Messieurs, à vous de suer !

  • Retour à l'entraînement pour bon nombre de clubs, à l'instar de Brive, qui a repris le 5 juillet.
    Retour à l'entraînement pour bon nombre de clubs, à l'instar de Brive, qui a repris le 5 juillet. Diarmid Courrèges - Diarmid Courrèges
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Alors que le XV de France vient à peine de rentrer d’Australie, bouclant la plus longue saison jamais connue par le rugby français, la majorité des clubs professionnels a d’ores et déjà retrouvé les terrains cette semaine, pour mieux préparer une saison « post-covid » de tous les dangers.

Voilà, c’est reparti. Hormis les demi-finalistes du Top 14 qui observent encore un repos bien mérité ainsi que les barragistes clermontois, toutes les écuries de Top 14 et Pro D2 ont repris le chemin de l’entraînement dans un format « classique », bien loin des paliers progressifs de la saison dernière qui avaient coïncidé avec la préparation physique la plus longue de l’histoire de l’ère professionnelle, lorsqu’il s’était agi de remettre les joueurs en forme après la longue coupure de la Covid-19…

Une expérience douloureuse mais enrichissante, dont on mesure aujourd’hui les bienfaits. « Je pense que c’est précisément la longue intersaison dont nous avons bénéficié qui a permis aux joueurs de tenir tout au long de cette saison particulièrement longue et éprouvante, nous confiait voilà quelques semaines l’historique préparateur physique de l’ASM Sébastien Bourdin, qui vient de prendre après 16 saisons de bons et loyaux services la direction de Lyon. Les clubs ont certes connu énormément de casse cette saison mais honnêtement, cela aurait pu être bien pire… La morale de la dernière saison, elle est là : on a été dans l’adaptation plutôt que dans la performance. Cette année, je n’ai entendu aucun préparateur physique raisonner sur ce qu’il avait pu apporter ses joueurs. J’espère que la saison prochaine le contexte sanitaire nous permettra de travailler dans de meilleures conditions… »

La crainte d’une nouvelle saison lourde en blessures

Cette heure est désormais venue. Et les enjeux sont énormes, chaque club abordant cette période cruciale de la saison avec des objectifs bien distincts… « La préparation sera différente en fonction de chaque club, de sa dynamique et de ses objectifs, pointe Bourdin. On peut par exemple penser que les clubs qui ont terminé début juin ne vont pas programmer leur reprise de la même manière que celles qui ont joué les demies, tout comme on peut penser que les formations qui n’ont pas réussi à se qualifier dans le top 6 voudront marquer leur territoire très vite au contraire de celles qui ont joué sur plusieurs tableaux… C’est la mission éternelle du préparateur physique : s’adapter. » Aux joueurs dont il dispose, à la stratégie du manager, et surtout au contexte…

Ainsi, après une saison longue de pratiquement 14 mois, la crainte de bien des observateurs est de connaître un niveau de casse sans précédent, le temps de préparation ayant été de nouveau réduit au strict minimum cet été.

« Y aura-t-il encore plus de casse cette saison que l’année dernière ? Honnêtement, je ne saurais pas répondre à cette question, s’interrogeait l’ancien préparateur physique du XV de France et de Montpellier Laurent Arbo. Ce dont je suis persuadé, en revanche, et ce que les études ont d’ailleurs démontré, c’est que les joueurs ont besoin d’une intersaison complète pour jouer toute une saison au maximum de leur potentiel. Le problème, c’est que le Top 14 ne le permet pas forcément, entre les phases finales qui se sont terminées très tard, les internationaux qui ne reviendront d’Australie qu’en juillet et ne seront autorisés à jouer qu’à partir de la 2e journée. Dans l’idéal, un manager devrait être capable de se priver volontairement de certains joueurs en début de championnat, tant qu’ils n’ont pas terminé une préparation d’un mois et demi. Sauf que cela se heurte à la réalité du terrain. On a bien vu cette année à Montpellier ce qu’il pouvait coûter de perdre son premier match de la saison à domicile… » 

D’où la nécessité d’une préparation optimale, si possible non tronquée par la Covid. Messieurs, à vous de suer…

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Nicolas ZANARDI
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