Albi veut regarder devant

  • Les Tarnais du trois-quarts centre Gaëtan Bertrand entament un nouveau cycle à l’aube de cette saison 2021-2022.
    Les Tarnais du trois-quarts centre Gaëtan Bertrand entament un nouveau cycle à l’aube de cette saison 2021-2022. Photo Marie-Pierre Volle
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Après s’être évertué à remonter en Pro D2 en vain, le SCA a fini par tourner la page. Acceptant son sort, il pense désormais à reconstruire sous la houlette de son nouveau manager, Mathieu Bonello.

L’histoire ne dira jamais si la cinglante défaite 36 à 16 face à Bourg-en-Bresse en demi-finale d’accession en Pro D2 fut un mal pour un bien. Mais il fallait un électrochoc au Sporting Club Albigeois pour qu’il voie la réalité en face. Car après quatre ans d’infructueuses tentatives où chacun trouvait des excuses face à l’échec, le club a dû tourner la page.

Terminé, le rôle du vilain petit canard que personne, soi-disant, ne veut. Ce rôle éculé commençait même à susciter quelques moqueries dans le landerneau rugbystique. Le SCA a été mis devant le fait accompli au printemps. Non, le club de la cité épiscopale n’était pas prêt pour retourner en Pro D2, au contraire de son adversaire Bressan qui a su se reconstruire patiemment et sereinement.

Les Tarnais ont pu voir tout ce qui leur manquait sportivement et structurellement pour retrouver la deuxième division professionnelle et espérer y exister de façon pérenne. Il fallait donc changer. À commencer par la direction sportive. L’ex-manager Arnaud Mela ayant décidé de retourner en Corrèze s’occuper de la touche briviste, le Sporting a choisi de se tourner vers un pur produit local, Mathieu Bonello. Ce Tarnais pur jus passé par Gaillac et surtout Castres où il fut champion de France en 2013, a vite pris le pouls de cette équipe. Voyant que la pression de la montée était improductive, il a voulu marquer une rupture avec le passé récent.

Oublier le passé et retrouver l’histoire

Désormais on parle de construction, de travail, d’humilité. Finis les discours claironnants. On regarde « le présent et l’avenir ». Cependant l’ex-talonneur castrais a connu Albi comme adversaire. Il sait combien il était difficile de venir jouer au Stadium. À tel point qu’il veut refaire du club de la préfecture « une équipe difficile à manœuvrer, dure, crainte ». Mais avant cela un chantier imprévu s’est présenté. Il a fallu renouveler l’effectif de plus d’un tiers. Pas une mince affaire quand le temps vous manque et que beaucoup de joueurs ont déjà trouvé leur point de chute.

Avec quatorze arrivées à ce jour, le manager tarnais et son fidèle adjoint Alexandre Albouy vont devoir reconstruire un collectif pour faire bonne figure dans ce championnat de Nationale. Championnat qui, avec l’arrivée de deux ex-pensionnaires de Pro D2 (Soyaux-Angoulême et Valence-Romans, N.D.L.R.) va voir son niveau s’élever. Ajoutez-y de nouveaux ambitieux au recrutement majuscule ou malin et Albi va devoir bien tenir sa barre. Surtout lorsque se profile le premier bloc de matchs. Déplacement chez « le très ambitieux » Stade dijonnais, réception de la valeur sûre massicoise et déplacement à Nice, « l’ogre de la poule » dixit Mathieu Bonello.

Là aussi le discours est clair. Quel que soit le résultat de ce bloc, il ne faudra ni s’enflammer, ni s’inquiéter du côté du public. Public qui est à reconquérir. Sevrés de matchs depuis un an, les habitués du Stadium n’ont eu qu’un seul match à se mettre sous la dent la saison passée. Même si l’espérance est grande, la patience sera de mise. Il a fallu près de deux siècles pour bâtir la cathédrale Sainte-Cécile véritable joyau de la préfecture tarnaise. Alors que seront, à côté, quelques années d’attente ? Une respiration.

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Renaud SOREL
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