Toulouse, la recette maison

  • Romain Ntamack a scoré le seul essai du match
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Publié le , mis à jour

Vainqueurs de La Rochelle à cinq reprises la saison passée, dont en finale de Champions Cup et de Top 14, les Toulousains ont frappé un grand coup en s’imposant d’entrée à Marcel-Deflandre. malmenés durant près d’une heure, ils ont puisé dans leurs ressources internes pour changer le cours de la soirée.

Oubliez les muffins, le bacon et même les brioches feuilletées. Les cousins britanniques ont beau avoir inventé le rugby et sacralisé le brunch, c’est bien le Top 14 qui offrait cette année le plus alléchant des petits déjeuners à tous les amoureux de ce sport. La Rochelle-Toulouse pour ouvrir l’appétit. Rien de moins que le champion de France et d’Europe face au vice-champion de France et d’Europe. Avouez qu’il y a pire pour entamer le festin. Des retrouvailles au sommet, déjà, sur un aire de revanche. Ces deux équipes-là, qui avaient dominé les scènes nationale et continentale lors du dernier exercice, s’étaient croisées cinq fois au total, dont une en match amical et surtout deux en finale donc. Pour autant de victoires du Stade toulousain, un doublé historique à la clé. Ce qui faisait dire à son manager Ugo Mola en fin de semaine passée : « S’il y a une équipe qui veut nous étriper et nous rendre la monnaie de notre pièce, c’est bien La Rochelle, à juste titre. »

Pour autant, le timing de ce duel de choc pouvait aussi laisser un goût amer à certains, tant la précédente saison à rallonge a obligé les deux staffs à accorder à leurs troupes des vacances inédites et donc une intersaison plus que jamais réduite. Imaginez tout de même que les Maritimes ont carrément choisi de ne pas disputer la moindre rencontre de préparation avant d’entrer dans la danse officielle. « Nous sommes envoyés à La Rochelle dans des conditions pas idéales, ni pour eux, ni pour nous, mais on accepte notre sort », expliquait, laconique, le même Mola. Un cadeau empoisonné pour les Rochelais, lesquels avaient également sur les épaules la pression de ne pas lâcher de points à domicile trop tôt ? L’ancien capitaine Romain Sazy, à qui Grégory Alldritt a désormais succédé dans la fonction, se voulait philosophe : « Qu’est-ce qui est le mieux pour une première journée ? Recevoir Toulouse, le champion, ou recevoir un promu ? On a treize ennemis et il faut respecter tout le monde. On va accueillir un adversaire très puissant, on le sait, pour une grosse affiche. Mais les retrouvailles sont surtout avec notre public. On veut être à la hauteur de l’événement. »

Toulouse a plié... mais n’a jamais rompu

Reste que, si certains émettaient le moindre doute concernant la capacité des acteurs à mettre une intensité digne de ce nom dans ce genre de rendez-vous, ils ont été vite rassurés. Surtout par des hommes de Ronan O’Gara qui, après une entame à l’avantage des Toulousains, ont donné l’impression de ne s’être jamais quittés. Percutants et entreprenants, ils parvenaient à mettre de la vitesse dans toutes leurs initiatives en première mi-temps, jusqu’à étouffer les Rouge et Noir. C’est d’ailleurs logiquement qu’ils inscrivaient le premier essai du soir par Jules Favre (18e). Mais, alors qu’ils avaient choisi de placer l’ambition au-dessus de la raison, en optant pour des pénaltouches plutôt que de prendre les points au pied à plusieurs reprises, ils avaient eu la mauvaise idée de ne rentrer aux vestiaires à la pause qu’avec une seule petite longueur d’avance (10-9). La faute aussi à la redoutable efficacité de Stadistes qui, même mis à mal, n’ont pas rompu, comme à leur habitude. Et ont su valider chacune de leurs incursions dans le camp adverse par la botte de Thomas Ramos. Le début de deuxième marquait encore la furia jaune et noire, dans une ambiance de feu. Mais, si les locaux portaient leur avantage à 16-9 à la 55e minute, ils restaient sous la menace de cette bête sans pitié que demeure ce Stade toulousain, même en rodage, à qui il ne suffit souvent pas de grand-chose pour renverser le cours d’une soirée. Forcément, le carton rouge reçu par Will Skelton, peu avant l’heure de jeu, était de cette trempe.

Dupont colossal, Ntamack magnifique

Les Toulousains n’allaient d’ailleurs pas tarder à prouver qu’une grande équipe, qu’un géant, n’est jamais complètement à terre. Et ce sont régulièrement les « gros joueurs » qui font basculer les matchs qui comptent. Outre un Antoine Dupont encore stratosphérique, notamment en défense où il fut colossal, ou un Selevasio Tolofua dont l’entrée fut absolument décisive, c’est de Romain Ntamack que l’étincelle allait venir. Une course dingue de plus de cinquante mètres pour un essai exceptionnel (66e) qui offrait aux siens de passer devant au tableau d’affichage.

Ramos assurait la fin du travail quand La Rochelle pouvait regretter ses quatre coups de pied ratés. « Se reposer sur notre statut serait une erreur monumentale. Si notre équipe est en éveil, on continuera à être performants. Si elle s’endort, elle deviendra ordinaire, avait promis Mola. [...] Il y a ceux qui veulent durer et ceux qui veulent se contenter de ce qu’ils ont. » Le départ de Kolbe a beaucoup fait jaser récemment mais, avec avec ses dix-neuf Français dont quatorze formés au club sur la feuille de match, ce Toulouse a clamé haut et fort qu’il avait encore de la ressource.

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