L’Aviron bayonnais part en conquérant

  • Manuel Ordas, auteur du huitième essai basque, et les Bayonnais ont régalé le public de Jean-Dauger avec un jeu offensif ambitieux. L’effet Dubois commence déjà à se faire ressentir. Photo Pablo Ordas
    Manuel Ordas, auteur du huitième essai basque, et les Bayonnais ont régalé le public de Jean-Dauger avec un jeu offensif ambitieux. L’effet Dubois commence déjà à se faire ressentir. Photo Pablo Ordas
Publié le , mis à jour

L’Aviron a remporté son deuxième match de préparation en inscrivant huit essais. Un Match accompli qui donne de la confiance avant l’ouverture du championnat face à Agen, jeudi.

De la fraîcheur, de l’enthousiasme, du jeu, une nette et rutilante victoire, voilà de quoi mettre l’Aviron bayonnais sur une belle rampe de lancement pour une saison qui se veut celle du rachat. Le cauchemar du dernier match de la saison dernière est déjà enfoui. «On a fait abstraction du passé, formule Yan Lestrade. On est vraiment parti sur quelque chose de nouveau en mettant les compteurs à zéro. De plus, les recrues n’ont à aucun cas à subir notre échec de l’année dernière.» Ce ne sont pas des paroles en l’air. Sur le terrain, face à une formation du Top 14, certes moins en avance sur sa préparation, l’Aviron a paru métamorphosé. Les errements des derniers matchs du précédent exercice n’ont pas survécu au changement radical observé lors de cette dernière répétition avant le championnat.

Bayonne a proposé un rugby abouti, celui qu’il veut désormais pratiquer. Les essais qu’il a marqués en sont l’illustration. Six des huit inscrits sont issus de multitudes de passes et de soutiens constants. «On a envie que notre équipe soit moins scindée en deux qu’elle ne l’a été les deux derniers mois, déclare Yannick Bru. On essaie de mieux répartir nos ballons, nos lancements. On voit aussi qu’en voulant aérer le jeu, on s’est mis en danger. Tout ne va pas se faire en quatre semaines mais la volonté de jouer avants et trois-quarts mélangés, d’utiliser un peu mieux les largeurs, plus souvent aussi nos ailiers, elle est là ! Mais ça ne compte pas. L’important, c’est jeudi prochain !»

N’empêche, malgré la mise en garde, les actes rejoignent les intentions. La patte du nouvel arrivant, le consultant en attaque, se fait-elle déjà sentir ? «J’arrive avec mes méthodes à moi, précise Jeff Dubois. Ça va prendre un peu de temps avant que tout le monde puisse ingurgiter tout ce que je demande. Ce qui m’a plu, c’est qu’on a été très bons sur les ballons de récupération. En revanche, on s’est mis en danger sur nos ballons, nos lancements, sur des gestes techniques malheureux. On a tout ça à régler. En tout cas, dans le mouvement des joueurs, dans la circulation, on a retrouvé ce que l’on met en place.»

«Il faudra être féroces»

Face à des Palois joueurs et rapides, les Bayonnais ont aussi fait preuve de vigilance en défense. Toute la panoplie d’un rugby sérieux a été déployée, avec des avants conquérants. La preuve avec ces deux essais marqués sur phases statiques : une mêlée enfoncée avec la conclusion de Cassiem et un ballon porté gagnant pour Van Jaarsveld. Reste que les entraîneurs ne ressortent jamais totalement satisfaits. Les réglages avant le match face à Agen sont identifiés. «On prend deux essais sur nos sorties de camp, les fameuses, indique Yannick Bru. On se met en danger sur des ballons tombés trop facilement. Il y a quand même des scories qui nous montrent qu’il faut toujours rester dans l’humilité. Sur les ballons portés, on a lâché le bras de fer à des moments. On sait qu’en D2, il faudra être féroces sur ces ballons. Et là, on a manqué un petit peu de férocité.»

À l’approche de l’échéance, les Basques présentent donc une solidité qui peut leur permettre de l’envisager avec sérénité. «Cela est dû à notre stabilité de l’intersaison, continue le manager. On n’a perdu que trois joueurs et il n’y a que neuf nouveaux. Le projet de jeu était déjà existant. On a un vécu commun. On n’est pas parti de rien. On va avoir un état d’esprit conquérant. Même si l’on sait que l’on va se faire secouer dans l’engagement en Pro D2 et que l’on va retrouver des phases statiques épicées. Dans le combat d’avants, il va falloir que l’on se remonte les manches.»

Certaines recrues, Tchelidze, Toeava, Talakai, Marchois, n’ont pas encore participé à la revue d’effectif de ces deux matchs de préparation mais l’Aviron sera néanmoins prêt. La richesse du groupe laisse même penser que l’équipe est supérieure à celle de la saison passée. «On veut essayer de maîtriser un maximum de choses, de les imposer à nos adversaires, conclut le manager. On va essayer de bâtir là-dessus contre Agen. On ne se soucie pas trop de savoir dans quelle division on évolue. On essaie de maintenir des standards élevés. En se concentrant sur nous.» Reste à négocier l’émotion d’un match à enjeu, jeudi. La seule inconnue pour l’Aviron bayonnais.

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Edmond Lataillade
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