Les Boks, les mains en haut du guidon

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Succès facile pour les Springboks, bien aidés par l’incroyable indiscipline des Argentins. Mais les champions du monde n’ont pas su prendre un point de bonus offensif qui semblait à leur portée. 

Ce ne fut pas un match facile à commenter, tant son scénario fut assez plat, peuplé de péripéties assez anodines. Son fil rouge fut l’incroyable indiscipline des Argentins, sanctionnés quatorze fois en première mi-temps. Avec un tel handicap, il est presque impossible de penser titiller les champions du monde. Nous avons dénombré vingt et un coups de sifflet contre ces Pumas, incapables de se procurer une occasion avant la 65e minute.  On fait confiance à Mario Ledesma et son conseiller Michael Cheika pour se pencher sur les raisons d’une telle débâcle. Dire qu’il avait fait le même constat après le premier test et qu’il avait retiré Marco Kremer du XV de départ pour cette raison...

Mais peut-être après tout que c’est le génie des Sud-Africains que de bousculer à ce point les plans adverses ou d’influencer les arbitres sur des actions tangentes. Les Kitshoff, Marx et Kolisi ont fait le boulot sur les points de fixation, en grattant quelques ballons comme des orfèvres. Gavés à ce point de munitions, les Springboks n’ont pas voulu faire les malins. Ils ont prudemment pris les points qui se présentaient. Cinq fois, Siya Kolisi a demandé à son buteur Handré Pollard de tenter sa chance. Et cinq fois, l’ouvreur montpelliérain a touché la cible. Avec un 15-3 à la mi-temps, l’issue de la rencontre ne faisait plus guère de doutes. Les Argentins avaient même fini par prendre un carton jaune (Rodrigo Bruni).

Débuts de Janse Van Rensburg

Mario Ledesma avait aussi mis Nicolas Sanchez (87 sélections) sur le banc pour offrir une chance à Domingo Miotti, qu’il n’a pas vraiment su saisir. Il y avait trop d’obstacles sur le chemin des Pumas et les Springboks ont cueilli les fruits mûrs après le repos. Ils auront marqué un essai superbe par Mapimpi en bout de ligne après un mouvement d’essuie-glace initié par une intervention de Cheslin Kolbe en premier receveur. Le ballon a gambadé par une dizaine de passes, une infiltration de Reinach, un bon crochet d’Allende et un ultime élargissement vers la gauche pour Le Roux et Mapimpi. Ceci dit, l’ailier Ignacio Mendy aurait pu éviter de se laisser aspirer aussi facilement.
Les Sud-Africains ont ajouté un second essai dans la foulée sur un modèle de ballon porté formé autour de Franco Mostert. Mais c’est Malcolm Marx qui a pointé dans l’en-but : 29-3 (52e). « Nous avons fait exactement ce que nous voulions. On se doutait que les Argentins voulaient tout donner contre nous mais nous avons su garder notre plan de jeu. Et c’est ainsi que nous avons meublé le score », confia Kolisi. 

Son entraîneur Jacques Nienaber était en mode euphorique : « Je suis très fier de la performance de mes joueurs. Nous avons très bien géré les trois quarts de la partie. » Il a donc retenu que la fin du match fut plus brouillonne avec trop de turnovers mais il s’est défendu en expliquant qu’elle avait servi à donner du temps de jeu aux néophytes, Nicolas Janse Van Rensburg, Damian Willemse et Jaden Hendricksen. « Je le reconnais, tout ne fut pas parfait, ce qui nous a fait manquer le point de bonus. » Il faut reconnaître que les Sud-Africains ont fini le match à quatorze, en faisant jouer Cheslin Kolbe à la mêlée (Hendricksen s’était blessé et les Boks ne pouvaient plus faire entrer de remplaçants). « Les gens qui ne sont pas dans notre groupe auront du mal à le comprendre mais nous vivions aujourd’hui un test décisif. Je ferais remarquer que si vous comptez le match de notre équipe dite «A» contre les Lions britanniques, nous venons de vivre notre sixième test international de rang. C’est quand même rare comme situation. »

Les chroniqueurs retiendront aussi les parties énormes de Jager et Marx, la partition impeccable de Pollard sur le plan tactique, le jeu au pied et même des passes. Ainsi que les débuts du deuxième ligne de Montpellier, Nicolaas Janse Van Rensburg. Et le fait que les Pumas ont réduit le score par Matera après ballon porté (80e+5). Ils avaient failli sauver l’honneur juste avant par une terrible relance de soixante-dixmètres, première vraie manifestation de qualité de leurs attaquants. On allait oublier un en-avant de passe entre Chocobares et Carreras en première mi-temps sur une offensive prometteuse. Genre de munition qu’il ne fallait pas gâcher pour mettre un peu d’animation dans cet après-midi finalement morne.

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Jérôme PREVOT
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