Huget : « Matthis, je ne lui ai rien laissé passer… »

  • Depuis les Bleuets, Matthis Lebel a gravi un à un les échelons pour s’imposer comme titulaire au Stade toulousain. Photo Icon Sport
    Depuis les Bleuets, Matthis Lebel a gravi un à un les échelons pour s’imposer comme titulaire au Stade toulousain. Photo Icon Sport
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Avant de mettre un terme à sa carrière, l’ailier Yoann Huget a pris le soin d’accompagner son successeur à Ernest-Wallon, à savoir Matthis Lebel. Le tout avec une exigence assumée. Question d’état d’esprit et de culture locale.

C’était fin juin. Quelques jours seulement après le nouveau titre de champion de France qui venait offrir un doublé historique au Stade toulousain, Yoann Huget avait accepté de retracer l’ensemble de sa carrière à l’heure de raccrocher les crampons. L’ailier international (34 ans ; 62 sélections), fauché quelques mois plus tôt par un tendon d’Achille endolori depuis trop longtemps, avait notamment évoqué celui à qui il a passé le flambeau en cours de saison, à savoir Matthis Lebel, à qui il n’a pourtant pas facilité la tâche.

"Ce n’est même pas une histoire de place, expliquait-il. S’il doit jouer, il joue. Si lui ou un autre amène le club tout en haut, il n’y a aucun souci. Le meilleur est sur le terrain. L’idée n’était pas de mettre les vieux dehors ou pas… Non, c’était d’adopter l’état d’esprit. Des mecs qui sont bons sur une période de trois mois qui jouent à ta place, je peux en citer plein. Mais il faut des mecs qui restent, qui aiment le club et se battent pour lui. Matthis, c’est un garçon à qui je n’ai rien laissé passer. Il était jeune, il arrivait et il devait comprendre qu’au Stade toulousain, tout se gagne d’abord à l’entraînement. Quand j’ai commencé à le voir arriver plus tôt le matin, mon travail de fond était fait et j’ai su qu’il était prêt. Surtout que, quand il ne venait pas, je lui faisais la remarque (rires)." La fameuse transmission, si chère à Ernest-Wallon. "Même à l’entraînement, on refuse de perdre le moindre centimètre, poursuit Huget. Cet état d’esprit, il transpire ici." Alors, Maxime Médard et lui – les gardiens du temple – se sont évertués "éduquer" leurs successeurs, comme ce fut le cas quand eux sont arrivés en équipe première.

"L’idée, c’était de leur faire comprendre : "T’as marqué un essai, c’est bien. Mais tout le monde peut le faire. Est-ce que tu vas en remettre un autre le week-end prochain ?" On leur mettait gentiment des banderilles (rires). […] On leur a inculqué ce que Vincent (Clerc) ou Yannick (Nyanga) nous avaient inculqué. J’ai lu une interview de "Garba" (Xavier Garbajosa) dans Midi Olympique qui parlait encore, vingt ans après, de cet esprit de compétition."

Galthié suit Lebel de très près

Ce n’est donc pas un hasard si Matthis Lebel, champion du monde des moins de 20 ans en 2018 et 2019, s’est imposé comme le meilleur finisseur toulousain la saison passée, dans la lignée des immenses ailiers que ce club a toujours comptés. Lui, comme il l’a répété, sait ce qu’il doit à ses aînés qui ne lui ont pas rendu la vie facile pour ses débuts mais l’ont poussé à devenir toujours plus fort. Jusqu’à gagner sa position dans le XV de départ d’Ugo Mola. Le Gersois, joyau d’une génération dorée et meilleur ami de Romain Ntamack qu’il côtoie depuis tant d’années, a tout pour lui aussi réaliser une grande carrière internationale. Et ainsi marcher définitivement dans les pas de son prédécesseur. Déjà appelé dans le groupe élargi de Fabien Galthié, Lebel n’a pas encore eu la chance d’enfiler le maillot mais le sélectionneur a récemment confirmé qu’il le suivait de très près. Mola a d’ailleurs confié il y a quelques mois : "Lebel sera international dans pas longtemps, et pour longtemps".

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