L'édito : retour à la vie

  • Cyril Baille (Toulouse), face à Gregory Alldritt (La Rochelle).
    Cyril Baille (Toulouse), face à Gregory Alldritt (La Rochelle). Icon Sport - Icon Sport
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Nouvelle saison, compteurs à zéro, tout le monde sur la même ligne de départ et toutes les banalités qui vont avec.

Le champion sortant est donné favori, les promus sont promis relégués, les plus gros budgets en route vers la qualification et tout le monde sera content, c’est notre récent sondage des entraîneurs du Top 14 qui donne cette température.

Banal, vous dites ? Ces reprises de saison et toutes leurs promesses, plus de 120 ans que ça dure, que le rugby en offre et que, pourtant, l’enthousiasme est intact. À la hauteur du manque de l’été, où les « cuba libre » de la plage occultaient bien mal le goût délicieusement fade de la bière à l’eau du stade. Le Top 14 est de retour. Et l’excitation qui vient avec. Cette année plus encore.

Officiellement lancée lundi, à Paris, par la « causerie de rentrée » de la Ligue où les joueurs, à la fraîche, décontractés du flanc, rigolaient un bon coup avant de bientôt s’écharper sur les pelouses, la version 2021-2022 du Top 14 a un goût d’hier. Les écuries qui prennent place dans le paddock ont ce parfum d’histoire.

Perpignan et Biarritz sont de retour dans l’élite. Le rugby a accompli sa mue des nouveaux riches, installé ses grandes villes au sommet de la pyramide et revient désormais à du traditionnel : des clubs historiques d’abord relégués, comme dépassés par l’avancée express du professionnalisme dans les années 2000 et qui ont pris le temps de se reconstruire, mieux se structurer autour d’un projet global de club pour revenir dans la lumière. Et tenter, désormais, d’y rester.

Ce « neuf avec du vieux », c’est aussi un événement qui n’aurait jamais dû en être un : il y aura du public dans les stades. Banal, encore ? On pourrait le croire. La raison d’être d’un stade est, justement, d’accueillir du public. Pourtant, un an durant, le silence des enceintes a asphyxié l’enthousiasme. Comme anesthésié la vocation d’un sport, qui ne vit vraiment que lorsqu’il est partagé avec une audience populaire, festive, férocement supportrice.

C’est ce qu’on a pu voir, vérifier et aimer dès jeudi dernier, à Bayonne, pour la reprise officielle du rugby de compétition. Bien sûr, les hommes de Yannick Bru avaient gagné, pour assurer une fête belle et dingue. Mais les socios de l’Aviron n’avaient pas attendu le coup de sifflet final pour redonner à leur sport fétiche ses contours de noblesse populaire.

Ils n’avaient même pas attendu le coup d’envoi. Comme si le match, finalement, n’était qu’un prétexte. Il l’est. Et il le sera ce week-end à Lyon, La Rochelle, Castres, Biarritz, Brive, Paris et Toulon. La fête dans les stades, elle, sera le vrai spectacle.

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