Nevers retrouve son rugby à seize

  • Nevers s’est fait peur mais a réussi à inverser la tendance pour finalement venir à bout de Vannes. Photo Fabien Belloli
    Nevers s’est fait peur mais a réussi à inverser la tendance pour finalement venir à bout de Vannes. Photo Fabien Belloli MIDOL - Fabien Belloli
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Galvanisée par son public, l’USON a renversé sur le fil des Vannetais qui ont payé cher leur manque de réalisme.

Ils ont fait durer le tour d’honneur, au pas lent de gladiateurs fourbus et miraculés. Plus de 300 jours après leur dernier match de championnat en public, les joueurs de l’USON Nevers Rugby ont replongé avec délice dans ce bain de ferveur populaire, vendredi soir, face à Vannes. En y puisant l’énergie sans laquelle ils auraient sans doute sombré quand leurs adversaires, gavés de possession, ont grignoté leurs onze points de retard pour passer en tête à la 70e minute.

« L’an dernier, on en aurait pris 30 », souffle le manager neversois Xavier Péméja, la mémoire encore fraîche du 35-22 infligé par les Bretons l’an dernier pour le premier match à huis clos. "Le public a poussé les joueurs à ne pas lâcher." Le public, mais pas seulement : « Les joueurs ont subi une frustration énorme l’an passé, et ils ne veulent pas revivre ça. Je suis très fier du groupe, de sa solidarité, du don de chacun pour l’autre. Pas un joueur ne peut dire qu’il n’a pas tout donné.» L’arrière Romaric Camou confirme l’évolution d’une saison à l’autre : « On a mûri. Sur un match comme celui-là, la saison dernière, on aurait baissé les bras. »

Vannes peu pragmatique

Après un démarrage idéal et ultra-réaliste – deux occasions, deux essais en 20 minutes –, les Neversois ont passé une heure à brasser du Breton : « On a fait un gros job défensivement, et les avants ont été incroyables en touche. » Face à des Vannetais délaissant les tentatives de pénalité pour les pénaltouches, l’alignement usoniste a en effet été royal, contrant plusieurs lancers par Bradshaw ou Fraser ou déstructurant les ballons portés, à l’exception du seul essai marqué à l’heure de jeu. « C’est une stratégie assumée", reconnaît l’ouvreur et capitaine Christopher Hilsenbeck. "On veut se fixer des standards assez élevés face aux équipes qui sont bonnes en touche. Mais je suis très fier du visage qu’on a montré, on a été très accrocheur et très joueur. »

Le manager Jean-Noël Spitzer assume lui aussi le parti-pris de la pénaltouche, symbole d’un style de jeu plus tourné vers l’essai que la pénalité, mais déplore surtout le pragmatisme défaillant de ses troupes : « Quand on est à 70 % de possession, on doit gagner. On franchit plusieurs fois mais on perd le ballon, on a trop de déchet en touche. On n’a pas été du tout tueur, face à une équipe au contraire très réaliste. On doit être en colère après ce match. »

La mine aussi rougie que radieuse après la bataille, le deuxième-ligne neversois Thomas Ceyte est conscient que son équipe est revenue de l’enfer pour arracher les deux dernières pénalités de la victoire, passées à plus de 45 mètres par un Shaun Reynolds au pied d’airain et aux nerfs d’acier : « Celle-là, on est allés la chercher. Le match n’a pas été parfait mais on s’est envoyés, personne n’a lâché. Le public a fait la différence. On attendait son retour depuis tellement longtemps. »

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Sébastien CHABARD
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