Les ricochets de la médaille

  • L'équipe de France de rugby à 7 pose avec la médaille d'argent à Tokyo
    L'équipe de France de rugby à 7 pose avec la médaille d'argent à Tokyo Icon Sport - Pierre Costabadie
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Avec ce résultat historique, les Bleues proposent une vitrine remarquable de leur sport. De quoi envisager le meilleur pour le développement du rugby féminin.

La très belle histoire des Bleues à Tokyo pourrait bien avoir des conséquences positives sur le rugby français, dont la crise des licenciés n’est pas près de s’atténuer. L’histoire récente montre une corrélation entre les résultats de la sélection et le nombre de licenciés. Cécilia Saubusse, ex-internationale désormais en charge du rugby féminin à la Ligue Nouvelle-Aquitaine l’observe : "J’espère que cette deuxième place va susciter des vocations, que des filles vont s’identifier aux différentes joueuses. Il y a toujours un effet boomerang. Quand il y a un très bon résultat, ça se suit par une augmentation du nombre de licenciés." Au sein des clubs aussi, on attend des retombées à la rentrée. "Une première médaille pour le rugby féminin aux jeux Olympiques, ça va faire parler, se réjouit Aude Bernat-Calonge, à l’origine de la création d’un club féminin à Noves (Bouches-du-Rhône). C’est énorme ce qu’elles ont fait. Ça aura un impact."

Une pratique en nette hausse

La problématique du rugby féminin est toutefois complexe. Si le faible nombre de clubs est un premier obstacle, la durée des carrières est plus courte en raison de la maternité. Mais la portée de cet exploit tricolore n’en sera pas moins importante : "La pente est vite vieillissante dans les clubs car les femmes ont envie d’être mamans, poursuit la dirigeante. Chez les cadettes ça marquera plus que chez les seniors. Les plus jeunes sont plus mordues de rugby, on le voit au club. Les cadettes sont plus sensibilisées que nous grâce aux réseaux sociaux."

De plus, la diversité des profils dans cette équipe de France, de la puissance de Séraphine Okemba aux grandes foulées d’Anne-Cécile Ciofani en passant par la technique de Caroline Drouin, aura plus de chances de toucher le plus grand nombre. Ce qui fait défaut dans le rugby féminin, toujours selon Aude Bernat-Calonge : "Ce serait mieux que les chaînes grand public s’y intéressent davantage. Toute l’année c’est difficile de trouver les tournois de Sevens et surtout le championnat d’Élite 1."

Toujours est-il que les licenciées sont toujours plus nombreuses en France (32 508 en 2021 contre 29 985 en 2018). Leur part ne cesse d’augmenter chaque année et pointe désormais à 11 % du total de licenciés, contre 5 % en 2012. L’élue de Nouvelle-Aquitaine considère d’ailleurs que la dynamique de "féminisation du rugby", en cours "depuis une dizaine d’années" va continuer : "Au niveau international ça reste à 25 %. La Fédération souhaite continuer dans ce sens pour se rapprocher de ce taux. Le résultat d’aujourd’hui (samedi, N.D.L.R.) va y contribuer."

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