Amateurs : une reprise lourdement impactée ?

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    Amateurs : une reprise lourdement impactée ?
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Le pass sanitaire a été diversement accueilli chez les clubs, qui redoutent autant les difficultés pour se préparer qu’une nouvelle perte de pratiquants.

C’est toujours la même rengaine, lorsqu’une mesure se trouve prise au niveau fédéral : quelle que soit la décision, sa pertinence se trouve toujours mise à l’épreuve par le terrain. En la matière, si le choix de la FFR d’imposer un pass sanitaire à ses pratiquants semble aller dans le sens de la santé publique, celui-ci se heurte à un écueil, et de taille : la bonne volonté des pratiquants de s’y plier. Car si le rugby s’est toujours targué d’être un reflet de la société dans lequel il évolue, il n’est pas totalement stupide de craindre qu’avec 25 % de la population réfractaire au vaccin, le nombre de licenciés seniors puisse encore chuter drastiquement.

Pire : selon Le Monde, les départements les plus sceptiques à l’endroit du vaccin s’étendent au Sud d’une diagonale qui s’étend du Nord-Est au Sud-Ouest, autrement dit la zone d’achalandise historique du rugby. Où l’on constate depuis deux semaines que la passion ne constitue malheureusement pas un argument suffisant pour inciter les plus fervents "antivax" à franchir le pas. De quoi augurer une nouvelle saignée de licenciés d’autant plus délicate à digérer qu’après la coupure du covid, les clubs ont déjà dû faire face à de nombreux arrêts…

Préparation tronquée

De quoi poser, à terme de gros problèmes en matière d’effectifs et donc d’organisation dans les compétitions des équipes réserves ? Les clubs n’en sont pas encore là, malheureusement… L’urgence étant pour tout dire à l’organisation d’une reprise que l’obligation du pass sanitaire va nécessairement compliquer. Ainsi, plusieurs matchs amicaux prévus ces derniers jours ont déjà dû être annulés, faute de précieux sésames.

Pire : sachant que la Fédération a communiqué la semaine dernière et qu’un mois de délai demeure nécessaire pour la validation du pass (entre les deux injections et la semaine de battement après la 2e piqûre), tous les joueurs qui n’avaient pas encore effectué la démarche vaccinale avant l’annonce ne pourront pas reprendre comme prévu à la mi-août. Autant dire plus de la moitié des effectifs, en partant là encore du principe que le rugby amateur soit un reflet de la société… Pas franchement l’idéal en matière de sécurité des joueurs, vous l’avouerez, une préparation digne de ce nom et un minimum de matchs amicaux semblant plus que jamais indispensable après dix mois d’arrêt ! Si bien que la demande d’une dérogation faite aux joueurs ayant au moins bénéficié d’une première dose a déjà été effectuée en haut lieu, d’autant plus recevable que tous les territoires en France ne sont malheureusement pas égaux quant aux possibilités de vaccination. Mais sera-t-elle pour autant accordée ? Affaire à suivre…

Le pass sanitaire imposé aux 12-17 ans pourrait laisser craindre une baisse des licenciés. Les clubs pensent que ce phénomène restera marginal.

Des pertes à la marge

Ils sont devenus la cible prioritaire du gouvernement. Les 12-17 ans, dernière classe d’âge éligible à la vaccination, représentent un enjeu de taille à un mois de la rentrée scolaire, qui pourrait malheureusement permettre à la quatrième vague de Covid-19 de s’intensifier. L’annonce de la FFR d’imposer le pass sanitaire à cette tranche d’âge va donc dans le sens du gouvernement qui s’inquiète du faible taux de vaccinés chez les collégiens et lycéens (seulement 10 % des adolescents ont reçu les deux doses de vaccins). Cette volonté fédérale se confronte à la réalité actuelle d’un pays où les anti-vaccins font entendre leurs voix même si 34,44 millions de Français ont aujourd’hui reçu les deux doses nécessaires pour obtenir le pass sanitaire (soit 59,7 % de la population).

Ainsi, un abonné de notre journal se montrait catégorique dans les colonnes de La Dépèche du Midi qui a décidé de retirer son fils de 12 ans de l’école de rugby : "Il est hors de question de céder à cet odieux chantage du pass sanitaire pour réinscrire mon enfant pour la prochaine saison de rugby. Je ne fais pas partie des antivax mais hors de question de céder à ces menaces de privation. La FFR vient de perdre un de ses adhérents." Une maman d’un rugbyman de 17 ans a aussi envoyé ce mail à son club : "Mon fils ne participera pas à la saison de rugby cette année. Il est hors de question que je lui fasse injecter un produit expérimental pour qu’il puisse continuer à pratiquer du sport bénéfique à son équilibre psycho corporel."

"Tant que nous n’avons pas dix refus par tranche d’âge…"

Les présidents de clubs que nous avons pu joindre ne sont pas pourtant pas inquiets par une désertion des écoles de rugby. "Ce sera un phénomène à la marge, réplique ce président de club riche d’une école de rugby qui compte 285 licenciés. On donne beaucoup la parole aux gens qui ne veulent pas se faire vacciner. Je ne dis pas qu’ils ont tort car ils ont le droit de faire comme ils veulent mais presque 60 % de la population est vaccinée. Nous aurons peut-être un ou deux cas par catégorie mais tant que nous n’avons pas dix refus par tranche d’âge on n’en parlera même pas… Je crois que ça va passer aussi par de la sensibilisation auprès des parents pendant le mois d’août."

Les clubs pourront aussi s’appuyer sur les mesures en place au niveau de l’éducation nationale où les non vaccinés seront "évincés" des cours en présentiel dès l’apparition d’un cas positif dans sa classe.

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