Délocalisation : ce cas biarrot qui fait trembler l’institution

  • Le président du Biarritz olympique Jean-Baptiste Aldigé.
    Le président du Biarritz olympique Jean-Baptiste Aldigé. Icon Sport - Hugo Pfeiffer
Publié le , mis à jour

Jamais, dans l’histoire du rugby français, la ligue et la fédération n’ont été confrontées à la situation que propose aujourd’hui le Biarritz olympique. Au cœur du problème, un numéro d’affiliation et une délocalisation qui valent plusieurs millions...

Depuis mercredi, l’ancien deuxième ligne David Couzinet est le nouveau président du secteur amateur du Biarritz olympique. À ses côtés, on retrouve ceux que l’on a connus sous le nom de « Galactiques », soit Imanol Harinordoquy, Dimitri Yachvili, Jérome Thion, Jimmy Marlu ou encore Benoît Baby. Soutenus dans leur démarche par la maire de Biarritz, Maïder Arosteguy, supposément aidés dans leurs démarches administratives par Arnaud Dagorn (ancien bras droit de Serge Blanco à la Ligue), ces hommes-là ont aussitôt décrété la paix des braves avec le secteur professionnel du club, lequel avait soutenu la candidature de Serge Blanco, dirigeant historique du BOPB. « Il faut désormais renouer le dialogue avec la structure professionnelle », déclarait donc David Couzinet sur notre site Rugbyrama.fr, au lendemain de l’annonce. Alors, est-ce une posture ou une réelle volonté de se rapprocher du camp Gave, propriétaire du club ? L’avenir le dira.

Pour rappel, la prise de pouvoir de Couzinet faisait suite à la démission de Sébastien Beauville, le président en place, et sera suivie le 15 décembre d’une assemblée générale élective où tous les licenciés de l’association du BO (les moins de 14 ans, eux, sont représentés au scrutin par leurs tuteurs légaux) seront amenés à voter pour élire un nouveau président ou conforter Couzinet.

Une convention valable jusqu’en 2027 ?

D’un point de vue technique, le numéro d’affiliation à la FFR du Biarritz olympique est détenu par le secteur amateur et c’est cette fiche identitaire, et elle seule, qui permet à la SASP du club, par le biais d’une convention passée au préalable avec l’association, d’intégrer le championnat professionnel de Top 14. Dès lors, doit-on comprendre que la structure professionnelle ne pourrait pas poursuivre sa route en élite sans la bénédiction des actuels dirigeants de l’association ? C’est en réalité beaucoup plus complexe que ça. Vendredi soir, une source au BOPB nous confiait : « La convention entre le secteur associatif et professionnel du BOPB court jusqu’en 2027 et dans ce cas, rien n’interdit la SASP biarrote d’aller jouer dans le nord de la France jusqu’à cette date, même sans l’aval des amateurs. »
Le lendemain, une source à la Ligue nationale de rugby avançait : « Dans ce dossier ultra-complexe, chacun voit midi à sa porte : les pros du BOPB disent que la convention les couvre pour plusieurs années quand les amateurs assurent que l’accord peut être dénoncé à tout moment. Les deuxont raison et c’est une situation inextricable, d’un point de vue juridique. » Même son de cloche à la FFR, où un élu nous confiait vendredi soir : « Il y a un trou dans la raquette de ce dossier. Si les Biarrots vont au bout de leur idée (de départ), nous ne pourrons peut-être pas nous y opposer. » Dès lors, les professionnels biarrots quitteront-ils la Côte basque pour rejoindre la métropole lilloise en septembre 2022 ? Seront-ils alors poursuivis par la FFR, l’instance ne souhaitant pas que le cas biarrot fasse un jour jurisprudence ? Et finalement, que feront-ils du club basque lorsque la convention arrivera à son terme en 2027 ? Ce sont autant de questions auxquelles les dirigeants du BOPB, la FFR et la Ligue doivent répondre afin d’éviter de se retrouver piégés dans un inextricable conflit judiciaire, dans les semaines à venir.

Le grand Nord… et pas que !

Si la possible délocalisation du BO n’est pas exclusivement liée aux desiderata du secteur amateur, il semble que la SASP biarrote ait également avancé ces dernières semaines sur un autre projet. Selon une source au gouvernement basque, de sérieux contacts auraient en effet été récemment renoués entre les dirigeants du Biarritz olympique et l’agglomération de Saint-Sébastien afin de bâtir d’ici peu un grand stade de rugby, au sein duquel évoluerait une équipe basque de très haut niveau. Celle-ci, transfrontalière, ne pourrait néanmoins voir le jour sans l’accord de la mairie de Biarritz, l’édile de Saint-Sébastien souhaitant préserver la bonne entente entre les deux cités. Un temps séduite, la mairie de Biarritz serait depuis entrée dans une phase de réflexion, laissant le projet quasi mort-né. Quoi qu’il en soit, on se dit finalement que si la mairie de Biarritz, qui avait voté lors du conseil municipal de février 2020 la mise en route du projet Aguilera (stade et centre d’entraînement), n’avait pas ensuite fait machine arrière, les Gave n’auraient probablement jamais cédé aux sirènes de l’exil…

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Les commentaires (1)
Chabalou Il y a 1 mois Le 21/09/2021 à 21:25

c'est un peu incompréhensible cette situation. A la rigueur jouer 1 gros match du top 14 ou de coupe d 'europe ailleurs pourquoi pas mais dans le pays Basque. Lille est un non sens humainement sportivement parlant.
Si l on avait créé un seul club du pays Basque anglet Bayonne Biarritz cela ferait un budget et une équipe compétitive. restait à repartir les rôles entre les villes pour que personne ne se sente laisé