c’était un peu nouveau à notre arrivée en équipe de France. Avec Fabien (Galthié), nous avons voulu remettre au goût du jour le jeu au pied qui fait partie intégrante du rugby. De par notre ADN, nos adversaires s’étaient habitués à ce que l’on joue un peu dans toutes les zones du terrain et qu’on s’épuise à perdre beaucoup d’énergie dans des zones où normalement on n’a pas à le faire, pour être justement plus efficace plus haut sur le terrain. à ce niveau, il est tellement difficile de franchir les défenses, nous avons donc voulu trouver un juste milieu entre le fait de se déposséder du ballon et le récupérer dans des zones qui nous sont plus favorables. L’ADN du rugby français, c’est aussi d’être très bon sur les contre-attaques, sur les ballons de récupération, le jeu dans le désordre. Et pour parvenir à ces situations, nous sommes partis du principe qu’il fallait rendre le ballon pour mieux le récupérer dans des zones de jeu plus favorable.

Quels sont les axes de travail pour les mois à venir ?

Aujourd’hui, nous sommes efficaces sur nos lancements. Je crois que nous avons toujours réussi à trouver des solutions par rapport à ce que nous proposaient les défenses adverses. Nous sommes l’équipe qui franchit le plus à partir de lancement, l’équipe, dans le Tournoi des 6 Nations, qui a marqué le plus sur ses lancements de jeu. C’est quelque chose que l’on doit renforcer. Mais l’on se doit d’être plus efficace sur le jeu de transition. Et puis, on doit vraiment améliorer notre efficacité dans la zone de marque, être capable de mieux maîtriser le ballon. Ça demande plus de temps de travail, de connexion entre les joueurs qui viennent d’horizons différents.

À propos de ce jeu de dépossession, les nouvelles règles mises en place par World Rugby ne sont-elles pas de nature à sonner le glas de cette stratégie ?

C’est sûr que cette règle va modifier l’organisation défensive de toutes les équipes. Dans le camp adverse, on va être contraint de défendre à nouveau comme on le faisait il y a quelques années, avec deux arrières et demi, voire trois pour assurer la couverture du troisième rideau. En clair, il faudra douze joueurs dans le premier rideau et trois pour assurer ses arrières. Ça va forcément offrir plus d’espaces aux attaques. Mais trouver ces espaces, c’était déjà notre objectif, même s’il y en avait très peu sur le premier rideau. C’est pourquoi nous allions les chercher dans le deuxième ou troisième rideau avec du jeu au pied.

Sur le plan de l’attaque, cette modification de règle aura aussi forcément des conséquences, non ?

Ce qui sera peut-être intéressant en attaque, c’est de jouer avec ce qu’on appelle un 5/8e c’est-à-dire deux joueurs au milieu du terrain capables de bien jouer au pied, capables de bien lire les situations pour aller chercher de l’avancée par le pied dans le deuxième ou le troisième rideau. Ces nouvelles règles ont été initiées par les nations du Sud. C’est aussi pourquoi lorsque nous sommes arrivés à la tête de l’équipe de France, Fabien a voulu qu’on revienne à la table des négociations avec ces nations-là. Jusque-là, la France n’y participait pas trop et ça laissait tout loisir au Sudistes de mettre en place des règles, de les essayer, de se familiariser avec, avant de les imposer à tout le monde. Cette année, les Australiens ont déjà joué leur championnat avec ces nouvelles règles. Le Rugby Championship va aussi se jouer avec ces règles. Voilà aussi pourquoi ces équipes ont un temps d’avance sur nous.

Jouer avec un 5/8e, est-ce l’opportunité d’associer Matthieu Jalibert et Romain Ntamack ?

C’est effectivement une option vers laquelle on peut se tourner. Soit pour commencer un match, soit pour le terminer. Nous avons la chance d’avoir des joueurs brillants, talentueux et capables de jouer à plusieurs postes. Et ça, c’est une grande richesse pour le XV de France.

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