Saga Biarritz - Petit par les moyens, grand par l’envie

  • Le nouveau Biarrot Antoine Erbani structure un ballon porté autour de lui. À l’image du groupe basque, il arrive avec beaucoup de détermination.
    Le nouveau Biarrot Antoine Erbani structure un ballon porté autour de lui. À l’image du groupe basque, il arrive avec beaucoup de détermination. Photos Photo Bernard
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Promis à l’enfer, le promu biarrot compte se battre avec ses armes et un gros cœur pour rivaliser dans l’élite du rugby français, qu’il retrouve, sept ans après l’avoir quitté.

« Un maillot historique à assumer. » L’été dernier, à cette même période, voilà ce que nous avions titré à l’aube de la septième saison du club basque en seconde division. Le président Aldigé avait alors décidé de ressortir la tunique rouge et blanche qu’avaient portée les Yachvili, Harinordoquy et consorts, et le patron du BO expliquait alors dans nos colonnes : « Nous revenons à ce maillot, parce que nous pensons que, sur les bases de la saison dernière et avec les joueurs qui nous rejoignent, l’équipe a le caractère et la qualité pour enfin assumer son héritage. »

Douze mois sont passés depuis ces paroles et les faits récents donnent raison, aujourd’hui, à l’Agenais. Sept ans après avoir quitté l’élite, le club, trois fois champion de France entre 2002 et 2006, est de retour chez les grands, après une fin de saison renversante et un coup de pied historique de Steffon Armitage.

« Nous avons fini tard, mais pas plus que ceux qui jouent les phases finales de Top 14, rappelle Jean-Baptiste Aldigé. Comment nous sommes-nous organisés ? À Biarritz, il y avait juste un effectif à construire. En termes d’infrastructure, je l’ai répété de multiples fois depuis que nous sommes arrivés sur nos trois ans de Pro D2, il n’y a absolument rien et ce sont des choses qu’on ne peut pas construire en deux mois d’été. Biarritz n’a pas les structures d’entraînement et de stade pour le Top 14, mais nous y allons avec tout notre cœur et l’équipe que nous avons constituée. »

Kuridrani et Cubelli en tête d’affiche

La grosse ossature de celle-ci avait été faite avant même l’accession des Rouge et Blanc et trois joueurs (Martin, Cronin et Dixon) ont été recrutés après le 12 juin. À la rentrée prochaine, le BO aura, dans ses rangs, des noms clinquants (Kuridrani, Saili, Armitage, Dyer, Cubelli), des jeunes prometteurs (Peyresblanques, Hirigoyen, Couilloud, Jalagonia, Nutsubidze) et des joueurs présents depuis maintenant quelques saisons, garants des valeurs du club (Watremez, Lucu, Perraux, Ruffenach, Artru).

« Tout ça, c’est le résultat d’un travail de trois ans et c’est comme du vin, même si nous ne sommes pas à Bordeaux, poursuit Aldigé. Ça mature, ça travaille dans les barriques, et chaque année on essaye d’ajouter du complément et de la qualité. »

Aujourd’hui, c’est un mélange d’excitation et de peur légitime, celle du promu et de sa masse salariale de 4,8 millions d’euros, qui règne dans les rangs biarrots. « On arrive avec le statut de petit Poucet, mais on a quand même une dynamique positive qu’on va essayer d’entretenir et de faire perdurer », avance le patron du club.

Aldigé : « Je trouve qu’on a largement fait notre part du travail… »

Ce groupe, aujourd’hui, et avec ce qu’il a récemment vécu, semble soudé pour de bon. Prêt à défier les gros bras du Top 14. Promis à l’enfer, il puisera une partie de sa force, comme l’an dernier, dans la cohésion de son groupe. Car le plus petit budget de Top 14 n’aura pas vraiment d’autres choix que de rester uni pour essayer d’exister.

À ce sujet, Jean-Baptiste Aldigé termine : « Nous sommes sur le même territoire que Bayonne, qui aura un budget de 15 millions en Pro D2. Sans les droits télé du Top 14, ils auront donc un plus gros budget que nous (12,7) dans l’élite. Si ça ne fait pas poser des questions aux politiques locaux, c’est à ne plus rien y comprendre. La différence entre les deux clubs, c’est que Bayonne a des structures pour faire du Top 14, un nouveau stade, peut vendre des hospitalités. Aujourd’hui, nous avons vendu tous nos sièges hospitalités aux sponsors à Aguiléra, notre maillot, on récupère des droits télé du Top 14. Nous sommes, bientôt, à 3 000 abonnés, soit le double des années précédentes. On aurait pu continuer à vendre si on avait eu plus de sièges hospitalités. On n’a plus rien à vendre et il manque quand même des sous pour boucler le budget. On a donné l’envie d’avoir envie aux gens de suivre le BO. Malheureusement, il faut encore compter sur le soutien de la famille Gave pour faire cette saison et je trouve que, de notre côté, on a largement fait notre part du travail… »

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Pablo ORDAS
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