Revue de l'élite - Talonneurs : Marchand, sans conteste

  • Julien Marchand, le capitaine sacré.
    Julien Marchand, le capitaine sacré. Icon Sport - Icon Sport
Publié le , mis à jour

Numéro un chez les Bleus, le capitaine du Stade toulousain a en outre enfin eu la joie de gagner son premier titre sur le terrain. Dans notre classement, il devance son concurrent en sélection, Pierre Bourgarit, ainsi que son concurrent en club, Peato Mauvaka.

Marchand, sans conteste

Il aurait pu se croire maffré. Maudit. Lorsqu’après une intervention télévisée des anciennes « stars  » Brian O’Driscoll et Sam Warburton après la demi-finale de Coupe d’Europe, le capitaine du Stade toulousain fut cité, puis condamné, pour un plaquage trop haut sur le Bordelais Romain Buros. Pour la deuxième fois de sa carrière, en effet, Julien Marchand fut contraint d’assister à une finale des siens depuis les tribunes, après avoir pourtant réalisé une saison exemplaire sur tous les fronts, qu’ils soient internationaux, européens ou hexagonaux.

« On se souvient des matchs, des essais, des célébrations, mais moi, ce qui me marquera cette saison, c’est le regard de Julien Marchand sur le parking, lorsque nous sommes partis pour Twickenham, glissait à son égard son manager Ugo Mola juste avant la finale de Champions Cup. Cela me marquera à vie, parce que ce gamin n’aura pas joué une finale de Coupe d’Europe qui lui était promise. »

Faut-il dès lors penser que c’est en grande partie pour leur capitaine que les joueurs du Stade ont su se remobiliser pour s’offrir une finale de championnat à l’issue de la saison ? On le jurerait, oui.

Et le fait de voir ce dernier offrir le Bouclier de Brennus à Jerome Kaino, comme ce dernier le lui avait donné voilà deux ans, restera forcément comme une des images fortes de la saison. « Jamais je ne me suis dit que j’étais maudit, nous confiait-il après la finale. Au contraire, je voulais avancer. Et je me disais : « Au pire, qu’est-ce qu’il peut t’arriver ?  » J’aurais perdu un match, ce n’est pas la fin du monde non plus. C’est la vie… Et, si tu gagnes, c’est pareil sauf qu’elle est plus belle !  » La fin parfaite d’une saison référence, dont Julien Marchand se rappellera très longtemps.

Bourgarit, fauché au pire des moments

Victime d’une grave blessure au genou lors de la dernière journée de Top 14, Pierre Bourgarit a terriblement manqué au paquet d’avants maritime lors de la finale du championnat face à Toulouse.
Victime d’une grave blessure au genou lors de la dernière journée de Top 14, Pierre Bourgarit a terriblement manqué au paquet d’avants maritime lors de la finale du championnat face à Toulouse. Icon Sport - Icon Sport

On a beaucoup parlé de la suspension du Fidjien Levani Botia, qui fut probablement une des grosses épines plantées dans les pieds des Rochelais pour la phase finale du Top 14. Mais on a beaucoup moins glosé au sujet de l’absence sur blessure de Pierre Bourgarit, qui a probablement pesé tout aussi lourd dans la balance. Sinon plus…

Victime d’une grave blessure au genou lors de la dernière journée de Top 14 à Clermont, la grinta et la puissance de celui qui avait inscrit 9 essais dans la saison a terriblement manqué au paquet d’avants maritime lors de la finale du championnat face à Toulouse… Sélectionné en début de Tournoi par Fabien Galthié avant le retour de blessure de Camille Chat, le Gersois avait pour tout dire probablement réalisé la meilleure saison de sa carrière, jusqu’à cette blessure qui le faucha en plein vol.

Jusqu’où aurait-il pu aller sans elle ? Pierre Bourgarit, comme le Stade rochelais, brûleront longtemps de ne pas le savoir. À charge pour lui de revenir encore plus fort de cette épreuve…

Mauvaka, une doublure en vison

Parfaite doublure de Julien Marchand lorsqu’il s’était agi de conquérir le Bouclier de Brennus en 2019, Mauvaka a tout simplement remis le couvert à Twikenham, lors de la finale de la Champions Cup.
Parfaite doublure de Julien Marchand lorsqu’il s’était agi de conquérir le Bouclier de Brennus en 2019, Mauvaka a tout simplement remis le couvert à Twikenham, lors de la finale de la Champions Cup. Icon Sport - Icon Sport

Comment se relever de l’absence de son capitaine, titulaire en équipe de France, lorsqu’il s’agit de disputer une finale de Coupe d’Europe ? En alignant Peato Mauvaka, tout simplement…

Parfaite doublure de Julien Marchand lorsqu’il s’était agi de conquérir le Bouclier de Brennus en 2019, le Néo-Calédonien a tout simplement remis le couvert à Twikenham lors de la finale de la Champions Cup, dont il fut l’un des héros en sonnant la révolte toulousaine d’une énorme percée en bordure de ruck.

Retenu avec le XV de France pendant le Tournoi avec la frustration de ne pas engranger de temps de jeu derrière Marchand, Bourgarit et Chat, Mauvaka a toutefois rattrapé le temps perdu au printemps en s’avérant l’un des héros du doublé des Stadistes. Une saison exemplaire, qui pourrait même être récompensée par une montée en grade en début de saison prochaine, la retraite de Jerome Kaino obligeant le Stade à repenser ses leaders…

Les surprises : la révélation Barlot, la promesse Fourcade

Avec Étienne Fourcade ou Teddy Baubigny, le Castrais Gaëtan Barlot fait partie des surprises de la saison.
Avec Étienne Fourcade ou Teddy Baubigny, le Castrais Gaëtan Barlot fait partie des surprises de la saison. Icon Sport - Icon Sport

Hormis les amateurs éclairés de Pro D2, qui connaissait Gaëtan Barlot au début de la saison ? À part Pierre-Henry Broncan qui en avait fait sa priorité pour le débaucher de Colomiers, pas grand monde… Et pourtant, la belle saison réalisée par l’Auvergnat de naissance a achevé de convaincre Fabien Galthié et William Servat, au point de lui confier à trois reprises le rôle de titulaire lors de la tournée en Australie.

Une mission dont il s’est tiré avec les honneurs malgré quelques scories dans sa capacité à aller chercher les fonds de touche, au point de figurer selon Fabien Galthié au premier rang des « joueurs qui ont marqué des points lors de la tournée. » Et cela à la plus grande surprise de l’intéressé… « Enchaîner trois matchs internationaux en dix jours contre l’Australie après une saison de treize mois avec le CO, je dois avouer que je me découvre des capacités dont je ne soupçonnais pas l’existence, nous confiait-il avant de revenir en France… Pour tout dire, j’en suis plutôt fier. »

Et pour cause… L’éclosion du Castrais en a même retardé l’avènement au plus haut niveau d’une des autres révélations de la saison, à savoir le Clermontois Étienne Fourcade. Arrivé de Grenoble à l’intersaison, Fourcade fut même l’un des rares avants auvergnats à tirer son épingle du jeu cette saison, même s’il ne fut jamais aligné par Galthié en Australie.

Enfin, on citera le Racingman Teddy Baubigny, qui a parfaitement su exploiter les blessures de Chat pour briller en club (8 essais en Top 14 !) et mettre le nez à la fenêtre en équipe de France. Non classé, le Bordelais Maxime Lamothe fera quant à lui partie des éléments à suivre la saison prochaine… 

Les déceptions : Camille Chat, une saison en enfer

Camille Chat n'a démarré que 9 rencontres cette saison, toutes compétitions confondues
Camille Chat n'a démarré que 9 rencontres cette saison, toutes compétitions confondues Icon Sport - Icon Sport

C’est peu dire que Camille Chat n’en finit plus d’accumuler les galères, depuis son retour de la Coupe du monde au Japon. Programmé comme titulaire pour les débuts de l’ère Galthié, le Racingman s’est en effet blessé juste avant le premier match contre l’Angleterre en 2020, permettant à Julien Marchand de lui griller la politesse.

Et depuis lors, Camille Chat donne l’impression de courir après le temps pour refaire un retard qui se recreuse systématiquement en raison d’une nouvelle, telle une allégorie moderne du mythe de Sisyphe ou du supplice de Tantale. De nouveau absent au début du Tournoi en raison d’une blessure à un mollet, le Racingman ne revint finalement que pour jouer les dernières minutes après la « coupure Covid  » que l’on sait, sans vraiment pouvoir exprimer son plein potentiel. Avant de subir, quelques semaines plus tard, une fracture du péroné sur le coup d’envoi du quart de finale de Champions Cup face à l’UBB, qui mit un terme à sa saison !

Au final, Chat n’aura démarré que 9 rencontres cette saison toutes compétitions confondues… Une saison en enfer pour laquelle le Bourguignon se doit rapidement une revanche !

Le classement

1. Julien MARCHAND    
Toulouse - Né le 10/05/1995 - 1,81 m, 108 kg - Temps de jeu : 1 183 minutes - Points : 15 - 14 sélections

2. Pierre BOURGARIT    
La Rochelle - Né le 12/09/1997 - 1,84 m, 105 kg - Temps de jeu : 1 275 minutes - Points : 45 - 5 sélections

3. Peato MAUVAKA    
Toulouse - Né le 10/01/1997 - 1,84 m, 124 kg - Temps de jeu : 878 minutes - Points : 15 - 6 sélections

4. Gaëtan BARLOT    
Castres - Né le 13/04/1997 - 1,84 m, 107 kg - Temps de jeu : 1 541 minutes - Points : 20 - 3 sélections

5. Tolu LATU    
Stade français - Né le 23/02/1993 - 1,75 m, 110 kg - Temps de jeu : 1 451 minutes - Points : 25 - 19 sélections

6. Teddy BAUBIGNY    
Racing 92 - Né le 02/09/1998 - 1,84 m, 109 kg - Temps de jeu : 1 111 minutes - Points : 45 - 1 sélection

7. Anthony ETRILLARD    
Toulon - Né le 21/03/1993 - 1,80 m, 110 kg - Temps de jeu : 1 133 minutes - Points : 0 - 3 sélections

8. Etienne FOURCADE    
Clermont - Né le 11/04/1997 - 1,81 m, 100 kg - Temps de jeu : 1 361 minutes - Points : 5 - 0 sélection

9. Clément MAYNADIER    
UBB - Né le 11/10/1988 - 1,87 m, 100 kg - Temps de jeu : 1 122 minutes - Points : 15 - 8 sélections

10. Guilhem GUIRADO    
Montpellier - Né le 17/06/1986 - 1,83 m, 105 kg - Temps de jeu : 1 326 minutes - Points : 10 - 74 sélections

10 (b). Lucas REY    
Pau - Né le 27/04/1997 - 1,75 m, 98 kg - Temps de jeu : 1 219 minutes - Points : 20 - 0 sélection

Nicolas Zanardi
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