À Toulouse, l’institution est toujours plus forte

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L'édito d'Emmanuel MASSICARD... Faut-il en vouloir à Cheslin Kolbe, qui vient de quitter Toulouse pour renforcer Toulon et, plus encore, monnayer son talent autant que ses titres bien au-delà de ce que lui offraient les champions de France où l’ailier springboks était déjà hors grille salariale ?

D’un camp à l’autre les avis divergent, forcément. Et la « vox » des réseaux sociaux eut vite fait de condamner celui qui avait fait l’unanimité sur le terrain ; demain, certains retourneront probablement leur veste…

Une chose est certaine, la lecture traditionnelle du rugby incline à juger sévèrement les choix du champion du monde sud-africain. Question d’histoire, de codes et de culture. En plein balbutiements du professionnalisme, notre sport conserve un rapport à l’argent assez étrange, sur fond de « je t’aime moi non plus ». Mais ne jouons pas les aveuglés, il y a toujours eu des Kolbe et il y aura toujours des « Moi je vaux mieux » qui préféreront l’attrait du million au dessein collectif.

C’est certainement ce qui chatouille le plus les esprits et met à mal les fondements d’une discipline qui célèbre tant l’engagement, la solidarité, l’amour du maillot et les liens au cœur de l’effectif.

L’argent a toujours changé la donne. Acceptons donc qu’un garçon comme Kolbe choisisse d’emprunter un ascenseur social à plus grande vitesse. Son palmarès, désormais quasi unique, en fait un client à part. Et puis, il n’a rien volé.

Surtout, rassurez-vous, ce n’est pas encore le joueur qui décide et c’est toujours le club qui préside aux destinées des uns et des autres. Soit l’institution chère au cœur de Didier Lacroix, qui a su protéger les intérêts -financiers- des siens et l’équilibre de son vestiaire.

A bien y regarder, Lacroix pourrait être le grand gagnant de cette fin d’été où l’on a davantage parlé indemnités et salaires que de rugby. Parce qu’il a trouvé un nouveau sponsor -Toulon- et que son équipe, sans Kolbe, a ensuite largement corrigé le RCT pour son ultime galop d’essai. Réponses à l’acheteur, à la concurrence et aux gardiens du temple : les joueurs passent mais le club reste. Au-dessus de tout. Et les acteurs, aussi géniaux soient-ils, ne sont pas encore les maîtres du jeu en dehors du terrain. Jusqu’à quand ?

En attendant décembre pour voir si Cheslin le Toulonnais n’est toujours pas rassasié et s’il peut briller dans un rugby varois au cadre bien plus strict que celui offert par la méthode toulousaine, réjouissons-nous : après le Pro D2, le Top 14 reprendra enfin le week-end prochain. Avec la ferveur et les liens qui nous ont tant manqué depuis dix-huit mois. Avec du public dans les stades. Comme une renaissance, un nouveau départ après avoir entretenu l’illusion. C’est le rugby vrai qui va nous rassembler, celui que l’on aime et que nous nous apprêtons à partager tous ensemble, des pros aux amateurs, des gamins jusqu’aux filles, à 7 comme à 15. Que la fête recommence !

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