Relégué, l’Aviron avance pourtant

  • Uzair Cassiem est la grosse recrue de Bayonne pour cette nouvelle saison.
    Uzair Cassiem est la grosse recrue de Bayonne pour cette nouvelle saison. - Icon Sport
Publié le , mis à jour

L'édito du lundi par Léo Faure... Quand on repense à ce 12 juin, la fournaise d’Aguilera, le public en fusion, la rivalité qui pimente depuis cent ans les Biarritz-Bayonne et ce scénario absolument dingue, qui envoyait le BO en Top 14 au bout des tirs au but, on se dit qu’il y a largement de quoi applaudir les deux clubs, dix semaines plus tard.

Biarritz, bien sûr, pour commencer. Le BO, ce jour-là, a perpétué la coutume des équipes de Pro D2 qui terrassent celles de Top 14, depuis trois fois que ce match d’accession se joue. Il s’est relevé de sa désillusion en finale de Pro D2, une semaine plus tôt face à l’Usap. Il a trouvé d’improbables ressources pour arracher ce "plus grand des derbys" des mains bayonnaises et revenir se lover dans la lumière de l’élite, sept ans après l’avoir quittée. Gloire à lui.

Bayonne, à bien y réfléchir, mérite aussi quelques louanges. Pas pour le match en lui-même, au cours duquel il s’est sabordé dans un rugby de stress et d’imprécisions. Jusqu’à la défaite. La suite est en revanche plus louable.

Face à la cruauté d’une relégation amplifiée par la brutalité de son scénario, beaucoup de clubs auraient explosé en vol, cédé aux règlements de compte internes et remis en question l’intégralité d’un projet. L’Aviron, si longtemps plombé par ses querelles intestines et des suicides structurels que rien n’imposait, a cette fois surpris son monde : stable dans la tempête, pérenne dans la douleur.

Largement sollicité en Top 14, Yannick Bru est resté au Pays basque pour poursuivre sa mission et tenter de ramener l’Aviron dans l’élite. L’effectif, dans sa grande majorité, a également choisi d’affronter la responsabilité de cette relégation en se lançant dans une mission de reconquête. La direction n’a pas tangué, les soutiens financiers – publics et privés - ont confirmé leur engagement au soutien du club, dans l’axe, malgré ce retour en Pro D2. Bayonne découvre la sagesse et le calme. Il en avait eu si longtemps besoin.

C’est d’abord cela qu’il faut lire dans le vote des entraîneurs de Pro D2, qu’on vous propose ci-contre et qui pronostique une écrasante domination de l’Aviron dans cette saison 2022.

Si Bayonne fait peur dans de telles proportions, c’est qu’il a conservé dans la descente toutes ses structures du Top 14. Et tous ses projets.

Celui du stade se poursuit, comme celui du centre d’entraînement. S’il a reculé sportivement, l’Aviron continue paradoxalement d’avancer. Il sera effectivement le grandissime favori de cette saison de Pro D2 qu’il inaugurera jeudi, sur sa pelouse, face à Agen. Reste, désormais, à concrétiser ces engagements en résultats.

Léo FAURE
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