Horta : « Le chemin a été long, mais très beau ! »

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Publié le , mis à jour

C’était le dernier match de son immense carrière. Fanny Horta (Capitaine de France 7) a accepté de partager son bonheur quelques heures après cette finale perdue contre les Blacks Ferns. Au fond d’elle : le sentiment du devoir accompli.

Avec cette médaille d’argent, avez-vous le sentiment du devoir accompli ?

On ressent beaucoup de fierté. On a vraiment le sentiment d’avoir marqué l’histoire. L’évolution du rugby à 7 féminin a été extraordinaire. Je pense à toutes celles qui ont participé à cette aventure, celles qui ont arrêté, celles qui viennent d’arriver. C’est grâce à toutes ces filles qui ont poussé cette équipe, grâce à un staff extraordinaire qui nous a permis de progresser, que nous nous sommes surpassées. On a même été parfois surpris de nos performances, de notre progression tout au long de ces années. Mais le travail paie. Un grand merci à tout le monde pour cette aventure. C’était juste énorme.

N’avez-vous aucun regret sur cette finale contre la Nouvelle-Zélande ?

Il y aurait beaucoup de choses à redire sur ce match, sur notre système de jeu, sur nos choix. La frustration se trouve dans le fait que nous n’avons pas eu beaucoup de ballons à jouer. Nous avons été beaucoup sanctionnées. Et contre une équipe comme la Nouvelle-Zélande, ça ne pardonne pas. Elles ont su marquer sur ces moments-là. Si nous avions eu plus la possession, nous aurions pu davantage nous exprimer. Et quand je vois nos deux essais inscrits, je me dis que le résultat aurait pu être différent. Mais, c’est comme ça…

Si avant le début de la compétition, on vous avait dit que vous alliez décrocher la médaille d’argent, auriez-vous signé tout de suite ?

J’aurais quand même regardé au dos du document pour voir s’il n’y avait pas une clause pour décrocher la médaille d’or au cas où… (rires) Mais oui, je pense que j’aurais signé des deux mains. C’est tellement fort, tellement magique.

Cette finale olympique contre la Nouvelle-Zélande était le dernier match de votre immense carrière. Comment l’avez-vous vécu ?

Le plus simplement possible. Je ne voulais pas trop en faire. Je savais que ce serait un moment particulier qui pouvait me faire basculer dans un trop-plein d’émotions. Je n’en avais pas envie. Mon objectif, c’était d’aller au bout de cette aventure avec les filles, comme je l’aurais fait sur n’importe quelle autre compétition. Et je n’avais pas envie que mes partenaires ressentent ma nostalgie, ni d’en faire un événement. Mon souhait, c’était que l’équipe reste focus sur la finale. C’était la seule solution pour espérer gagner. Malheureusement…

Quand vous vous retournez sur votre carrière, quel regard portez-vous sur le chemin parcouru ?

Le chemin a été long mais très beau. En peu de temps, le potentiel du rugby à 7 féminin a explosé. Nous sommes passés d’une équipe qui prenait régulièrement soixante points en match de poule à un statut de vice-championne olympique. Désormais, il y a un héritage à assumer. Et ce sera un travail de tous les jours, sinon tout peut s’écrouler. À titre personnel, j’ai eu la chance de vivre des joies immenses. Et même les mauvais moments ont été précieux. Ce sont peut-être ceux-là qui nous ont aidé à progresser et à réussir ce parcours à Tokyo.

Quel regard portez-vous sur la future génération qui disputera les jeux Olympiques de Paris en 2024 ?

Je crois que l’équipe de France a le potentiel pour encore aller plus loin, pour être plus performante, plus régulière. Surtout, ne perdons pas le nord. Notre coach David Courteix dit toujours que le rugby à 7 est le petit frère du XV. Je sais ce qu’il veut dire. On espère vraiment grandir encore au sein de notre fédération. Il y a quelque chose de beau, d’extraordinaire à construire. Nous avons ouvert une voie, mais d’autres ne demandent qu’à être explorés. C’est tout le bien que je souhaite aux futures générations pour qu’elles puissent vivre de telles émotions. Et peut-être aller encore plus haut.

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