Peyo Muscarditz : « Il existait un sentiment de honte »

  • Malgré quelques sollicitations, le trois-quarts centre a choisi de rester au Pays basque.
    Malgré quelques sollicitations, le trois-quarts centre a choisi de rester au Pays basque. Pablo ORDAS
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À l’aube de sa sixième saison avec le groupe professionnel, le centre de Bayonne est revenu sur les jours qui ont suivi la relégation du club basque, a expliqué les raisons pour lesquelles il est resté fidèle à son club formateur et s’est projeté sur l’année qui arrive en Pro D2.

À quel point les jours qui ont suivi la défaite contre le BO furent-ils compliqués à vivre ?

Je me suis posé des questions, il y avait de la déception, mais aussi le regard des gens, celui qu’on porte sur soi-même. Il existait un sentiment de honte. Nous ne sommes pas arrivés à ce qu’on voulait et nous en étions les premiers déçus. Sportivement, perdre comme ça est assez cruel. Ce match, on sait qu’on ne l’oubliera pas et cette défaite restera, au fond de nous, gravée à vie.

Qu’est-il ressorti de votre réflexion ?

Déjà, j’ai voulu reprendre le chemin des terrains, en forme, en n’oubliant pas ce qui s’est passé. Mais il ne fallait pas non plus revenir avec une boule au ventre et le sentiment de ne plus savoir à quoi on sert. Il ne fallait pas oublier pourquoi on joue au rugby. Je me suis imaginé ce que l’avenir pouvait nous réserver, en Pro D2. La mémoire va nous rappeler ce qui s’est passé avant, mais je veux vivre l’instant présent et commencer à travailler pour espérer une belle et bonne saison, avec des objectifs différents.

Qu’avez-vous fait cet été ?

Au départ, il y avait quelques sollicitations, donc j’étais en questionnement permanent. Ensuite, j’ai vu mes amis et ma famille, les gens que j’aimais et qui m’aimaient aussi, pour un peu se réconforter et se donner du boost pour la nouvelle saison. Je suis revenu à l’entraînement content de revoir les mecs et le groupe. Désormais, il me tarde le premier match.

Votre nom a un peu circulé du côté de Toulon cet été, mais vous avez décidé de rester à Bayonne. Pourquoi ?

Une sollicitation existait, mais il y avait beaucoup d’inconnues et rien de complètement concret. J’avais demandé quelques jours à Bayonne pour réfléchir. Au final, j’ai préféré rester à l’Aviron pour, aussi, les respecter. Je sais ce que Bayonne m’a donné et je sais ce que j’ai encore à leur donner.

Vous avez repris l’entraînement lundi dernier. Comment se sont passés les premiers jours ?

Nous avons repris avec du physique, mais aussi pas mal de ballons, car les matchs arrivent vite. Il y a aussi eu la présentation des nouvelles règles. Le programme fut assez copieux.

On suppose que c’est plaisant de retrouver directement le ballon…

Je me souviens que l’an dernier, nous étions obligés de faire des groupes de quatre, puis de huit. C’était compliqué de faire du rugby collectif, alors que c’est là que les automatismes se travaillent. C’est toujours plus plaisant de toucher le ballon à plusieurs, qu’il y ait de l’animation, des challenges, plutôt que de courir face aux lignes dans sa bulle, les toucher et repartir… Là, nous sommes dans le partage.

Que va changer l’arrivée de Jeff Dubois et comment s’est passé le premier contact ?

Ce qui a été présenté, c’est que les trois-quarts prendront plus souvent la main dans le jeu de l’Aviron. On essaiera d’avoir un jeu un peu plus aéré, avec plus de mouvement que ce qu’on a pu avoir l’an dernier, où nous nous sommes un peu recroquevillés sur nous-mêmes. Le premier contact avec lui fut bon et simple. Il a l’esprit un peu chambreur.

Le traumatisme de la descente est-il effacé, ou doit-il rester ancré dans un coin de la tête pendant toute la saison ?

Le traumatisme de la descente ne sera jamais effacé. Il devra nous servir, mais on ne doit pas tomber dans un excès de haine par rapport à ce match-là. L’équilibre sera aussi difficile à trouver.

À 25 ans, vous faites partie des anciens du club. Vous attendez-vous à être encore plus responsabilisé que les saisons précédentes ?

Je discute avec les jeunes qui sont tous plus costauds que moi. Le contact avec eux est simple, vu que je ne me considère pas comme un ancien. Ensuite, je ne m’attends pas à être plus responsabilisé que l’année dernière. Chaque joueur de l’effectif est important et je ne me place pas plus haut qu’un autre. En tout cas, je ferai tout pour que notre groupe puisse vivre la plus belle aventure cette année.

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