L'édito : Concurrence olympique

  • Séraphine Okemba, médaillée d'argent aux JO de Tokyo.
    Séraphine Okemba, médaillée d'argent aux JO de Tokyo. Icon Sport
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Nous en étions donc, lundi dernier, à savourer la superbe médaille d’argent des filles du VII. Rempli d’espoirs tellement la grand-messe olympique ouvre une large fenêtre sur la discipline. Il n’y aurait rien eu de trop, avouez-le, en termes d’exposition pour attirer au rugby de nouveaux pratiquants et, ainsi, enrayer la baisse astronomique du nombre des licenciés qui plombe le bilan fédéral depuis une poignée d’années sans que rien ne change.

Nous en étions là, et nous pensions alors à Bernard Lapasset, l’ancien président de la FFR et père fondateur du retour de notre discipline dans le giron olympique : le « Grand » avait vu juste. Les JO représentent la plus belle des publicités et une opportunité magnifique pour qui parviendrait à briller sous les anneaux olympiques ; paraît même que ça porte bonheur…

Mais, cette semaine, la possible embellie pour l’ovale s’est confrontée à une froide réalité : nous ne sommes pas seuls puisque les autres sports collectifs français ont eux aussi brillé. Chez les filles et les garçons, de quoi raviver des regrets en l’absence de nos « septistes » masculins quand le hand et le volley étaient couverts d’or, le basket d’argent, au prix d’aventures qui empruntent largement aux valeurs si chères au rugby : combat, résilience, remise en question et engagement collectif sans faille.

C’est à ce prix que les sports « co » français ont touché les cœurs et c’est à ce régime qu’ils vont nous imposer dès la rentrée une très forte concurrence sur le terrain du recrutement des jeunes. Sauf qu’eux, en plus de toucher filles et garçons, sont bien plus solidement ancrés dans le sport scolaire que ne peut l’être le rugby.

Tout cela pour vous dire combien le défi de la Fédération est grand. D’abord au présent, pour faire fructifier l’héritage des filles de David Courteix, (re)garnir les écoles de rugby et ainsi retrouver une forte dynamique positive au niveau des licenciés. Sans quoi, le plaisir de Tokyo n’aura été qu’une courte parenthèse enchantée… Puis, demain : pour construire des projets encore plus ambitieux en vue de Paris 2024. Ces Jeux à domicile seront de formidables vecteurs d’émotions à partager avec le plus grand nombre.

En attendant, retour au présent. L’épopée olympique se referme que, déjà, l’actu des clubs revient sur le devant de la scène. Vendredi, Agen a enfin gagné un match ; même amical, cela n’a rien d’anecdotique pour un club qui a tout perdu l’an dernier. Ce lundi, Toulouse reprend le chemin de l’entraînement six semaines après son doublé ; avec Thomas Ramos alias « Monsieur finale » en tête de proue.

Là encore, il y a de quoi construire et susciter des vocations. Si cela ne suffit pas, Midol vous offre de regarder dans le rétro. Pendant six semaines, en mode enquête, nous vous ferons voyager au cœur d’une plus grande légende du rugby français : Béziers-Toulon, finale 1971. Manière de savoir qui a « descendu » André Herrero, leader et icône du RCT aux côtes cassées. Ce rugby d’alors n’avait strictement rien d’olympique mais, par la force de ses acteurs véritablement ancrés dans les territoires, il nourrissait les passions et suscitait les vocations.

Le rugby d’hier et celui de demain…

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Emmanuel MASSICARD
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