Azéma : « Envie de transmettre ma passion »

  • Franck Azéma (consultant Canal +).
    Franck Azéma (consultant Canal +). Anthony Dibon / Icon Sport - Anthony Dibon / Icon Sport
Publié le , mis à jour

Sans club depuis son départ conflictuel de CLermont, l’homme aux deux Brennus (2009, 2017) officiera cette saison au commentaire. Il évoque ce nouveau challenge.

Comment se sont faits les contacts avec Canal + ?
 

Pendant la fin de saison, Éric Bayle m’en a parlé. Ce sont des gens avec qui on est régulièrement en contact, quand on est entraîneur. On s’appelle, dans la semaine, quand ils préparent les matchs. Une fois, sachant ma situation à Clermont, il m’a simplement dit : « Qu’est-ce t’en penses ? Ça t’intéresserait ? » Assez vite, l’idée m’a plu.

Contractuellement, n’est-ce pas incompatible avec votre situation conflictuelle à l’ASM ?
 

Non, puisque je ne suis pas salarié de Canal +.

Vous avez commenté vos premiers matchs cet été : comment vous êtes-vous senti ?
 

Pas suffisamment à l’aise. Pas suffisamment enthousiaste, aussi. Assez plat. Je ne suis pas journaliste, je suis là pour apporter un éclairage technique. Mais cela peut se faire avec un peu plus d’enthousiasme. Au début, je ne savais pas trop où je mettais les pieds. J’avais besoin d’une base pour me repérer. Sur le premier match, c’était moyen. Le deuxième, un peu mieux. Ça va aller de mieux en mieux. Je veux faire bien les choses. Le rugby, c’est ma passion et j’ai envie de la transmettre. Et si je peux apporter une plus-value, alors c’est tant mieux.

Sans vous faire injure, on ne vous imaginait pas trop dans ce rôle. Vous n’étiez pas le plus « médiatique » des entraîneurs. Pourtant, on sent que vous prenez vos aises…

Éric (Bayle) et Bertrand (Guillemin) me conseillent beaucoup. Ils me guident, cherchent justement à me mettre à l’aise. Et c’est intéressant de voir l’autre côté du miroir, comprendre comment ils travaillent.

C’est-à-dire ?
 

Comme tous les métiers, ça demande beaucoup de travail de précision, en amont. De l’extérieur, ça paraît simple, fluide. Mais pour avoir ce résultat, il y a un énorme travail de préparation. Tout ce que les gens ne voient pas. C’est intéressant à découvrir.

Avez-vous un modèle, un consultant de ces dernières années qui vous a inspiré ?
 

Non, pas vraiment. J’ai envie d’être moi-même, ce sera déjà bien. Il y a de très bons consultants, des gens qui en ont d’ailleurs fait leur métier. Mais je ne peux pas faire un copier-coller. Copier, c’est se mentir.

Allez-vous commenter chaque week-end ?
 

Ce n’est pas moi qui décide. Je démarre ce week-end par le derby de Paris, Stade français - Racing 92. Un joli match pour débuter, je suis content. Ensuite, il faudra voir si la chaîne y trouve son compte. Cette fois, ce n’est plus moi qui fais la composition d’équipe.

Vous faites partie de la caste des entraîneurs. Commenter c’est aussi, parfois, critiquer des mauvaises performances, ce qui peut heurter des sensibilités. Vous y êtes-vous préparé ?
 

Oui, j’y ai réfléchi. Mais ce que je dis à l’antenne, cela reste mon avis. Je ne suis pas là pour dézinguer. Quand tu parles d’un joueur, tu ne parles pas de l’homme. Tu parles de son action, de son choix de jeu. Et j’ai assez d’humilité pour savoir qu’il est plus dur d’être sur le terrain que dans le fauteuil. Je sais ce qui peut être désagréable à entendre. Je veux seulement être juste, consistant et tenir un discours honnête : si un joueur ou une équipe n’ont pas été bons, je le vois, tu le vois et les acteurs du match le savent aussi. Il ne sert à rien de le taire. Il faut cette honnêteté dans l’analyse.

Commenter sur Canal +, est-ce aussi une manière de rester dans le circuit, de ne pas être oublié pour mieux rebondir ?
 

Rester dans le circuit, oui. Le rugby est ma passion et je suis heureux d’y conserver un projet. Mais je ne fais pas ça « pour ne pas qu’on m’oublie ». Je fais ça pour découvrir un autre aspect de ce monde. Ça me permettra aussi de rester au contact des joueurs et des entraîneurs, de continuer à échanger avec eux. Mais ce n’est pas un tremplin, je n’ai pas accepté de m’investir avec Canal + pour pouvoir retrouver un club.

L’entraînement, est-ce derrière vous ?
 

Je n’ai pas dit ça. En marge de cette activité de consultant, j’ai envie d’aller me balader dans plein de clubs. Voir ce qui se fait ailleurs, m’enrichir, m’inspirer. Et les clubs sont plutôt ouverts pour m’accueillir. Je vais bientôt aller voir les Dragons, des équipes de 7. Je devrais aussi passer quelques jours à Lyon ou au Racing. Compléter ma caisse à outils sur la façon d’entraîner et de manager une équipe.

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