Toulon au pied de son Everest

  • Les Varois veulent gommer un dernier exercice décevant.
    Les Varois veulent gommer un dernier exercice décevant. Icon Sport
Publié le , mis à jour

Malgré la douloureuse claque reçue en fin de saison passée, les Varois n’ont pas cédé à la panique. Pas de révolution, un staff renforcé au compte-gouttes et une confiance maintenue à l’effectif : la recette pour (enfin) renouer avec les phases finales ?

Si Rome ne s’est pas faite en un jour, ni le staff, ni les joueurs et encore moins les supporters toulonnais n’ont prétendu avoir une patience de Romains. Dès lors, après trois saisons à prier pour que le Muguet finisse (enfin) par refleurir au printemps, c’est tout un club qui se sait désormais au pied de la montagne. « Nous sommes tous revanchards par rapport à la saison dernière, affirmait Anthony Belleau début août. Nous avons pris le temps de faire le bilan, de nous remettre en question, des joueurs au staff. Nous avons tout à gagner sur cette saison, j’ai hâte qu’on relance la machine. On fait une grosse présaison, nous travaillons dur et c’est le terrain qui parlera. »

L’optimisme affiché doit-il être interprété comme la promesse d’une saison qui permettra au RCT de retrouver sa place parmi les étoiles du championnat ? S’il ne faut jamais aller trop vite en besogne, cette volonté affichée semble en tout cas la garantie de retrouver un groupe déterminé à renouer avec les frissons du mois de juin. Car s’ils ont pris une énorme claque en fin de saison passée - en laissant échapper une place dans le top 6 qui leur appartenait pendant vingt journées - il est indispensable de rappeler que les Varois ont également affiché une véritable progression dans leur capacité à rivaliser avec les cadors du championnat. Capables de faire chuter le Racing à deux reprises ou de prendre cinq points à Mayol contre le Stade toulousain, ce groupe est talentueux et tout le monde en est conscient au sein du club.

Alors, plutôt que d’opérer une très large revue d’effectif ou à un changement de staff intempestif comme ça aurait pu être le cas par le passé, c’est bien la confiance et la volonté de conserver la tête froide qui ont animé les dirigeants. C’est pourquoi, au terme de la saison précédente, Bernard Lemaitre affirmait qu’il n’y aurait « pas d’autre saison comme ça », sans pour autant entreprendre une quelconque révolution en parallèle. Preuve, s’il en fallait, que le président varois continue pour l’heure d’accorder sa confiance en ce groupe…

Ne plus être « à réaction »

On résume : nouveau sponsor maillot (Nike), nouveau centre d’entraînement dont les joueurs pourront bénéficier sur l’intégralité de la saison, cadres verrouillés (Carbonel, Gigashvili, Villière ou Gros, pour ne citer qu’eux), recrues qui doivent permettre d’éviter les trous d’air pendant les doublons, des leaders qui ont appris à appréhender l’écosystème de ce club et un groupe qui a connu de grandes joies et quelques immenses peines pour construire un véritable vécu commun : manque-t-il encore quelque chose à ce RCT qui a très largement mangé son pain noir, pour renouer avec les phases finales ?

Il semble en tout cas qu’après l’arrêt prématuré de la saison en 2019-2020 et la désillusion castraise, ce groupe mérite de « se payer », comme le répète régulièrement Patrice Collazo. Pour ce faire, les Rouge et Noir devront parvenir à ne plus agir "en réaction" après un mauvais résultat mais à "progresser en action" entraînement après entraînement, match après match, comme le suggérait Bernard Lemaitre dès avril. Pour ce faire, encore, le RCT devra absolument éviter de laisser huit points contre Bayonne ou de jouer à quatorze contre quinze pendant trente minutes à Brive pour finalement échouer à deux longueurs du CABCL.

Mais s’ils souhaitent retrouver les sommets, les Varois devront surtout se répéter, se marteler et ce jusqu’à en être convaincus au plus profond d’eux-mêmes, qu’ils ont les armes pour regarder dans les yeux le Stade rochelais, le Racing 92 et autres Stade toulousain sur une saison complète.

Et ce dans un futur proche. Vous dites ogre en sommeil ? On répond que s’il a pour l’instant un train de retard sur les autres géants du rugby hexagonal, ce RCT a bel et bien l’intention de retrouver rapidement sa place à la table des cadors.

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Pierrick Ilic-Ruffinatti
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