XIII - Un Mondial dévalué

  • L’Australien Billy Slater, ici lors de la finale de la dernière Coupe du monde remportée par les siens.
    L’Australien Billy Slater, ici lors de la finale de la dernière Coupe du monde remportée par les siens. Archives Icon Sport
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L’Australie et la Nouvelle-Zélande ont décidé de ne pas participer à l’édition 2021 de la coupe du monde pour des raisons sanitaires. Un sacré coup dur pour l’Angleterre, le pays organisateur qui tente de trouver une solution. La Coupe du monde peut-elle se jouer sans ces deux nations phares ?

Voilà une nouvelle dont se serait bien passé la Fédération Internationale de Rugby à XIII ainsi que la RFL (fédération anglaise). Alors que tout était bien ficelé pour que la seizième Coupe du monde de l’histoire puisse avoir lieu sur le sol anglais du 23 octobre au 27 novembre prochain, voilà que le jeudi 22 juillet, les deux nations majeures de la discipline, soit l’Australie (fort de onze sacres et double tenant de l’épreuve) et la Nouvelle -Zélande sacrée en 2008, ont décidé de ne pas participer à la compétition jetant ainsi un sacré pavé dans la mare.

Comment Australiens et Néo-Zélandais ont-ils pu prendre une telle décision alors que le gouvernent anglais et la RFL ont à ce jour engagé de fortes et colossales dépenses se chiffrant en millions d’euros ? Le principal argument est une raison sanitaire évoquant la santé des joueurs et les règles drastiques d’isolement après leur présence sur le sol anglais. Un argument pas vraiment cautionné par les organisateurs qui ont vraiment du mal à cacher leur mécontentement à l’encontre des responsables australiens et néo-zélandais plutôt soucieux de préserver les intérêts de la puissante NRL.

« Cette décision est totalement inconsciente de la part des Australiens et Néo-Zélandais. Elle est lâche, déclarait à chaud, le président de la RFL, Simon Johnson. D’autant que d’après nos informations, les joueurs ont la ferme intention de disputer ce Mondial. Concernant les règles sanitaires, nous avons pris nos précautions pour les déplacements des équipes en affrétant des vols spéciaux pour les équipes. »

De plus, les deux nations autorisent leur équipe nationale féminine et fauteuil à se rendre en Angleterre pour disputer leur mondial respectif ce qui rend encore plus invraisemblable ce retrait.

Quatre options envisagées

Une Coupe du monde de rugby à XIII sans le tenant du trophée et le champion 2008, est-ce la promesse d’un Mondial dévalué ? La réponse est affirmative. Un Mondial sans l’Australie et la Nouvelle- Zélande, c’est une Coupe du monde au rabais et également un risque économique. Lors d’une réunion de crise, la Fédération internationale par visio-conférence s’est adressée aux fédérations concernées.

À l’issue de cette réunion, quatre options ont été proposées. La première : le Mondial se dispute à quatorze sans la présence de l’Australie et la Nouvelle-Zélande. La deuxième : l’Australie et la Nouvelle-Zélande sont remplacées, par deux nations qui seraient repêchées.

Les États-Unis (quart-de-finaliste en 2013) se sont alors portés candidat. Il y a aussi l’hypothèse de la Serbie. La troisième serait de repousser la compétition en 2022. Seulement, à l’automne 2022 se déroulera la Coupe du monde de football au Qatar. À cette même époque, l’Angleterre accueille les jeux du Commonwealth, ce qui rend difficile cette option.

La quatrième serait d’annuler cette édition 2021, ce qui serait un cuisant échec pour l’hémisphère Nord. La Fédération Internationale peut elle prendre une telle décision ?

La France favorable au maintien de l’épreuve

Candidate officielle à l’organisation de la Coupe du monde 2025, qualifiée pour cette édition 2021, la France, par la voix de son président Luc Lacoste, est favorable au maintien de l’épreuve. « En tant que président de Fédération française, je suis tout d’abord de tout cœur avec la Fédération anglaise et le comité d’organisation qui ont à ce jour fait un travail immense pour que ce Mondial soit un succès. Personnellement, j’espère que cette Coupe du monde sera maintenue. Il faut qu’elle ait lieu. Je pense que le spectacle sera au rendez-vous. Les Fidji, les Samoa, les Tonga sont d’excellentes nations qui peuvent rivaliser avec l’Angleterre pour le titre. En ce qui concerne l’équipe de France, les féminines et le XIII fauteuil, nous gardons le cap. Nous nous préparons pour cet évènement. Nous avons officialisé les stages, nous n’avons rien changé à ce jour. »

Que va décider la Fédération internationale ? À ce jour, des questions se posent. Un Mondial à quatorze, c’est revoir obligatoirement le règlement et le mode de qualification. Le repêchage de deux nations implique aussi une modification des quatre poules. Des questions qui demandent au plus vite des réponses. Il n’est pas exclu non plus que la raison l’emporte. Australiens et Néo-Zélandais pourraient aussi revenir sur leurs décisions…

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Didier Navarre
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