Saga Lyon : adieu, veaux et vaches pour Jérôme Rey

  • L'ancien grenoblois Jérôme Rey s'avance avec l'ambition d'être ^le pilier titulaire au LOU.
    L'ancien grenoblois Jérôme Rey s'avance avec l'ambition d'être ^le pilier titulaire au LOU. Hugo Pfeiffer / Icon Sport - Hugo Pfeiffer / Icon Sport
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Après un bras de fer de dernière minute avec le FCG, le fermier savoyard a également pris la décision de se consacrer à 100 % au rugby, confiant la gestion de son exploitation à ses salariés. 

Adieu veau, vache, cochon, couvée… Même les pires cancres se souviennent tant bien que mal de l’histoire de Perrette et de son pot au lait, qu’elle renversa par étourderie. Sauf qu’en ce qui concerne Jérôme Rey, à la différence de la fable de La Fontaine, on ne saurait l’accuser d’avoir trop rêvé… Au contraire, le pilier savoyard a même fait preuve d’un sacré  « carafon » vis-à-vis du club qui l’employait, avant de céder voilà quelques semaines aux sirènes lyonnaises... « J’étais au courant de l’intérêt du Lou qui me suivait depuis quelques mois, mais ce n’était pas prévu du tout que je quitte le FCG, avoue Rey. J’avais prolongé de deux ans à Grenoble en début d’année parce que le contexte était incertain, à l’époque, même si j’avais conscience que le FCG me tirait pas mal sur la corde. La saison dernière, j’ai disputé 29 matchs sur 31, ce qui fait beaucoup… J’avais d’ailleurs fait stipuler dans mon contrat une clause pour partir en Top 14 au bout d’une saison, si l’occasion devait se présenter. Et puis, à la fin du mois de juin, le Lou m’a rappelé en me disant qu’il me voulait pour la reprise en juillet. » Un coup de cœur que le pilier assume plus que jamais. « Mon parcours est tellement atypique que je sais très bien que le train ne passe qu’une fois. J’ai tenu à informer personnellement les dirigeants du FCG de l’intérêt du Lou et de ma volonté de partir. J’ai 26 ans, et à mes yeux, c’était maintenant ou jamais… Malheureusement, ça, ils ne l’ont pas compris. Et comme on ne s’est jamais parlé qu’au téléphone, on n’a jamais eu l’explication face à face. Ensuite, tout s’est engrainé, il s’est passé des choses, d’autres ont été dites… À partir de là, j’ai préféré laissé les présidents se débrouiller entre eux. »


« Devenir numéro un à lyon »

 

Parce qu’aux yeux de Jérôme Rey, l’urgence était ailleurs que dans la négociation des incontournables « indemnités », mais bien dans l’avenir de son exploitation agricole du côté de Saint-Vital, perdue entre Montmélian et Albertville. « J’ai une maison sur Lyon, donc j’ai déménagé là-bas avec ma famille. Pour la ferme, j’ai pris un salarié à temps plein en plus de celui que j’avais déjà à mi-temps, tandis que mon père continuera de me donner un coup de main. Je ne retournerai sur l’exploitation que pour superviser. » Un changement de vie radical pour celui qui s’était depuis toujours construit sur son double projet, mais rêve aujourd’hui plus que jamais de toucher du doigt le meilleur niveau. « Sur le terrain, je ne pense qu’au rugby. En-dehors, c’est plus compliqué... Ça reste ma société et ce sera impossible de ne jamais y penser. Mais je me suis fixé un objectif sportif  simple :  devenir le numéro un à Lyon après l’avoir été à Chambéry puis à Grenoble. » Avec, en ligne de mire, l’idée d’imiter le destin d’un Gaëtan Barlot, qui a brillamment prouvé cet été que pour un joueur dominant de Pro D2, même le plus haut niveau n’était pas hors de portée. « Ça, c’est la petite fenêtre qui fait rêver et donne un objectif inconscient, admet Rey. Mais ce n’est pas la finalité. Mon travail ce sera d’abord de jouer et d’être performant avec Lyon. » Comme le disait Alfred Roques, lui-même agriculteur et pilier de son état : « Quand on ne travaille pas, le rugby, c’est facile ! » À Jérôme Rey de le prouver, quelques soixante-ans plus tard...

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