Analyse technique : les centres du Racing 92 ont dominé ceux du Stade français

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Le derby parisien s’annonçait explosif notamment au centre du terrain. Las, l’opposition entre le duo Fickou-Vakatawa et la paire Laumape-Waisea n’a pas vraiment eu lieu. Explications.

Il y a des rendez-vous dont on se délecte à l’avance. Ces petits moments pour lesquels l’on sait que le plaisir peut vite devenir extatique. Ce derby parisien offrait peut-être la plus belle opposition de paires de centres du week-end. D’un côté le duo international français Fickou-Vakatawa, dont on prétend depuis quelques mois qu’il est l’un des tout meilleurs sur la scène mondiale, de l’autre, un binôme tout neuf composé de Waisea, une valeur sûre du Top 14 depuis plusieurs saisons, et de Ngani Laumape, international néo-zélandais et recrue phare de l’intersaison. Ce dernier, flanqué d’une réputation flatteuse et de 16 sélections avec les Blacks, découvrait samedi le championnat de France. Ceci expliquant peut-être cela… À tout dire, l’extase n’a pas franchement été au rendez-vous. Celui que Nehe Milner-Skudder, son partenaire en sélection, avait qualifié en 2017 de « boule de démolition » n’a pas franchement impressionné contre le Racing 92. Sevré de ballon durant l’essentiel de la rencontre, il ne s’est vraiment montré percutant qu’à une seule reprise. Une charge, puis une percée à l’origine du premier essai stadiste (67e), signé de l’Australien Naivalu.

Un amuse-bouche qui laisse peut-être entrevoir un avenir plus radieux, mais qui laisse sur sa faim. L’ancien treiziste a été discret. Il y a bien eu ce gros plaquage sur Camille Chat, mais aussi une percussion sur Machenaud qui n’a pas bougé et l’a même contraint à un joli bond en arrière. En clair ? Laumape a semblé un peu perdu dans l’organisation parisienne. « Ça s’est vu que certains jouaient leur premier match cette saison, soulignait d’ailleurs le manager Gonzalo Quesada à l’issue de la rencontre. Notre attaque manquait d’automatismes, était trop peu efficace. » En comparaison, Waisea a été bien plus actif, plus tranchant. Peut-être moins perdu dans un registre de jeu qu’il connaît et maîtrise. Mais il a été tout autant privé de munitions que son nouveau partenaire.

La classe de fickou, l’efficacité de Vakatawa

Au contraire, le duo Fickou-Vakatawa a de nouveau affiché sa force tranquille. Ni transcendants, ni décisifs, ils ont su réguler le jeu de leur équipe. Tant en attaque qu’en défense. Dès la 6e minute, Fickou a fait parcourir les premiers frissons dans les travées de Jean-Bouin. Il a déchiré la défense parisienne pour montrer le chemin à ses coéquipiers. Au bout de l’action ? Les trois premiers points, signés Maxime Machenaud. Avec ses appuis courts, le centre du XV de France a souvent mis en difficulté ses anciens partenaires. La bordée de sifflets à l’annonce de son nom ou lorsqu’il touchait le ballon n’ont eu aucun effet sur lui.A croire qu’il s’y attendait, qu’il s’y était préparé. « J’ai entendu les sifflets, a dit l’ancien stadiste, mais je ne le prends pas mal. Quand il y a un bon joueur en face, on essaie souvent de le déstabiliser. Ça fait partie du jeu. » Une élégance verbale à la hauteur de celle affichée sur le terrain.

Même constat pour Virimi Vakatawa. Pour un match de reprise, il a déjà affiché sa constance et confirmé ses progrès considérables à se muer dans un système défensif efficace, empêchant le Stade français de jouer à sa guise.L’ancien septiste a également œuvré avec justesse. À l’image de ce double plaquage salvateur réalisé en bord de touche dans un seul et même mouvement. Du grand art conjugué à une bonne dose d’élasticité. En attaque ? Discret de prime abord.Mais peu après l’heure de jeu, c’est lui qui semé la pagaille en fixant deux défenseurs pour ouvrir une brèche pour l’arrière international australien Kurtley Beale (66e).

Au final, si cette opposition n’a pas livré l’explosivité attendue, ni l’influence de la paire du Racing 92, à la complémentarité avérée, a pesé bien plus lourd sur le sort de la rencontre que son homologue.

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