Le temps des tribunes

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L'édito du vendredi par Léo Faure... On l’a regretté une fois, deux fois, dix fois. Et plus encore. Que le rugby, comme le sport dans sa grande variété, n’avait de raison d’être que lorsqu’il est partagé entre ses acteurs du terrain et ceux des tribunes et que, en contexte Covid, il avait survécu sans vraiment vivre. Cela va bien au-delà du concept de sport-spectacle et celui indissociable de sport-business, dont on connaît les vices et les vertus. C’est une idée de cohésion sociale, identitaire qui s’exprime dans un stade, le temps d’un match. Ce temps est donc revenu. Enfin.

Pour s’en convaincre, rien de mieux qu’un bon derby : ce mardi au stade Raoul-Barrière de Béziers, l’ASBH retrouvait son voisin narbonnais dans une confrontation aux joyeux effluves de "seventies". Pas seulement un match amical : une rivalité historique, 6 000 personnes dans l’assistance comme pour mieux acter le nouvel aube des tribunes et le point de départ d’une nouvelle histoire pour les deux clubs.

Secoué depuis plusieurs saisons par l’instabilité de ses finances, et plus encore depuis un an par les différents vrais-faux épisodes de rachat, Béziers veut enfin mettre un terme à ces temps troubles. La mairie s’engage directement au club, en prend le gouvernail et clame des ambitions graduelles, en commençant par celle de pérenniser le club. Lui apporter la stabilité, ce socle que requiert un rêve de reconquête. Bon départ.

Côté narbonnais, aussi, on regarde à nouveau vers le haut dans une forme de quiétude. Fini le temps des Australiens à la gouvernance erratique : le RCNM s’est purgé par l’étage amateur et revient, au grand plaisir des amateurs de ce jeu, se dorer aux rayons du soleil professionnel. Avec ambition. Tant mieux.

Dans cette même veine, toujours sur cette côte méditerranéenne pyrolysée par les chaleurs de l’été, le sang catalan coule à nouveau d’or. Dès sa première descente en Pro D2 (2014), l’Usap avait brandi l’idée de reconquête. Un terme qui colle tant à l’histoire et l’identité de ce territoire, fier dans ce "seul contre tous" parfois exagéré, mais dont il se nourrit. Une première fois, l’Usap s’était essayé à cette reconquête du Top 14. En vain. Cette fois, elle revient et semble armée pour réussir son pari.

Un effectif stabilisé, où les étoiles de l’écrasante domination 2021 en Pro D2 sont toujours là. Un recrutement qui évite le clinquant, lui préférant la pertinence. Un groupe jeune, quelques cadres d’expérience pour tracer la bonne ligne et un rugby moins emprunté qu’il ne l’était lors de la première remontée (2018), plus dynamique et certainement mieux taillé pour coller aux exigences du Top 14.

Cela passera, ou cela cassera. Là n’est pas le problème, pour l’heure. La saison, bien assez longue, livrera son verdict du maintien en mai prochain. Ce qu’on sait déjà, à ce stade, c’est que l’Usap ramène dans son sillon vers le Top 14 toute la ferveur de ses supporters, la fierté de son peuple, la fureur de ses tribunes. Nous voilà revenus à la case départ : en sport, l’important n’est jamais que les émotions qu’il procure. Avec l’Usap, elles sont garanties. C’est déjà une victoire.

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