Toulon et le cercle des poètes retrouvés

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En s’imposant avec le bonus offensif, les Toulonnais s’offrent leur première victoire de la saison, ainsi qu’un grand bol d’air. Le RCT peut envisager l’avenir à court terme plus sereinement.

Si nous affirmions que Toulon n’était pas loin de la vérité la semaine passée à Toulouse, vous nous prendriez pour des fous. Et à vrai dire, vous auriez raison. En prenant 41 points chez le double champion de France en titre, le RCT n’a jamais touché du bout des doigts ne serait-ce qu’un centième de bonus défensif à Ernest-Wallon. Pourtant, dans l’état d’esprit et la volonté de construire ensemble, notamment en première période, il semblait que les Toulonnais avaient trouvé quelques réponses. D’infimes promesses, à confirmer une semaine plus tard face au Stade français ? En tout cas, pour ce match des mal classés, les coéquipiers de Louis Carbonel sont immédiatement parvenus à faire grimper le curseur d’agressivité.

Déterminés au sol, capables de ne pas lâcher le moindre centimètre en défense et d’agresser constamment le premier rideau parisien en attaque, les Rouge et Noir ont semblé, enfin, trouver l’équilibre recherché par le staff. Parce qu’après le premier amical, Patrice Collazo affirmait qu’« avant de parler de stratégie, de technique, de passe, de marquer des essais ou de traverser le terrain » il fallait d’abord « casser la tête aux mecs », ses ouailles ont cette fois réussi à matraquer leur adversaire du soir. Mais finalement, au regard de la composition d’équipe concoctée par le manager varois, qui pouvait franchement imaginer que les Toulonnais ne se rendaient pas à Mayol pour faire la guerre à des Parisiens en proie au doute ? De Lopeti Timani, repositionné en deuxième ligne pour l’occasion, à Brian Alainu’uese, en passant par le revenant Facundo Isa, les Varois n’avaient pas l’intention de se laisser marcher sur les pieds.

Nakarawa et le retour du gogo gadgeto bras

Et alors, comme par magie, le RCT agressif mais brouillon des deux premières journées a cette fois fait place à un Toulon imparfait mais irrésistible, ne laissant pas la moindre solution aux Parisiens. Vous dites cercle des poètes retrouvés, pour des Toulonnais qui ont fait vivre un enfer aux coéquipiers d’Antoine Burban ? Il semble pourtant évident que deux magiciens sont parvenus à magnifier le travail des tanks Rouge et Noir : Sergio Parisse et Leone Nakarawa. Et si le stratège italien n’a finalement surpris personne en réalisant un nouveau match trois étoiles, c’est bien la performance du géant Fidjien (2m, 125 kg) qui a réchauffé les cœurs varois.

De par sa moisson en touche, ses prises de balles à une main, son gogo gadgeto bras droit capable de faire des offloads sur commande, mais également son savoir-faire dans le jeu de combat, Leone Nakarawa a apporté la sérénité qui manquait à ses coéquipiers depuis le début de saison. Et parce que sa seule présence mobilise a minima deux défenseurs sur chaque action, le champion Olympique 2016 semble déjà rayonner sur le RCT. « Il a un tel coup d’œil, un sens de l’anticipation, des capacités hors normes… Le manque de compétition ne l’affecte pas vraiment. On a immédiatement senti une plus-value, souriait Patrice Collazo vendredi au sujet de son nouveau joueur. J’en ai vu des mecs avec des longs bras, mais lui… Je l’ai vu faire des trucs très surprenants. J’avais un aperçu en tant qu’adversaire, mais de le voir au quotidien… »

Parce que Nakarawa est unique -et même si son état de forme suite à sa visite médicale manquée à l’Ulster en juin posait évidemment question- l’international aux 64 sélections a prouvé qu’il n’avait rien perdu de sa magie. De bon augure pour la suite ? Il semble en tout cas évident que le RCT aura besoin d’un grand Nakarawa pour recoller rapidement aux six premières places. Et ce dès la semaine prochaine, sur la pelouse de Perpignan.

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Pierrick Ilic-Ruffinatti
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